Pierre Motin



 

             
À Mademoiselle Madeleine Mareschal


 
Ce masque, qui celait tantôt votre beauté,
Semble à l’obscurité de la nuit effroyable :
Elle cache au soleil sa clarté désirable,
Lui cache de vos yeux la divine clarté.
 
Ô masque, fallait-il que ton obscurité
Recelât de ses yeux la puissance admirable !
Je pensai voir reluire une aurore agréable
Aussitôt que sa main de son front l’eût ôté.
 
Son beau teint, composé d’un monceau de fleurettes,
Ses beaux yeux enchanteurs, hôtes des amourettes,
Me firent aussitôt oublier la rigueur
 
Et l’orgueilleux dédain d’une fille volage
Qui ne porte jamais de masque à son visage,
Mais, toujours inconstante, elle en porte à son cœur.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 16 janvier 2014 à 10h59

Un pays imaginaire
--------------------------

J’ai rêvé que j’allais au Pays de Beauté.
Tout le monde était beau, c’en était effroyable ;
Tout en circulant dans ce monde peu croyable,
J’étais aveuglé par d’innombrables clartés.

La nuit ne faisait point, là-bas, l’obscurité ;
Mille feux provenaient de source admirables.
Même si, au début, c’était bien agréable,
L’esprit finissait par s’en trouver agité.

Mieux qu’un riche bouquet me plaît l’humble fleurette,
Mieux qu’un violent désir, la paisible amourette ;
Le sublime est, pour moi, trop empreint de rigueur.

Quand du rêve se fut dissipé le nuage,
Je souris de revoir d’ordinaires visages,
Me disant en moi-même : « Ils ont vraiment du coeur ».

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 4 mai 2017 à 16h26

Seigneur à forte ramure
---------------------

Que remarquer en lui, son étrange beauté,
Son regard inspiré, son humour effroyable ?
Tout cela fait de lui un monstre peu croyable,
Un fier démon porteur d’une sombre clarté.

Que ce soit au soleil ou dans l’obscurité,
Il s’active pour nous, ce seigneur admirable,
Même, il pense pour nous, ce qui est agréable,
Ce personnage actif, mais jamais agité.

Il ne perd pas son temps pour une humble fleurette,
Et pour lui ne sont point les folles amourettes ;
Il traite l’essentiel, ce maître de rigueur.

Il n’analyse pas la forme des nuages,
Il retient tous les noms, mais pas tous les visages,
Il sait neutraliser ce qui lui sert de coeur.

[Lien vers ce commentaire]

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