Pierre Louÿs

La Femme


La Femme qui danse


 
Elle danse, elle est nue, elle est jeune. Ses flancs
Ondulent avec un déhanchement farouche ;
Mais le sourire fait une fleur de sa bouche
Sous le regard languide entre les cils tremblants.
 
Ses doigts caressent vers des lèvres ignorées
Le galbe blanc, la chaleur douce de ses seins
Et son battement d’aile invite les essaims
Des baisers, à l’abri des aisselles dorées
 
Puis la taille ployée à la renverse tend
Le pur ventre, gonflé d’un souffle intermittent ;
Et, sur l’arachnéen fourreau noir de sa robe,
 
Ses bras tourneurs au rythme lent des luths divins
Cherchent l’imaginaire amant qui se dérobe
Et le veulent séduire avec des gestes vains.
 

26 février et 2 mars 91.

Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 30 mai 2013 à 17h32

J’ai vu sur les graviers danser un pélican
Et en face de lui, trois casoars farouches ;
Ils étaient entourés de quarante oiseaux-mouches
Sous le regard ému des canards claudicants.

J’ai vu de beaux oiseaux d’espèces ignorées
Et d’autres familiers, des cygnes, des poussins,
Des autruches faisant onduler leur bassin
Et l’oiseau de Krishna dont les plumes dorées

Lançaient dans le soleil des reflets éclatants ;
La colombe de Dieu, le corbeau de Satan
Et, fidèle à Prévert, le farceur oiseau-lyre.

Mais voulez-vous savoir quel est le plus divin ?
C’est celui que pour Maître ils ont choisi d’élire,
C’est l’oiseau-charpentier qui de l’eau fait du vin.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 20 novembre 2018 à 14h04

Les oiseaux du Maître
---------------------

Ils savent imiter le cri du pélican
Et du manoir ils sont les défenseurs farouches ;
Ce sont de forts gaillards, et non des oiseaux-mouches,
Sur le chemin de ronde on les voit claudicant.

Je les crois passereaux d’une espèce ignorée ;
Jaunes dans leurs débuts, comme sont les poussins,
Mais, une fois grandis, fort larges du bassin,
Ouvrant au grand soleil leurs pupilles dorées.

Ils montrent au combat leur courage éclatant,
Faisant fuir au lointain les corbeaux de Satan ;
Et, tel un troubadour, les chante l’oiseau-lyre.

-- Or, quel est votre nom, volatiles divins ?
-- Il ne nous a pas plu, jusqu’ici, d’en élire,
Tu peux nous appeler «oiseaux buveurs de vin».

[Lien vers ce commentaire]

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