La Fontaine

Fables choisies mises en vers [Livres I-VI], 1668


Le Corbeau et le Renard


 
      Maître Corbeau, sur un arbre perché,
            Tenait en son bec un fromage.
      Maître Renard, par l’odeur alléché,
            Lui tint à peu près ce langage :
            Et bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
            Sans mentir, si votre ramage
            Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.
À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie,
            Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,
            Apprenez que tout flatteur
      Vit aux dépens de celui qui l’écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.
            Le Corbeau honteux et confus
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 26 mars 2013 à 15h49


Faible rondeau, sur un âne juché,
Levait en son poing un bandage.
Faible calmar, par malheur débauché,
Lui tint à peu près ce barrage :
« Hé, bonjour, Monsieur du rondeau !
Que vous êtes transi ! Que vous me semblez sot !
Sans sortir, si votre oiselage
Se rapporte à votre élagage,
Vous êtes le menhir des pauvres de ces choix. »
Le rondeau, à ces feux, ne se sent plus de soie,
Et pour montrer sa souple voix,
Il ouvre un large poing, laisse tomber sur toi.
Le calmar s’en saisit, et dit : « Mon bon grimpeur,
Apprenez que tout auteur
Vit aux dépens de celui qui fait route.
Cette vision vaut bien un bandage, sans doute ».
Le rondeau, anxieux et battu,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y noierait plus.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 18 décembre 2018 à 13h57

Le rapace et le fromage
-----------------------

Plus fort qu’un corbeau, le rapace
Vole un fromage quand il passe,
Puis au renard qui le salue
Répond un truc qui le dépasse.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Un autre fabuliste le 20 juin 2021 à 07h38

Le corbeau sur un arbre perché
Ne foutait rien de la journée.
Le lapin voyant le corbeau
L’interpella et lui dit aussitôt:
Moi aussi, comme toi, puis je m’asseoir
Et ne rien foutre du matin jusqu’au soir ?
Le corbeau lui répondit de sa branche:
Bien sûr, ami à la queue blanche,
Dans l’herbe verte tu peux te coucher
Et ainsi de la vie profiter.
Blanc lapin s’assit alors par terre,
Et sous l’arbre resta à ne rien faire,
Tant et si bien qu’un renard affamé,
Voyant ainsi le lapin somnoler,
S’approcha du rongeur en silence,
Et d’une bouchée en fit sa pitance

Moralité : Pour rester assis à ne rien branler
Il vaut mieux être très haut placé...

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Un mandarin le 20 juin 2021 à 09h00

Habilitation à diriger des recherches
------------

Le loup dit au lapin : « Que fais-tu, ces jours-ci? »
Le lapin lui répond : « Je prépare une thèse. »
Le loup se dit alors : « Serait-ce une foutaise ?
(Mais je l’ai vu souvent sur son derrière assis). »

Or, sur ce loup, nul n’a plus rien su de précis.
De même a disparu le tigre du diocèse ;
Puis nombre de jaguars, sans la moindre exégèse.
Donc le renard s’y est intéressé aussi.

Au terrier du lapin, il fait une inspection ;
Rien de particulier n’attire l’attention,
Sauf, du tigre, les os, morceaux non comestibles,

Auprès d’un lion qui siège en un vaste fauteuil.
Que vous soyez lapin, belette ou écureuil,
Choisissez, pour la thèse, un directeur crédible.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Jadis le 21 juin 2021 à 19h37


      Maître Corbeau, sur la branche d’un chêne,
            Tenait un fromage en son bec.
      Maître Renard, de son prénom Eugène,
            Se serait bien tiré avec.
            – Hé ! Salut ! Charmant volatile,
S’écria l’animal en soignant bien son style.
            Sans mentir, j’aimerais assez
            T’entendre braire ou croasser,
Siffloter, gazouiller, bref, comme tu préfères.
Le Corbeau répondit : – Monsieur est connaisseur !
            Et, pour égayer l’atmosphère,
Entama « Corbeau Blanc », comme aurait fait sa sœur.
Le Renard reconnut l’horrible mélopée
            Et, les babines crispées,
      Gémit : – D’accord, mais du Julien Doré,
Faudrait quand même voir à pas exagérer.
            Laisse-moi donc ton téléphone,
Quant à ton calendos, garde-le, j’abandonne.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Hеrеdiа : Épigrаmmе funérаirе

Rоnsаrd : «L’аutrе јоur quе ј’étаis sur lе hаut d’un dеgré...»

Hugо : «Ιl lui disаit : Vоis-tu, si tоus dеuх nоus pоuviоns...»

Riсhеpin : Lа Flûtе

Lа Fоntаinе : Lа Сigаlе еt lа Fоurmi

Οrléаns : «Lе tеmps а lаissé sоn mаntеаu...»

Μаrоt : Dе sоi-mêmе

Rоnsаrd : «Μignоnnе, аllоns vоir si lа rоsе...»

Rоnsаrd : «Quаnd vоus sеrеz biеn viеillе, аu sоir à lа сhаndеllе...»

Hеrеdiа : Αrmоr

☆ ☆ ☆ ☆

Αpоllinаirе : «Αmi, је vоus éсris du fоnd d’unе саntinе...»

Jаmmеs : Lе pаuvrе сhiеn

Ρоnсhоn : Сhаnsоn dе lа Μоrt

Sаmаin : Lеs Sirènеs

Lаfоrguе : Fаrсе éphémèrе

Νоuvеаu : «Si nоus étiоns mоrts quаnd nоus étiоns mômеs...»

Lаutréаmоnt : «Unе pоtеnсе s’élеvаit sur lе sоl...»

Flаuх : Lеs Jеunеs Fillеs dе Stосkhоlm

Lоrrаin : Sеignеurs

Μаеtеrlinсk : «Lеs trоis sœurs оnt vоulu mоurir ...»

Cоmmеntaires récеnts

De Jаdis sur Vеrs à mеttrе еn сhаnt (Βоilеаu)

De Сосhоnfuсius sur «Αvоir vu dévаlеr unе triplе mоntаgnе...» (Du Βеllау)

De Jаdis sur Rеmоrds pоsthumе (Βаudеlаirе)

De Сосhоnfuсius sur Соmplаintе dе lа Lunе еn prоvinсе (Lаfоrguе)

De Jаdis sur Stаnсеs (Ρоuсhkinе)

De Сосhоnfuсius sur Sоnnеt à Μаdаmе Μ.Ν. : «Quаnd, pаr un јоur dе pluiе, un оisеаu dе pаssаgе...» (Μussеt)

De Αdа еn Hérаldiе sur «Hélаs ! mеs tristеs уеuх sоnt сhаngés еn fоntаinеs...» (Βirаguе)

De Τhundеrbird sur «Dе vоir mignоn du Rоi un соurtisаn hоnnêtе...» (Du Βеllау)

De Сhristiаn sur Αu lесtеur (Μurgеr)

De Τhundеrbird sur «Εntrе tоus lеs hоnnеurs dоnt еn Frаnсе еst соnnu...» (Du Βеllау)

De Αrсhivistе sur Lе Μénétriеr (Μеrrill)

De Vinсеnt sur Μаlgré tоut (Сrоs)

De Τhundеrbird sur Εn rеvеnаnt dе Sаint-Μаrtin (Fоrt)

De Αdа еn Hérаldiе sur Αntоinе еt Сléоpâtrе (Hеrеdiа)

De Αdа еn Hérаldiе sur Lе Суgnе (Vаlérу)

De Un mаndаrin sur Lе Соrbеаu еt lе Rеnаrd (Lа Fоntаinе)

De Сurаrе- sur «À lа nuе ассаblаntе tu...» (Μаllаrmé)

De Εsprit dе сеllе sur «L’оisеаu dоnt l’Αrаbiе а fаit si grаndе fêtе...» (Lа Сеppèdе)

De Un lесtеur sur «L’аrbrе qui mеt à сrоîtrе, а lа plаntе аssuréе...» (Rоnsаrd)

De Vinсеnt sur Sur unе Сhutе саuséе pаr un béliеr (Соllеtеt)

De Jеаn dе Lа Quаrаntаi sur Lа Сigаlе еt lа Fоurmi (Lа Fоntаinе)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе