Musset

[Poésies posthumes]



À Georges Sand


Puisque votre moulin tourne avec tous les vents,
Allez, braves humains, où le vent vous entraîne ;
Jouez, en bons bouffons, la comédie humaine ;
Je vous ai trop connus pour être de vos gens.
 
Ne croyez pourtant pas qu’en quittant votre scène,
Je garde contre vous ni colère ni haine,
Vous qui m’avez fait vieux peut-être avant le temps ;
Peu d’entre vous sont bons, moins encor sont méchants.
 
Et nous, vivons à l’ombre, ô ma belle maîtresse,
Faisons-nous des amours qui n’aient pas de vieillesse ;
Que l’on dise de nous, quand nous mourrons tous deux :
 
Ils n’ont jamais connu la crainte ni l’envie ;
Voilà le sentier vert où, durant cette vie,
En se parlant tout bas, ils souriaient entre eux.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 23 novembre 2018 à 12h19

Moulin du tsar
------------------

Le tsar, maître du monde, il est seigneur du vent  ;
Quant à nous, qui allons où le vent nous entraîne,
Nous portons bravement notre nature humaine,
Nous, les simples mortels, nous, les petites gens.

Le tsar possède un grand moulin dans son domaine
Où nous portons le blé au long de la semaine,
Tout ce que nous avons, et quel que soit le temps ;
Le tsar donne du pain, car il n’est pas méchant.

Il donne la brioche à ses belles maîtresses,
Paysannes du coin qui charment sa vieillesse ;
Créateur et Démon le bénissent tous deux.

Aux ennemis du tsar le moulin fait envie,
Car ils n’ont jamais eu, de toute cette vie,
Que du mauvais pain noir qu’ils partagent entre eux.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 18 novembre 2021 à 12h23

Moulin de Baba Yaga
---------------

Je tourne par magie quand ne souffle aucun vent,
Jamais d’autres moulins ne prirent cette peine ;
J’agis pour contenter ma maîtresse inhumaine,
Plus qu’un moulin, je suis un chevalier servant.

Les démons volontiers visitent ce domaine,
Ils viennent boire ici presque chaque semaine ;
Mon oreille est charmée à l’écho de leurs chants,
Je ne suis pas de ceux qui les trouvent méchants.

Il m’arriva jadis d’aimer une diablesse ;
J’évoque sa mémoire, au seuil de ma vieillesse,
Maintenant nous pouvons en rire tous les deux.

Dans ce domaine-là, mes soifs sont assouvies ;
D’un moulin je ne sais combien dure la vie,
Mais ce doute jamais ne me rend cafardeux.

[Lien vers ce commentaire]

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