Melin de Saint-Gelais


«Par l’ample mer, loin des ports et arènes»


 

Treizain


Par l’ample mer, loin des ports et arènes
S’en vont nageant les lascives sirènes
En déployant leurs chevelures blondes,
Et de leurs voix plaisantes et sereines,
Les plus hauts mâts et plus basses carènes
Font arrêter aux plus mobiles ondes,
Et souvent perdre en tempêtes profondes ;
Ainsi la vie à nous si délectable
Comme sirène affectée et muable,
En ses douceurs nous enveloppe et plonge,
Tant que la Mort rompe aviron et câble,
Et puis de nous ne reste qu’une fable,
Un moins que vent, ombre, fumée et songe.
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 30 mars 2020 à 14h51

Gisant
---------

Depuis ma couche, dans la salle souterraine,
J’entends monter le cri lointain d’une sirène.
Autour de moi, parmi les corps qui se morfondent,
Inertes, dévastés, inhalant à grand’peine,
Le mal balance, affreux, sa gueule de murène.
Pour moi, dorénavant, il n’y a plus au monde
Que les yeux désolés d’une infirmière blonde
Qui m’offre, malgré tout, quelques mots charitables,
M’inspirant un dernier souhait inavouable.
Mais si la Faculté, tenace, me prolonge
Vers une aube dont la perspective m’accable,
La Faucheuse m’adresse un sourire ineffable
Et le virus haï me bouffe les éponges.

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Déposé par Cyorane- le 30 mars 2020 à 19h04

Jadis ?  
Je ne sais qui tu es  
Juste que j’apprécie ta poésie,
J’espère que tu n’es pas malade du Covid-
Et que ton esprit farceur
a fusionné avec tes rimes fiévreuses
En exercice de style issu de ton ennui

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Déposé par Jadis le 30 mars 2020 à 21h21

Merci de ta sollicitude, pas d’inquiétude pour le moment, je vis confiné... C’était juste un subit accès d’empathie, je suppose. Bon, apparemment je vais devoir changer de registre (et moins écouter les infos). Bon courage à tou(te)s.

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