Valery Larbaud

Poèmes par un riche amateur, 1908



 
Europe ! tu satisfais ces appétits sans bornes
De savoir, et les appétits de la chair,
Et ceux de l’estomac, et les appétits
Indicibles et plus qu’impériaux des Poètes,
Et tout orgueil de l’Enfer.
(Je me suis parfois demandé si tu n’étais pas une des marches, un canton adjacent de l’Enfer.)
Ô ma Muse, fille des grandes capitales ! tu reconnais tes rythmes
Dans ces grondements incessantes des rues interminables.
Viens, quittons nos habits du soir, et revêtons
Moi ce veston usé et toi cette robe de laine,
Et mêlons-nous au commun peuple que nous ignorons.
Allons danser au bal des étudiants et des grisettes,
Allons nous encanailler au café-concert !
Dis-toi
Que nous ne sommes ici que des hôtes de passage
Dont les empreintes marquent à peine, sans doute,
Sur cette boue légère et brillante que nous foulons.
Quand nous voudrons, nous rentrerons aux forêts vierges.
Le désert, la prairie, les Andes colossaux,
Le Nil blanc, Téhéran, Timor, les Mers du Sud,
Et toute la surface planétaire sont à nous, quand nous voudrons !
Car si j’étais un de ceux-là qui vivent toujours ici
Travaillant du matin au soir dans des usines,
Et dans des bureaux, et allant dans des soirées,
Ou jouer pour la centième fois un rôle dans un théâtre,
Ou dans les cercles, ou dans les réunions hippiques,
Je n’y pourrais tenir ! et tel qu’un paysan
Qui revient après avoir vendu sa récolte à la ville,
Je partirais,
Un bâton à la main, et j’irais, et j’irais,
Je marcherais sans m’arrêter vers l’Équateur !
 
Pour moi,
L’Europe est comme une seule grande ville
Pleine de provisions et de tous les plaisirs urbains,
Et le reste du monde
M’est la campagne ouverte où, sans chapeau,
Je cours contre le vent en poussant des cris sauvages !
 

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