Olivier de Magny



 
Ce que j’aime au printemps, je te veux dire Même :
J’aime à flairer la rose, et l’œillet, et le thym ;
J’aime à faire des vers, et me lever matin,
Pour, au chant des oiseaux, chanter celle que j’aime.
 
En été, dans un val, quand le chaud est extrême,
J’aime à baiser sa bouche et toucher son tétin,
Et, sans faire autre effet, faire un petit festin,
Non de chair, mais de fruit, de fraises et de crème.
 
Quand l’automne s’approche et le froid vient vers nous,
J’aime avec la châtaigne avoir de bon vin doux,
Et, assis près du feu, faire une chère lie.
 
En hiver, je ne puis sortir de la maison,
Si n’est au soir, masqué ; mais, en toute saison,
J’aime fort à coucher dans les bras de ma mie.



Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 5 mai 2018 à 12h46

Sanctuaire à l’abandon
-------------------------

L’église est peu remplie, elle est déserte, même ;
Nous n’y entendons plus les psaumes en latin.
À quoi sert au curé de se lever matin,
À quoi de réciter la prière qu’il aime ?

Ce prêtre ne craint pas la solitude extrême,
Ni d’être le servant d’un culte clandestin ;
Pas besoin d’être deux pour un petit festin
(Ou le maigre repas que l’on prend en carême).

Il aime les plaisirs qui sont bien de chez nous ;
C’est remplir le calice avec un bon vin doux
Et lire les propos des Pères de l’Église.

Ce bâtiment lui sert de petite maison :
Et son ange gardien dit, en toute saison,
D’aimables oraisons dedans cette nef grise.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Jeanne-d’Arc le 5 mai 2018 à 16h18

Celui-là de poème il se chuchote ...’’Le secret’’

C’est juste une impression ; une toile oppressante
un décor trop obscur d’allure envahissante
Et toi évanescent troublé un peu gommé
Toi qui est sclérosé perclus un peu paumé

Je t’aime malgré tout ! De douleur caressante
Malgré moi malgré nous cette lutte jouissante
Flagrant de notre sens ni noir ni consommé
Cet élan d’abandon qui n’est jamais nommé

Ici on trouvera notre éloge aguerrie
De mots enchevêtrés la tragique égérie
Dont le blason s’emmêle à un bonheur discret

Ô souffle du temps vieux qui fantasme l’emblème
Quand tu voudrais percer l’invariable dilemme

Nos esprits éreintés ne gardent aucun secret !

[Lien vers ce commentaire]

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