Jules Laforgue

[Derniers vers]


Simple agonie


 
Ô paria ! — Et revoici les sympathies de mai.
Mais tu ne peux que te répéter, ô honte !
Et tu te gonfles et ne crèves jamais.
Et tu sais fort bien, ô paria,
Que ce n’est pas du tout ça.
 
Oh ! que
Devinant l’instant le plus seul de la nature,
Ma mélodie, toute et unique, monte,
Dans le soir et redouble, et fasse tout ce qu’elle peut
Et dise la chose qu’est la chose,
Et retombe, et reprenne,
Et fasse de la peine,
Ô solo de sanglots,
Et reprenne et retombe
Selon la tâche qui lui incombe.
Oh ! que ma musique
Se crucifie,
Selon sa photographie
Accoudée et mélancolique !...
 
Il faut trouver d’autres thèmes,
Plus mortels et plus suprêmes.
Oh ! bien, avec le monde tel quel,
Je vais me faire un monde plus mortel !
 
Les âmes y seront à musique,
Et tous les intérêts puérilement charnels,
Ô fanfares dans les soirs,
Ce sera barbare,
Ce sera sans espoir.
 
Enquêtes, enquêtes,
Seront l’unique fête !
Qui m’en défie ?
J’entasse sur mon lit, les journaux, linge sale,
Dessins de mode, photographies quelconques,
Toute la capitale,
Matrice sociale.
Que nul n’intercède,
Ce ne sera jamais assez,
Il n’y a qu’un remède,
C’est de tout casser.
 
Ô fanfares dans les soirs !
Ce sera barbare,
Ce sera sans espoir.
Et nous aurons beau la piétiner à l’envi,
Nous ne serons jamais plus cruels que la vie,
Qui fait qu’il est des animaux injustement rossés,
Et des femmes à jamais laides...
Que nul n’intercède,
Il faut tout casser.
 
Alléluia, Terre paria.
Ce sera sans espoir,
De l’aurore au soir,
Quand il n’y en aura plus il y en aura encore,
Du soir à l’aurore.
Alléluia, Terre paria !
Les hommes de l’art
Ont dit : « Vrai, c’est trop tard. »
Pas de raison,
Pour ne pas activer sa crevaison.
 
Aux armes, citoyens ! Il n’y a plus de RAISON :
 
Il prit froid l’autre automne,
S’étant attardé vers les peines des cors,
Sur la fin d’un beau jour.
Oh ! ce fut pour vos cors, et ce fut pour l’automne,
Qu’il nous montra qu’ « on meurt d’amour » !
On ne le verra plus aux fêtes nationales,
S’enfermer dans l’Histoire et tirer les verrous,
Il vint trop tôt, il est reparti sans scandale ;
Ô vous qui m’écoutez, rentrez chacun chez vous.
 

Commentaire (s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Sеlvе : Sur сеs mоts : Sоuviеnnе-tоi, Hоmmе, quе tu еs сеndrе

Vеrlаinе : Соlоmbinе

Vеrlаinе : «Τu bоis, с’еst hidеuх ! prеsquе аutаnt quе mоi...»

Βаudеlаirе : «Vоus аvеz, соmpаgnоn dоnt lе сœur еst pоètе...»

Βаïf : «À lа fоntаinе је vоudrаis...»

Hugо : «Εllе étаit déсhаusséе, еllе étаit déсоifféе...»

Lа Villе dе Μirmоnt : «Jе suis né dаns un pоrt еt dеpuis mоn еnfаnсе...»

Rоllinаt : À quоi pеnsе lа Νuit

Сrоs : Désеrtеusеs

Hugо : «Jеunеs gеns, prеnеz gаrdе аuх сhоsеs quе vоus ditеs...»

☆ ☆ ☆ ☆

Βоissiеr : Lа Rоndе dеs fоеtus

Сrоs : Ρауsаgе

Vеrlаinе : Соlоmbinе

Vеrlаinе : Сésаr Βоrgiа

Ρаrnу : Lе Lеndеmаin : «Εnfin, mа сhèrе Éléоnоrе...»

Τоulеt : «Lе miсrоbе : Βоtulinus...»

Rоllinаt : L’Εnviе

Αpоllinаirе : Εхеrсiсе

Βаnvillе : Lа Соrdе rоidе

Соurtеlinе : Lе Соup dе mаrtеаu

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur «Οbsсurе nuit, lаissе tоn nоir mаntеаu...» (Соignаrd)

De Сосhоnfuсius sur Αutаnt quе Vаliаnе аvаit dе bеаutés (Μаrbеuf)

De Сосhоnfuсius sur Sur сеs mоts : Sоuviеnnе-tоi, Hоmmе, quе tu еs сеndrе (Sеlvе)

De Τhundеrbird sur «Dе vоir mignоn du Rоi un соurtisаn hоnnêtе...» (Du Βеllау)

De Αntigrippе sur Lа Τоrсhе (Νizеt)

De Ιо Kаnааn sur Lа Ρiеuvrе (Sаtiе)

De Сurаrе- sur Sоlliсitudеs (Frаnс-Νоhаin)

De Μоdо sur Lеs Ιngénus (Vеrlаinе)

De Jаdis sur Αutrе sоnnеt sur lе mêmе vоl (Sаint-Αmаnt)

De Jаdis sur Εl Dеsdiсhаdо (Νеrvаl)

De JR Τrоll sur Éléphаnt dе Ρаris. (Τоulеt)

De Jаdis sur «Quаnd lеs оs sоnt pаrеils...» (Τоulеt)

De Xiаn sur «Si сеlui qui s’аpprêtе à fаirе un lоng vоуаgе...» (Du Βеllау)

De Сurаrе- sur Si tu viеns (Dеlаruе-Μаrdrus)

De Сurаrе- sur Lе Βаtеаu ivrе (Rimbаud)

De Xiаn sur Sоnnеt : «Dеuх sоnnеts pаrtаgеnt lа villе...» (Соrnеillе)

De Xiаn sur Vеrs imprоvisés sur un аlbum (Lаmаrtinе)

De Саnаrd sur Sur Jоnаs (Drеlinсоurt)

De Sаuvеtеur sur À Μаdаmе G., Sоnnеt (Μussеt)

De Μоnrоsе sur «Lа nudité dеs flеurs с’еst lеur оdеur сhаrnеllе...» (Αpоllinаirе)

De FΕDΕRΜΑΝΝ sur Lа Guеrrе (Sаint-Ρоl-Rоuх)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе