Francis Jammes

Le Deuil des primevères, 1901


Le Poète et l’Oiseau


 

À CHARLES GUÉRIN


 
    PERSONNAGES :
 
Le Poète.
L’Oiseau.
 
 

SCÈNE PREMIÈRE


 

  Le poète marche dans une gorge alpestre. Sur sa tête l’azur est comme un ruisseau étroit dont les rochers sont les bords. Et ces rochers plissés, feuilletés, écailleux, suent de l’argent sur du noir. On entend une goutte taper de haut le sol.
  Parmi les graviers secs, les buis, les lavandes, des sauterelles sautent comme des éclats de marne.
  À droite, dans la combe, au-dessous, il y a un torrent à l’eau creuse et verte. C’est aride, mais on pressent au delà des sapinières, sur les cimes, des pelouses d’une douceur épaisse et verte où sommeille le gibier.
  Le poète chemine sur le sentier sec, aux cailloux aigus. Il est deux heures après-midi. Il chante :


 
J’ai quitté le village où sous le blanc soleil
                    les géraniums se rouillent ;
où sous sa feuille rude et velue, la citrouille
s’endort sous l’ombre bleue aux siestes de la treille.
Ceci est le pays pauvre et beau de ma mère
où la terre calleuse offre l’olive amère
            au loriot et à la grive.
 
Écoutez les stridents vols bleus du criquet gris,
Il saute et vole en courbe dans le silence sec
de la lavande sèche à la lavande sèche.
 
Mon âme avait besoin du rire vert des eaux.
Je suis devenu fou ainsi que les oiseaux,
            et maintenant je pleure.
Je pleure de tendresse au cœur de la vallée.
Comme la gousse mûre au vieux parc désolé,
mon cœur sur la muraille en s’ouvrant est tombé
par un de ces jours blancs où les pêches se meurent
 
Voyez donc ma couronne : elle est de guêpes d’or
            entrelacées de houx.
Elle me fut tressée par la noire Mamore
            et suis devenu fou.
Mon âme avait besoin de lever ses mains pieuses,
mon âme avait besoin de la fontaine fraîche
qui emplit les creux d’or de son eau vide et verte.
 
Allez chercher mon cœur. Il est je ne sais où.
            Il est devenu fou.
Donnez des coups de pied pour voir dessous les pierres
Cherchez dans les buis bleus et les genévriers,
et dans le ravin rouge empli d’azur brûlant
où, dans la sécheresse, à midi, on entend
le vol des perdreaux gris braire sur les lavandes.
 
 

Le Poète s’assied sur une pierre auprès d’un houx. Au-dessus de sa tête un oiseau se pose sur un sorbier et lui dit :


 
Le petit bruit sec que tu entends et t’étonne :
c’est mon petit bec noir solide qui le fait
en craquant une graine de chanvre que j’ai trouvée,
en cherchant bien, dans une crotte de mulet.
Je suis un innocent, mais je suis un oiseau,
et sais que le Bon-Dieu, quand arrive l’automne,
détache de ses mains les graines qui sont bonnes.
 
 

LE POÈTE


 
Oh ! Que c’est étonnant! C’est un oiseau qui parle...
Je ne connaissais pas les oiseaux des montagnes.
Mais, le plus drôle, c’est qu’il me parle en chantant.
Oh ! qu’il a une bonne petite grosse tête.
Elle est en velours noir et son joli gilet
semble une vigne-vierge au déclin de l’Été.
Petit oiseau ! Que tu es joli ! Que tu es joli !
Tes jeux noirs sont deux grains de sauvage framboise.
Ton petit dos en boule est en couleur d’ardoise,
et comme s’il était le toit de ta maison...
 
 

L’OISEAU


 
J’ai été bien souffrant toute l’année dernière.
Un chasseur m’avait mis un grain de plomb sous l’aile.
De mon bec, j’écrasais sur une pierre humide
une feuille de menthe mêlée à l’argile.
Je l’appliquais sous l’aile et sur le sang caillé.
Tous les matins, quand me réveillait la rosée,
j’étirais doucement mon aile endolorie,
et je recommençais le petit traitement
du petit cataplasme à la feuille de menthe.
Maintenant je suis bien et je prie le Bon-Dieu.
 
 

LE POÈTE


 
As-tu vu le Bon-Dieu, quand tu volais aux cieux ?
 
 

L’OISEAU


 
Non. Le Bon-Dieu n’est pas en haut. Il est en bas.
Il habite la petite maison que tu vois
où il y a une fontaine et des œillets sauvages
et un chien qui s’endort aux mouches de l’étable.
Souvent, sur un sorbier, j’ai vu, en me perchant,
la bêche du Bon-Dieu qui luisait dans l’aurore
à côté de sa petite chèvre désobéissante 
qui fait des milliers de petites crottes.
Dieu se lève au matin et se couche à la nuit
lorsque sourient et que se détrempent les roses.
Il sait tous les besoins qui sont au cœur des choses
Lorsque l’herbe est trop sèche il y met de la pluie.
Il soigne l’aubergine, la courge et la laitue.
Il sème le bon grain dont il sait la vertu.
Son raisin parfumé chante, quand vient l’octobre,
dans ses tonnes usées aux couronnes d’osier.
Quand il parle, sa voix douce comme un baiser
fait que son chien se lève et secoue son collier.
Dieu est vieux, mais il se porte bien et conduit
sur les pelouses vertes des noires cimes alpestres
où les lapins battent du tambour pendant la nuit,
la brebis huileuse et la maigre chevrette.
Souvent, je l’ai suivi, le long des ravins gris,
appelé par ma sœur qui est sa flûte de buis.
Et, voltigeant sur le troupeau, de corme en corme,
je descendais parfois sur les croupes de laine
pour y piquer le grain qu’y déposait l’automne.
 
 

LE POÈTE


 
Oh ! Mais ! Tu es étonnant ! Tu parles comme un homme...
Tu es aussi charmant que ces oiseaux ravis
dont les grands saints parlaient dans des livres d’images
où l’on voit le Bon Dieu à travers les nuages.
Tu n’as pas de maison, je veux dire de nid ?
Dis-moi, petit oiseau, où couches-tu, la nuit ?
Il n’y a par ici que des plantes pierreuses :
des chardons bleus qui sont piquants comme des houx,
des houx qui sont piquants comme des chardons bleus.
Quant à la lune, pour y coucher, c’est trop haut ?

 

L’OISEAU


 
J’ai dormi l’autre nuit sur des grappes de sorbes.
Je suis heureux. Je suis un petit oiseau sobre.
Quand il fait trop de vent, quand tombent dans les combes
du haut en bas, en dégringolant, des blocs d’ombre,
je me cache entre deux touffes de serpolet...
Mais quand le Printemps vient, je prends une femelle,
lorsque l’azur est rose et que le verger blanc.
Nous volons quelques jours ensemble, sans savoir
ce qui gonfle nos cœurs de graines et d’espoir.
Puis, pour faire leur nid aux œufs bleus qui vont naître,
ne trouvant pas pour eux de choses assez douces,
nous tapissons le cœur de la plus tendre mousse
avec le duvet clair tombé de nos caresses.
 
 

LE POÈTE


 
Moi aussi, dans le temps, j’avais une maîtresse
plus nue et plus jolie que n’est ce pays-ci.
Mon Dieu ! Nous nous étions donnés tant de caresses
qu’un jour il aurait pu nous naître des œufs bleus
dans un nid de fougère ou entre deux racines...
 
 

L’OISEAU


 
Dans quel jardin vous retrouvez-vous au Printemps?
 
 

LE POÈTE


 
On ne se retrouve jamais quand on a été amants.
 
 

L’OISEAU


 
Ne vous appelez-vous plus dans la nuit claire, quand
les rossignols fleuris embaument les primevères,
et que le scarabée au cœur des roses pâles,
empêtré de pollen comme dans une pâte
sur son ventre en feu vert tricote avec ses pattes ?
 
 

LE POÈTE


 
Non. Je te dis qu’elle est partie, et pour jamais...
Oiseau ?... Dis-moi le nom de ta douce femelle
que tu retrouveras dans la jeune saison ?
 
 

L’OISEAU


 
Les femmes des oiseaux, ami, n’ont pas de nom.
Je siffle et elle arrive. Elle est toujours pareille.
Elle aime les bourgeons des roses pluies d’avril,
les graines du lin bleu et la chair des abeilles.
Je la reconnais bien puisqu’elle reconnaît
la chanson qu’au Printemps je me mets à siffler.
 
 

LE POÈTE


 
Ne peut-elle confondre ? Oiseaux, n’avez-vous pas,
si vous êtes pareils, aussi la même voix ?
 
 

L’OISEAU


 
Je ne comprends pas bien ce que tu veux me dire.
 
 

LE POÈTE


 
Ne peut-elle accourir au chant de tes pareils,
ne peux-tu accourir au chant de ses pareilles ?
 
 

L’OISEAU


 
Je n’ai jamais pensé que nous ne fussions seuls.
L’une est pareille à l’autre. C’est donc toujours la même,
lorsque vient le Printemps, la même que l’on aime
dans le parfum sucré et tiède des tilleuls.
 
 

LE POÈTE


 
Celle de l’an passé ne peut-elle être morte ?
N’a-t-elle pu tomber avec les vents d’Automne ?
 
 

L’OISEAU


 
Jamais ne meurt pour nous l’oiselle que l’on aime,
puisque revient toujours le Printemps avec elle,
puisque l’amour revient toujours à notre appel.
Si elle avait un nom, ce ne serait pas elle :
elle ne viendrait pas et serait moins fidèle.
 
 

LE POÈTE


 
Ô doux petit oiseau ! Je sens que tu as raison.
Que j’aurais moins souffert si, n’ayant pas de nom,
celle que j’adorai ne se fût pas nommée.
Elle fut arrivée à chaque mois de mai,
aussi belle qu’avant, plus jeune d’une année.
Je comprends que le mal, ô cher petit oiseau,
qui as l’œil rond et la tête en m’écoutant penchée,
je comprends que le mal, c’est que l’on veut connaître,
quand on l’aime beaucoup, le nom de sa maîtresse.
 
 
                              L’oiseau s’envole.
 
 
 

SCÈNE DEUXIÈME


  Le poète marche dans un beau site où il y a des hêtres, des sapins, des torrents, des rochers.
  L’azur qui remplit chaque vide est taillé comme une pierre précieuse par chaque dent de rocher par chaque rameau.
  Le poète entend une petite noie grêle et continue.
  Il aperçoit, à la cime d’un sapin, son ami de l’autre jour.


 
 
 
 

L’OISEAU


 
T i i i i i i i i i i i i i i i i i i i i i i i i i i i i i i i
 
 

LE POÈTE


 
Tu es un innocent. Personne ne t’écoute.
Pour qui donc chantes-tu, ô petit point vivant
qui tends vers l’infini ta douce gorge rouge ?
 
 

L’OISEAU


 
Je chantais pour moi seul, mais, puisque tu m’entends,
on peut dire aussi bien que je chante pour toi.
C’est comme la fraîcheur des torrents noirs des bois :
Pour qui est-elle ? Elle est pour celui qui la boit.
Et la couleur du ciel ? Pour celui qui la voit.
C’est pour celui qui entend ma voix qu’est ma voix.
 
 

LE POÈTE


 
Ô oiseau ! Tu es pareil aux Sages de la Grèce
que l’on dessine en pierre au bas des monuments.
Ils ont un doigt levé et un pied en avant
pour apprendre aux Mortels la divine Sagesse.
Leur nez est très railleur et leur barbe frisée
se recourbe, et le bras qui leur reste est posé,
comme sur un bâton, sur quelque jeune élève.
 
 

L’OISEAU


 
... Peut-être parles-tu de ces nids d’hirondelles
qu’on eut soin de creuser dans la pierre pour elles.
Elles m’ont dit cela, et qu’elles y nichaient
et que les citadins, toujours pleins de bonté,
nettoient, quand vient l’Hiver, les Sages de la Grèce,
pour qu’au Printemps suivant reniche l’hirondelle.
 
 

LE POÈTE


 
Mais quelle vanité ! Ce n’est point fait pour elles,
mais seulement pour ceux qu’une gloire immortelle
investit, et ces nids ne sont que des musées,
ou les têtes de ceux que l’on y a sculptés.
 
 

L’OISEAU


 
... Mais ne t’ai-je pas dit, tout à l’heure, poète,
qu’une chose est cela qui n’est pas autre chose.
Si on la fait un nid, ce n’est plus une rose,
si on la fait un nid, ce n’est plus une tête,
fût-elle cent fois plus d’un Sage de la Grèce.
 
 

LE POÈTE


 
Petit oiseau chéri, tu es plein de Sagesse,
et je ne croyais pas vraiment qu’il existât
d’oiseau qui pût parler comme tu parles, toi.
Si j’eusse été Satrape en des villes de Perse,
j’aurais capitonné ta cage en vieille perse.
Un millet blanc, choisi par mille vierges nues,
parfumé par leurs seins et leurs jeunes haleines
eût été le repas qui t’eût été bien dû.
À mon Conseil royal, je t’eusse convié
sous des fleurs de pêcher qui t’auraient protégé
du soleil trop ardent de ces Contrées lointaines.
 
 

L’OISEAU


 
Laisse-moi ma montagne. Elle n’est pas la Perse,
et je n’ai pas besoin de vierges nues persanes
pour cueillir mon millet.
Mes panetiers, ce sont les jolis petits ânes
qui, du bout du sabot, en buttant sur les pierres,
découvrent les petits vers.
 
Et s’il faut dire tout, je te trouve un peu bête,
comme le sont, d’ailleurs, presque tous les poètes
qui sont les inventeurs de ce qu’on a trouvé.
Ils parlent du parfum bleuâtre des lavandes
sans songer qu’un lapin, la queue en l’air, le mange,
et le connaît bien mieux que s’il nous en parlait.
 
        Le Conseil de tes Palais,
        en Perse ou dans l’Hindoustan,
        c’est pour nous le clair Printemps
        qui nous invite à aimer.
 
        C’est l’argentée roche noire
        qui, puisqu’elle suinte d’eau,
        nous dit que l’on peut y boire
        sans danger pour un oiseau.
 
        C’est le sol plein de brindilles
        de la maison du Bon-Dieu,
        à l’heure où les moissonneurs
        vont dormir aux métairies.
 
        C’est, quand arrive l’Hiver,
        de déserter les alpilles
        où les buis couverts de neige
        rougissent comme des filles.
 
        Et le voici qui arrive,
        l’Hiver qui nous fait maigrir,
        Les pauvres vont en mourir
        sous les porches des églises.
 
        On nous verra tout gonflés,
        et les plumes hérissées,
        et nous tenant sur un pied
        sur des barrières gelées...
 
        Adieu... Quand te reverrai-je ?
 
 

SCÈNE TROISIÈME


  L’hiver. Non loin d’un village de la montagne. La neige. Le ciel gris brille. Le Poète entend de petits cris sortir de sous une racine. Il regarde et voit une jolie rose qu’il veut cueillir à l’endroit où ça crie.
Cette rose, c’est l’oiseau son ami qui parlait si bien sur la montagne et qui est blessé. Il le ramasse.
Une grande douleur serre le cœur du Poète. Une angoisse terrible touchant ce je ne sais quoi qui fait souffrir fait trembler sa main.
Il considère l’oiseau qui palpite, puis les montagnes. Ces montagnes sont à genoux sur la terre, graves comme des veuves qui prient, bonnes comme des chiens qui veillent sur des troupeaux. L’oiseau se ranime un peu. Il reconnaît le Poète et lui dit :


J’ai reçu un coup de fusil. Oui... Là-bas.
Je m’étais égaré dans la neige, ayant faim,
le corps en boule et sautillant sur une patte.
Je m’étais approché de là, guettant la miette
que laisserait tomber une petite fille
qui mangeait un croûton de pain près de son père
qui la tenait sur lui, la joue contre la joue,
dans le triste jardin où les buis et les choux
sont maintenant couverts de verglas et de neige.
J’étais perché sur le grenadier qui, l’été,
dort sous ses fleurs de sang et ses feuilles luisantes.
Eux, le père et la fille, ils se tenaient assis
derrière les branchages secs de la charmille,
Je savais qu’ils sont bons, car ils donnent aux pauvres
qui passent sur la route en raclant la poussière
et en montrant les dents aux ronces et aux pierres.
Je savais qu’ils sont bons. Je me suis approché.
Le père a fait un mouvement. Et la petite
a dit : papa ? regarde ? Il est là tout joli...
 
Il a tiré sur moi. J’ai senti de la nuit
qui bourdonnait autour de moi et qui éclatait.
... Et je ne sais comment j’ai pu m’enfuir ici.
Je souffre. Mon cœur d’oiseau bat à rompre mes plumes
ma patte se roidit et la montagne tourne.
 
 

LE POÈTE


 
Ô mon petit oiseau ! Je voudrais te guérir...
 
 

L’OISEAU


 
Le verglas a coupé le cœur bleu des lavandes.
 
 

LE POÈTE


 
L’argile est morte au fond des glaces du torrent.
 
 

L’OISEAU


 
La charpie du chardon est enfuie dans le vent.
 
 

LE POÈTE


 
L’eau ne murmure plus sous les baisers des menthes,
 
 

L’OISEAU


 
Le Bon Dieu va mourir dans le grenier où il vente.
 
 

LE POÈTE


 
Sois calme. Laisse-moi, doucement, sur ta tête,
passer ma lèvre douce ainsi qu’une buée.
C’est horrible de voir un œil brillant s’ouvrir
de peur et se méfier... Tu ne vas pas mourir...
Tu voleras encore sur les composées bleues ;
ton vol effleurera tes sœurs, les campanules.
Dans la brumeuse nuit tu reverras les feux
des pâtres agrandis près des buissons de houx,
qui appellent dans la nuit et qui chassent les loups.
... Petit, console-toi, tu ne vas pas mourir...
 
 

L’OISEAU


 
Mourir est-il mauvais, si ce n’est pas souffrir ?
Pourquoi ne veux-tu pas, mon ami, que je meure ?
Ne vois-tu pas tranquillement mourir les fleurs ?
Vivre dans la montagne ou vivre dans la mort,
n’est-ce la même chose et le même pays ?
Lorsque dans un ruisseau, pris dans un tourbillon,
mon cadavre sera comme une feuille morte :
Ne contlnuera-t-il de fleurir le cytise ?
Ne continuera-t-il de sauter le criquet ?
Ne continuera-t-il de fructifier l’alise ?
Ne continuera-t-il de pleurer le rocher ?
Ne continuera-t-il de chanter ma femelle
perchée sur le duvet de mousse des œufs bleus ?
Et d’être mort vivant serai-je moins heureux ?
 
 

LE POÈTE


 
Ô oiseau bien aimé ne plus voir la nature
me serait trop cruel pour chanter comme toi.
 
 

L’OISEAU


 
Je ne comprends pas bien ce qu’on ne peut pas voir.
Je n’ai pas été mort. Alors, je ne sais pas.
Je ne sais pas non plus comment sont les montagnes
où je n’allai jamais, ni comment on y va.
Mais je sais qu’on est mort quand on ne bouge plus.
Ta main... Ouvre ta main ?... Je vais être bien sage...
 

  Le Poète regarde en pleurant l’oiseau mort dont les pattes ne sont plus roides.


Octobre 1898.

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