Charles Leconte de Lisle

Poèmes tragiques


L’Astre rouge


 

Il y aura, dans l’abîme du ciel, un grand Astre rouge nommé Sahil.
Le Rabbi Aben-Ezra.


Sur les Continents morts, les houles léthargiques
Où le dernier frisson d’un monde a palpité
S’enflent dans le silence et dans l’immensité ;
Et le rouge Sahil, du fond des nuits tragiques,
Seul flambe, et darde aux flots son œil ensanglanté.
 
Par l’espace sans fin des solitudes nues,
Ce gouffre inerte, sourd, vide, au néant pareil,
Sahil, témoin suprême, et lugubre soleil
Qui fait la mer plus morne et plus noires les nues,
Couve d’un œil sanglant l’universel sommeil.
 
Génie, amour, douleur, désespoir, haine, envie,
Ce qu’on rêve, ce qu’on adore et ce qui ment,
Terre et Ciel, rien n’est plus de l’antique Moment.
Sur le songe oublié de l’Homme et de la Vie,
L’Œil rouge de Sahil saigne éternellement.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 11 janvier 2013 à 17h31

Le soleil, sur sa fin, ne peut qu’être fugace,
Sa lumière pâlit, rougit et s’obscurcit.
Sous le ciel qui déjà se rapproche et noircit,
Il écoute, rêveur, le bruit du temps qui passe.

La grêle abat les fleurs et la brise les chasse,
Et, de notre existence, il doit en être ainsi :
Les mots, sous le clavier, deviennent indécis
Et forment d’autres mots sous les doigts qui se glacent.

Quel être que le nôtre, illusion du néant,
Et faible d’autant plus qu’il se pense géant;
Ne soyons point surpris que douleur lui advienne.

Le soleil, sur sa fin, pourtant, reste un soleil,
Gardant le souvenir, dans sa nuit sans éveil,
D’un semblant de douceur du passé, qui fut sienne.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 25 décembre 2018 à 12h44

Astre hexaplanétaire
-------------------------

L’étoile a pour vassaux six planètes fugaces
Que l’on voit graviter dans le ciel obscurci,
Elles dont fréquemment l’atmosphère noircit ;
Et leurs trajets toujours suivent le temps qui passe.

Une comète au loin semble partir en chasse,
Mais nous, sages, savons qu’il n’en est pas ainsi :
Il ne rejoindra rien, ce bolide indécis,
Esclave du chemin que suit son corps de glace.

Or, le système entier s’en va vers le néant,
Les six planètes soeurs et leur astre géant :
Cela est programmé, que veux-tu qu’il advienne ?

Ah, mais pour le moment, est-il plus beau soleil,
Que l’étoile bénie qui nous tient en éveil,
Qu’un poète parfois voudrait avoir pour sienne !

[Lien vers ce commentaire]

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