Lamartine

Méditations poétiques, 1849


La Pervenche


 
Pâle fleur, timide pervenche,
Je sais la place où tu fleuris,
Le gazon où ton front se penche
Pour humecter tes yeux flétris !
 
C’est dans un sentier qui se cache
Sous ses deux bords de noisetiers,
Où pleut sur l’ombre qu’elle tache
La neige des fleurs d’églantiers.
 
L’ombre t’y voile, l’herbe égoutte
Les perles de nos nuits d’été,
Le rayon les boit goutte à goutte
Sur ton calice velouté.
 
Une source tout près palpite,
Où s’abreuve le merle noir ;
Il y chante, et moi j’y médite
Souvent de l’aube jusqu’au soir.
 
Ô fleur, que tu dirais de choses
À mon amour, si tu retiens
Ce que je dis à lèvres closes
Quand tes yeux me peignent les siens !
 

Commentaire (s)
Déposé par Mayer le 27 avril 2013 à 18h20

j’ai cette poésie avec, à la fin du 1er § :
- pour mieux charmer nos yeux épris -
au lieu de
- pour humecter tes yeux flétris -
Je retrouve ce dernier vers plus souvent que celui qui fait l’objet de mon commentaire.
Quelqu’un pour confirmer ?
Cordialement

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Christian le 27 avril 2013 à 19h55

Votre version ne semble se trouver, sur Internet, qu’ici :
  http://fiumorbo.blog.kazeo.com/index.php?idblogp=1327107
Quelqu’un qui s’est plu à retoucher le poème de Lamartine ? Il faudrait demander le blogueur...

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Jadis le 7 octobre 2021 à 14h23


Mon oncle, un fameux bricoleur
-----

L’oncle ruminait sa revanche
Sur les insolents beaux esprits.
Ah ! J’ai la mémoire qui flanche,
Grondait-il, ah, j’ai rien compris !                
 
Il ne voulait pas que l’on sache,
(Il était un peu cachottier)
Mais grommelait dans sa moustache
Qu’il n’y aurait pas de pitié.
 
Il s’écriait : donc, ils s’en foutent !
Donc, je suis un âne bâté !
Tous ces jean-foutre me dégoûtent
Et je ne vais pas les rater.
 
Or, voilà qu’il se précipite
Dans la cave un dimanche soir
Avec un rouleau de cordite ;
On est tous accourus pour voir.

On n’appréhendait pas grand chose,
On ne distinguait pas très bien ;
Lorsque, soudain : la bombe explose !
Du coup, on n’y voyait plus rien.

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