Jules Laforgue

Le Sanglot de la Terre (et autres premiers poèmes)


Pâle soleil d’hiver

                 
— Sonnet —


Pâle soleil d’hiver, tu filtres du ciel gris
Un rayon souffreteux qui fait plus triste encore
La cité s’éveillant dans sa rumeur sonore ;
Et c’est sous ce jour faux que tu veux voir Paris.
 
Tu songes à ces temps où, pur de son mépris,
L’homme ignorait le spleen, ce mal qui nous dévore,
Jouissait d’un beau vers, du galbe d’une amphore,
Et vivait sans remords sous l’azur incompris.
 
Tu te dis, n’est-ce pas, que la Terre, ta fille,
Nourrit en ce moment une pauvre famille ?
Et qu’elle a fait son temps ? — Mais, ne sois pas si fier !
 
Devant l’Éternité, tu n’es qu’une fusée
Qui passe. Et tu mourras, ô vieille lampe usée,
Soleil jaune et poussif, pâle soleil d’hiver.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfuciuq le 24 novembre 2017 à 11h49

Longue randonnée
---------------------

L’ermite méditant va par le chemin gris
Parmi quelques buissons qui verdissent encore ;
Les oiseaux s’éveillant dans leur rumeur sonore
Rappellent à son coeur les moineaux de Paris.

Pour ce qu’il fut jadis n’éprouvant nul mépris,
L’homme apprécie toujours cette vie qu’il  dévore ;
Tel Diogène autrefois, blotti dans son amphore,
À ses anciens plaisirs donnant encore un prix.

Et pourquoi regretter le rire d’une fille ?
Les oiseaux du chemin lui sont une famille,
Et non plus les bouquins dont il était si fier.

Son âme, n’étant point de mythes abusée,
Danse encore à loisir dans sa cervelle usée ;
Tu lui tiens compagnie, pâle soleil d’hiver.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Jules Laforgue le 25 novembre 2017 à 09h02



Revue des sciences humaines

n°178,

Avril-juin 1980.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par La fouine le 25 novembre 2017 à 11h04

http://www.laforgue.org/laforgue.htm

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 20 février 2022 à 14h07

Déclin d’Ysengrin
----------

Le grand loup prend de l’âge et son poil devient gris,
La louve le cajole et lui sourit encore ;
Il lance dans la nuit des appels moins sonores,
Mais  de ses sentiments le flot n’est point tari.

Des saveurs de la vie il est toujours épris,
Et de celles surtout qu’en rêve l’on explore ;
Aussi, de ces sonnets qu’un rimeur élabore,
Même quand je lui dis qu’ils sont de peu de prix.

L’inframonde l’attend, qui de démons fourmille,
Je crois qu’il en fera sa nouvelle famille ;
Il espère trouver d’autres loups en enfer.

Lui qui ne fut jamais une bête rusée,
D’aucun forfait majeur n’est son âme accusée ;
Calme fut son automne, et calme est son hiver.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Αutrаn : Εugéniе dе Guérin

Sаint-Ρоl-Rоuх : Lа Саrаfе d’еаu purе

Jаmmеs : Guаdаlupе dе Αlсаrаz

Νеrvаl : Vеrs dоrés

Hugо : Sаisоn dеs sеmаillеs — Lе Sоir

Βirаguе : «Un pоil blоnd еnlасé dе pеrlеs à l’еntоur...»

Μilоsz : Sуmphоniе dе nоvеmbrе

Fоrt : Lе Dit du pаuvrе viеuх

Rоdеnbасh : «Τristеssе ! је suis sеul ; с’еst dimаnсhе ; il plеuvinе !...»

Rоdеnbасh : «Lе brоuillаrd indоlеnt dе l’аutоmnе еst épаrs.....»

☆ ☆ ☆ ☆

Μаrоt : À Αntоinе : «Si tu еs pаuvrе...»

Fоurеst : Jаrdins d’аutоmnе

Jаmmеs : Αvес tоn pаrаpluiе

Саrсо : Ιntériеur : «Dеs vоуоus étеints pаr lа nосе...»

Rоnsаrd : «Jе vоуаis, mе соuсhаnt, s’étеindrе unе сhаndеllе...»

Βаïf : «Rоssignоl аmоurеuх, qui dаns сеttе rаméе...»

Μilоsz : «Ô nuit, ô mêmе nuit mаlgré tаnt dе јоurs mоrts...»

Νоuvеаu : «Quе tristе tоmbе un sоir dе nоvеmbrе...»

Sаint-Jоhn Ρеrsе : Ρоur fêtеr unе еnfаnсе

Dоnnау : Lа Fèvе

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur L’Αvеuglе (Ρéguу)

De Сосhоnfuсius sur «Vа, mаlhеurеuх соrbеаu, sаturniеn mеssаgе...» (Βuttеt)

De Сосhоnfuсius sur Εugéniе dе Guérin (Αutrаn)

De Ιsis Μusе sur Lа grоssе dаmе сhаntе... (Ρеllеrin)

De Сurаrе- sur «Si ј’étаis dаns un bоis pоursuivi d’un liоn...» (Viаu)

De Dаmе dе flаmmе sur Сhаnsоn dе lа mélаnсоliе (Fоrt)

De Сurаrе- sur «Соmtе, qui nе fis оnс соmptе dе lа grаndеur...» (Du Βеllау)

De Сurаrе- sur «Jе vоуаis, mе соuсhаnt, s’étеindrе unе сhаndеllе...» (Rоnsаrd)

De Jаdis sur «Lе brоuillаrd indоlеnt dе l’аutоmnе еst épаrs.....» (Rоdеnbасh)

De Μiсhеl sur L’Hоrlоgе : «Lеs Сhinоis vоiеnt l’hеurе dаns l’œil dеs сhаts...» (Βаudеlаirе)

De Xi’аn sur Lе Μаuvаis Μоinе (Βаudеlаirе)

De Xi’Αn sur Εn Αrlеs. (Τоulеt)

De Rоgеr СΟURΤΟΙS sur Villе dе Frаnсе (Régniеr)

De Vinсеnt sur «Jе vоudrаis, si mа viе étаit еnсоrе à fаirе...» (Vеrlаinе)

De Jаdis sur Lа Fоliе (Rоllinаt)

De Jаnus- sur «Сеrtаin аbbé sе mаnuélisаit...» (Rоussеаu)

De Jаdis sur «Vоtrе têtе rеssеmblе аu mаrmоusеt d’un sistrе...» (Sigоgnе)

De Сосhоnfuсius sur «Се rusé Саlаbrаis tоut viсе, quеl qu’il sоit...» (Du Βеllау)

De Ρаsquеlin sur «Τu gаrdеs dаns tеs уеuх lа vоlupté dеs nuits...» (Viviеn)

De Сhristiаn sur «Ô Ρèrе dоnt јаdis lеs mаins industriеusеs...» (Lа Сеppèdе)

De Ιо Kаnааn sur «Соmmе lе mаriniеr, quе lе сruеl оrаgе...» (Du Βеllау)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе