Lamartine

Méditations poétiques, 1849


Le Coquillage au bord de la mer


 

À une jeune Étrangère


Quand tes beaux pieds distraits errent, ô jeune fille,
Sur ce sable mouillé, frange d’or de la mer,
Baisse-toi, mon amour, vers la blonde coquille
Que Vénus fait, dit-on, polir au flot amer.
L’écrin de l’Océan n’en a point de pareille ;
Les roses de ta joue ont peine à l’égaler ;
Et quand de sa volute on approche l’oreille,
On entend mille voix qu’on ne peut démêler.
Tantôt c’est la tempête avec ses lourdes vagues,
Qui viennent en tonnant se briser sur tes pas ;
Tantôt c’est la forêt avec ses frissons vagues ;
Tantôt ce sont des voix qui chuchotent tout bas.
Oh ! ne dirais-tu pas, à ce confus murmure
Que rend le coquillage aux lèvres de carmin,
Un écho merveilleux où l’immense nature
Résume tous ses bruits dans le creux de ta main ?
Emporte-la, mon ange ! Et quand ton esprit joue
Avec lui-même, oisif, pour charmer tes ennuis,
Sur ce bijou des mers penche en riant ta joue,
Et, fermant tes beaux yeux, recueilles-en les bruits.
Si, dans ces mille accents dont sa conque fourmille,
Il en est un plus doux qui vienne te frapper,
Et qui s’élève à peine aux bords de la coquille,
Comme un aveu d’amour qui n’ose s’échapper ;
S’il a pour ta candeur des terreurs et des charmes ;
S’il renaît en mourant presque éternellement ;
 
S’il semble au fond d’un cœur rouler avec des larmes ;
S’il tient de l’espérance et du gémissement...
Ne te consume pas à chercher ce mystère !
Ce mélodieux souffle, ô mon ange, c’est moi !
Quel bruit plus éternel et plus doux sur la terre,
Qu’un écho de mon cœur qui m’entretient de toi ?
 

Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 19 avril 2013 à 07h40


À la belle saison, les paysans de Chine
Attrapent des grillons qu’ils retiennent captifs
D’une cage en bambou dont la structure est fine
Et l’extérieur orné d’artistiques motifs.

Ces petits prisonniers font une douce plainte
Dont la mélancolie et la sérénité
Enchantent la maison, tel un grelot qui tinte
À l’heure où se répand la bonne odeur du thé.

Oh ! ne dirais-tu pas, à ce très fin murmure
Que rend cet orthoptère éloigné de son champ,
Un écho merveilleux où la douce nature
Résume tous ses bruits dans la saveur d’un chant ?

Si, dans ces mille accents dont sa cage résonne,
Il en est un plus doux qui vienne te frapper,
Et qui semble venir du poète en personne,
C’est un aveu d’amour qui n’ose s’échapper.

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