Claude de Malleville



Ce miroir où chacun contemple sa figure
Fut en Chypre autrefois un Peintre si vanté
Que le bruit de son art jusqu’aux astres monté
Fit avecque raison étonner la nature.

Vénus dans ses vergers le trouvant d’aventure
Le voulut obliger à peindre sa beauté ;
Mais, étant de son fils indignement traité,
L’insolent refusa de faire sa peinture.

La Déesse qui vit ce jeune audacieux
Mépriser follement les flammes de ses yeux,
Changea par un dépit son corps en cette glace,

Et, donnant cet exemple à ses autres sujets,
Ordonna contre lui, pour punir son audace,
Qu’il représenterait toute sorte d’objets.
 

Commentaire(s)
Déposé par Phèdre le 28 janvier 2018 à 18h18

"Ils ne se verront plus. -
Ils s’aimeront toujours."
Racine

(1 sonnet en parataxe peut-être. . . )

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 5 janvier 2015 à 13h22

Sagesse des miroirs
------------------------

Le miroir déformant altère et transfigure
La face des vivants, réels ou inventés :
Mais tu ne dois par lui te laisser démonter,
Ce n’est qu’une amusette où se plaît la nature.

Le miroir déformant peut bien, par aventure,
Offrir à nos regards l’illusion de beauté ;
Le plus souvent, pourtent, on en est mal traité,
Car de nos traits il brosse une ignoble peinture.

Donnons-lui hardiment les plus nombreux sujets
Dont il fabriquera les plus plaisants objets ;
Même d’un monument se rira son audace.

On lui trouve pourtant un rival sous les cieux,
Qui souvent vient nous voir quand nous nous faisons vieux :
C’est notre ami Chronos ; oui, c’est le temps qui passe.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 5 janvier 2015 à 13h56

Retouche (deuxième quatrain, troisième vers) :

"pourtant"

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 28 janvier 2018 à 12h11

Fleur de chevalerie
----------------------

C’est une fleur magique à l’étrange figure ;
Elle connaît des sorts, réels ou inventés :
Même le vent d’hiver ne la peut démonter,
C’est un fier végétal, force de la nature.

L’abeille du jardin peut bien, par aventure,
Se laisser attirer par sa sombre beauté ;
Son zèle, cependant, sera bien mal traité,
Car sa belle couleur n’est que vaine peinture.

Cette fleur peut parler des plus obscurs sujets,
Elle peut évoquer de mystérieux objets ;
Même si le crapaud se rit de son audace.

On trouve rarement telle fleur sous les cieux,
Qui charme nos regards quand nous nous faisons vieux :
Fleur de chevalerie, la fleur du temps qui passe.

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Déposé par Cochonfucius le 19 août 2018 à 13h45

Pentaquark du miroir
--------------------------

Le pentaquark d’azur ici se transfigure,
Ne sachant s’il existe ou s’il est inventé ;
En ses cinq composants, comment le démonter,
Surtout, comment savoir quelle en est la nature ?

Le vaillant physicien peut bien, par aventure,
Se laisser enivrer de sa sombre beauté ;
Mais il ne pourra pas rédiger un traité
Qui de la particule offrirait la peinture.

Or, il doit y penser, car tel est son sujet,
Son habilitation n’aura pas d’autre objet
Même si les cinq quarks se rient de son audace.

On trouve rarement ce monstre sous les cieux
Qui charme nos regards, mais ne vit pas très vieux :
Au pays des quanta, le temps trop vite passe.

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