Mallarmé

Poésies, 1899



Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui !
 
Un cygne d’autrefois se souvient que c’est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n’avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l’ennui.
 
Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l’espace infligée à l’oiseau qui le nie,
Mais non l’horreur du sol où le plumage est pris.
 
Fantôme qu’à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s’immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l’exil inutile le Cygne.
 

Commentaire(s)
Déposé par Christian le 6 mars 2013 à 12h06

Un « Sonnet dit du cormoran » datant du temps où je cochonfucusionnais...


Le vierge le vivace et le bel aujourd’hui
Va-t-il nous déchirer par un coup d’aide libre
Ces flots noirs et visqueux qui hantent l’équilibre
D’un biotope ingrat aux vols qui n’ont pas fui

Un cormoran d’antan se souvient que c’est lui
Mazouté tant que plus une plume ne vibre
À ce col dont chanté n’a la vocale fibre
L’écologique choix qui eût trompé l’ennui

Tout ce col secouera cette noire agonie
Par l’humain infligée à l’oiseau qui le nie
Mais non l’enfer boueux où le plumage est pris

Que surgisse en ce cou la ligne des reptiles
Quand ils se glacent combattants froids de mépris
C’est salaud Le sait-il cet oiseau des Sept-Îles

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 4 février 2016 à 15h43

Firmament très lointain
---------------------------

Le ciel a pris des tons surréels aujourd’hui ;
Ceux de la météo, peut-être, furent ivres,
Qui à ce tiède hiver n’ont point offert de givre,
Un astre s’est montré, qui, brusquement, a fui.

Le gars de la radio dit que ce n’est pas lui ;
De cette étrangeté, sa conscience il délivre,
Avec ce ciel bizarre, on peut aussi bien vivre,
Je ne crois pas qu’il veuille apporter des ennuis.

Mais si cette planète était à l’agonie ?
Non, cela ne se peut, Claude Allègre le nie ;
Et c’est un érudit, qui a beaucoup appris.

Savoir ce qui, aux cieux, telle couleur assigne,
Peut-être un changement dont ils seraient épris ?
Ou bien, plus simplement, la migration des cygnes.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 1er septembre 2017 à 11h48

Arbre-Chevalier
--------------

L’arbre porte un écu de bataille aujourd’hui,
C’est ce qu’il fait, dit-on, chaque fois qu’il est ivre ;
En été sous la feuille, en hiver sous le givre,
Ceux qui l’ont vu ainsi, pour la plupart, ont fui.

L’arbre dit que la guerre est un métier pour lui ;
Que du gris quotidien, les combats le délivrent,
Que porter une armure est sa raison de vivre
Et que c’est un moyen pour surmonter l’ennui.

Cependant la forêt n’est pas à l’agonie,
Elle se porte bien, nul arbre ne le nie,
Et se battre est souvent le fait d’un malappris.

Ce rôle de soldat qu’à lui-même il assigne,
Cet écu de métal dont il est tant épris,
De sa sénilité, sans doute, sont le signe.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
URL :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Saisie requise.
* Cette adresse ne sera pas publiée et ne sera utilisée que pour communiquer avec vous en cas de souci.
 

Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Rоnsаrd : «J’аvаis, еn rеgаrdаnt tеs bеаuх уеuх, еnduré...»

Viаu : Épigrаmmе d’un impuissаnt

Lа Villе dе Μirmоnt : «Jе suis un êtrе dе sаng frоid...»

Régniеr : Juliе аuх уеuх d’еnfаnt

Sаint-Αmаnt : «Vоiсi lе rеndеz-vоus dеs Εnfаnts sаns sоuсi...»

Сrоs : L’Hеurе frоidе

Rimbаud : Μа Βоhèmе

Rimbаud : Οphéliе

Vеrlаinе : Νеvеrmоrе : «Sоuvеnir, sоuvеnir, quе mе vеuх-tu ?...»

Vеrlаinе : Μоn rêvе fаmiliеr

☆ ☆ ☆ ☆

Сhrеtiеn dе Τrоуеs

Sсаrrоn : Сhаnsоn à bоirе

Саrсо : Βоhèmе

Αpоllinаirе : «Lа nudité dеs flеurs с’еst lеur оdеur сhаrnеllе...»

Ρоnсhоn : Sоnnеt à Сhеvrеul

Μоlièrе : À Μоnsiеur Lе Vауеr, sur lа Μоrt dе sоn Fils

Lе Μоuël : «À lа sаintе, mаrtуrе еt viеrgе...»

Βаtаillе : Lеs Sоuvеnirs

Αllаrd : Αu dеrniеr сiеl

Gеоrgin : Τristеssе аu bоrd dе l’еаu

Cоmmеntaires récеnts

De Сrаpаudinе sur «Ô сritiquе du јоur, сhèrе mоuсhе bоvinе...» (Μussеt)

De Lа Μusérаntе sur «Vоiсi lе rеndеz-vоus dеs Εnfаnts sаns sоuсi...» (Sаint-Αmаnt)

De Сосhоnfuсius sur Sоnnеt à Сhеvrеul (Ρоnсhоn)

De Сосhоnfuсius sur «Lеntеmеnt, dоuсеmеnt, dе pеur qu’еllе sе brisе...» (Sаmаin)

De Сосhоnfuсius sur «Suzаnnе m’éсоutаit sоupirеr pоur Diаnе...» (Αubigné)

De Сurаrе- sur Sоnnеt pоur un Τаblеаu sаns légеndе (Lоuvigné du Dézеrt)

De Lа Μusérаntе sur «Lösсh mir diе Αugеn аus...» (Rilkе)

De Vinсеnt sur Lа Νосе à Gоnеssе (Fоrt)

De Frаnçоis Соppéе sur Lе Соup dе mаrtеаu (Соurtеlinе)

De Gеоrgеs Соurtеlinе sur Lе Соup dе tаmpоn (Соppéе)

De Τоtо28 sur Βibliоthèquеs (Αutrаn)

De Τоtо28 sur Sоnnеt : «Sе vоir lе plus pоssiblе еt s’аimеr sеulеmеnt...» (Μussеt)

De Lа Μusérаntе sur «Jе vis mа Νуmphе еntrе сеnt dаmоisеllеs...» (Rоnsаrd)

De Αzuré dе lа fаuсillе sur Соntrе lа јаlоusiе (Urfé)

De Vinсеnt sur Lеs Βiеnfаits dе lа nuit (Rоllinаt)

De Siхtе sur «D’un оutrаgеuх соmbаt...» (Αubigné)

De lасоtе sur «Jе sаis biеn qu’оn dirа quе је suis témérаirе...» (Βirаguе)

De mdrlоl sur Lеs Léprеuх (Βеrtrаnd)

De Vinсеnt sur Ρаrsifаl (Vеrlаinе)

De vinсеnt sur «Un pеu dеvаnt quе l’аubе аmеnât lа јоurnéе...» (Gоdаrd)

De Ρiеrrоt sur «Sеs purs оnglеs très hаut dédiаnt lеur оnух...» (Μаllаrmé)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе