François Maynard


Chanson


 
Je ne puis souffrir les esprits
Dont l’impudente rêverie
Ne prêche rien que le mépris
Du vin et de l’ivrognerie.
Je veux mourir au cabaret
Entre le blanc et le clairet.
 
Dès que la nuit reprend son tour,
Je m’enferme dans la taverne,
Et n’en pars jamais que le jour
Ne fasse pâlir ma lanterne :
Je veux mourir au cabaret
Entre le blanc et le clairet.
 
C’est où l’on soumet les États
À des censures bien hardies.
Les affaires des Potentats
N’y passent que pour Comédies.
Je veux mourir au cabaret
Entre le blanc et le clairet.
 
C’est où l’on trouve le repos
Que l’on cherche tant dans le monde.
L’amour y rit à tout propos
Et jamais la haine n’y gronde.
Je veux mourir au cabaret
Entre le blanc et le clairet.
 
Sire Bontemps s’y voit assis
Près d’une table bien servie ;
Il y foule aux pieds les soucis
Qui troublent l’aise de la vie :
Je veux mourir au cabaret
Entre le blanc et le clairet.
 
Là, cet ivrogne sans pareil,
Dès que le matin se redore,
Sur la moustache du Soleil
Boit à la santé de l’Aurore :
Je veux mourir au cabaret
Entre le blanc et le clairet.
 
Çà Garçon de ce vin nouveau,
Je l’aime d’un amour extrême :
Il met souvent dans mon cerveau
Plus d’un sceptre et d’un diadème.
Je veux mourir au cabaret
Entre le blanc et le clairet.
 
Il faut désormais que mon bec
Soit toujours plongé dans le verre,
Mon gosier dût-il mettre à sec
Toutes les caves de la terre :
Je veux mourir au cabaret
Entre le blanc et le clairet.
 
La douce Mère des Amours,
À qui mon Âme s’est rendue,
Père BACCHUS, sans ton secours,
N’est qu’une garce morfondue.
Je veux mourir au cabaret
Entre le blanc et le clairet.
 
Je donnerais pour un fétu
Tous ceux qui laissent de bien boire,
De peur d’ôter à leur vertu
Ce qu’elle s’est acquis de gloire,
Je veux mourir au cabaret
Entre le blanc et le clairet.
 
Qu’un plus ambitieux que moi
Coure aux lieux où le canon tonne ;
Et tombe mort aux pieds du Roi,
Pour le salut de sa Couronne.
Je veux mourir au cabaret
Entre le blanc et le clairet.
 
Que ces courages de Lion,
Dont la force est plus que mortelle,
Égorgent la rébellion
Sur les remparts de la Rochelle,
Je veux mourir au cabaret
Entre le blanc et le clairet.
 
Adieu MARS, je suis résolu
De ne courir point d’autre risque,
Que celle qu’un parfait Goulu,
Court à la Table d’une Bisque.
Je veux mourir au cabaret
Entre le blanc et le clairet.
 
Quels biens avons-nous ici-bas,
Dont la volupté soit pareille
À celle qu’on trouve aux Combats
De la soif, et de la Bouteille.
Je veux mourir au cabaret
Entre le blanc et le clairet.
 
Ainsi chantait, le verre en main,
Flote, dont la voix est si belle,
Et qui des soins du lendemain
Ne remplit jamais sa cervelle.
Je veux mourir au cabaret
Entre le blanc et le clairet.
 

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