Émile Nelligan


Les Carmélites


 
Parmi l’ombre du cloître elles vont solennelles,
Et leurs pas font courir un frisson sur les dalles,
Cependant que du bruit funèbre des sandales
Monte un peu la rumeur chaste qui chante en elles.
 
Au séraphique éclat des austères prunelles
Répondent les flambeaux en des gammes modales ;
Parmi le froid du cloître elles vont solennelles,
Et leurs pas font des chants de velours sur les dalles.
 
Une des leurs retourne aux landes éternelles
Trouver enfin l’oubli du monde et des scandales
Vers sa couche de mort, au fond de leurs dédales
C’est pourquoi, cette nuit, les nonnes fraternelles
Dans leur cloître longtemps ont marché solennelles.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 29 octobre 2019 à 11h49

Sanctissima crux
----------------------

Ce sont deux beaux poissons, ce ne sont pas deux planches,
C’est la croix que je vois sur le mur du couvent.
Le fils du charpentier leur a parlé souvent
Quand il marchait sur l’eau, tout seul, à l’aube blanche.

Heureux comme l’oiseau qui chante sur sa branche,
Ces poissons immortels tout le jour vont rêvant ;
Tombe sur eux la pluie, souffle sur eux le vent,
Jamais il ne craindront l’éclair ni l’avalanche.

Ils vivent dans la paix, puisque leur coeur est droit,
Leur entrelacement représente la Croix
Que chanta le rhapsode ainsi que le trouvère.

Or, j’ai de l’amitié pour ces poissons pensifs,
Avec eux, je suis loin du monde convulsif ;
Et je crains un peu moins l’approche du calvaire.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Vincent le 4 novembre 2019 à 09h29

La novice et le bûcheron


Elle avait pour projet de monter sur les planches,
Avant que son père, ne la mît au couvent.
Aussi, elle cachait, le soir, le plus souvent,
Un torrent de larmes, sous sa cornette blanche.

Comme elle était au bois, pour ramasser des branches,
Un jeune bûcheron, la découvrit, rêvant,
Allongée sur le sol, les cheveux dans le vent,
À l’instar des feuilles tombant en avalanche.

La none lui donna, de l’effeuiller, le droit,
L’inconnu commença par lui ôter sa croix,
Quelques douceurs plus tard, les amants se trouvèrent.

Il restèrent côte à côte, un long moment, pensifs,
Usés et enchantés par ce temps convulsifs,
Puis elle lui conta son terrible calvaire.


https://misquette.wordpress.com/2019/11/04/la-novice-et-le-bucheron/

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Déposé par Alexandrin le 4 novembre 2019 à 12h04

Elle avait pour projet de monter sur les planches,
Avant que son pèrEU, ne la mît au couvent.
Aussi, elle cachait, le soir, le plus souvent,
Un torrent de larmeu, sous sa cornette blanche.

Comme elle était au bois, pour ramasser des branches,
Un jeune bûcheron, la découvrit, rêvant,
Allongé’ sur le sol, les cheveux dans le vent,
À l’instar des feuilleu tombant en avalanche.

La nonne lui donna, de l’effeuiller, le droit,
L’inconnu commença par lui ôter sa croix,
Quelques douceurs plus tard, les amants se trouvèrent.

Ils restèr’nt côte à côte, un long moment, pensifs,
Usés et enchantés par ce temps convulsifs,
Puis elle lui conta son terrible calvaire.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Vincent le 4 novembre 2019 à 16h58

La règle du – e – muet
À l’intérieur d’un vers, on compte la syllabe qui se termine par un « e » muet si la syllabe suivante commence par une consonne, on ne la compte pas si la syllabe suivante commence par une voyelle. À la fin d’un vers, on ne compte jamais le « e » muet.

On trouve cela dans tous les traités de versifications. Pour restèrent, par contre, j’ai modifié, j’ai même changé toute la fin, mais je ne suis pas sûr d’avoir bien fait, qu’en dites-vous Alexandrin svp ?

Ils restèrent enlassés, un long moment, pensifs,
Tout autant qu’alanguis, par leur jeu convulsif,
Puis elle lui confia son terrible calvaire.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Alexandrin le 4 novembre 2019 à 20h18

Une règle que certains ignorent : Un alexandrin est généralement divisé en deux hémistiches et la syllabe 6 ne peut être un e muet... Mais cf. la page que je mets en lien !

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Déposé par Esprit de celle le 4 novembre 2019 à 20h52

Si on zappait la règle
Si on râpait les mots
Si on coupait espiègle
Pierrette et tous ses maux . .

Christian je te vois donner 1 purge de vers à ce cher Vincent . . vivons céans au présent -  

Ps : Pierrette la blasonneuse bien sur.

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Déposé par Vincent le 4 novembre 2019 à 23h39

Je n’aime pas cette règle, je vais devoir recommencer. Merci de me l’avoir signalée. Je n’aime pas non plus ce "cher", j’y vois de la condescendance et puis je ne comprends pas la moitié de ce que vous dites. C’est abs/con. La césure tombe à pic. Tout cela pour plaisanter, je n’ai pas le cœur à pleurer, ce soir en tous cas. Bonne soirée

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Déposé par Jadis le 5 novembre 2019 à 09h57

Je souscris totalement aux remarques d’Alexandrin, à la réserve près qu’outre les alexandrins "classiques" (6 + 6), ’il existe aussi des alexandrins dits "romantiques" (4 + 4 + 4), et même d’autres qui ignorent carrément la césure, ou la traitent librement.

Ici, pour rester classique, au lieu de :
Avant que son pèrEU ne la mît au couvent.

vous pourriez écrire par exemple :
Mais son père l’avait, hélas ! mise au couvent.

Dans ce cas la césure tombe après "l’avait", et l’alexandrin est correct. Le -e muet final de "mise" ne pose par ailleurs pas de problème puisqu’il est suivi d’une voyelle.

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Déposé par Vincent le 5 novembre 2019 à 10h26

J’ai pris bonne note des remarques qu’Alexandrin et Jadis ont eut la bonté de me faire, je dis cela sans ironie, aucune, elles me permettent de progresser. Voici le résultat, si il suscite d’autre commentaires, je suis preneur.


La none et le bûcheron


Elle se destinait à monter sur les planches,
Mais sont père à voulu qu’elle rentre au couvent.
Aussi, elle cachait, le soir, le plus souvent,
Des cascades de pleurs, sous sa cornette blanche.

Comme elle était au bois, pour ramasser des branches,
Un jeune bûcheron, la découvrit, rêvant,
Allongée sur le sol, les cheveux dans le vent ;
À sa grande beauté, il ne fut pas étanche.

La none lui donna, de l’effeuiller, le droit,
L’inconnu commença par lui ôter sa croix,
Quelques douceurs plus tard, les amants se trouvèrent.

Ils restèrent enlacés, un long moment, pensifs,
Tout autant qu’alanguis, par leur jeu convulsif,
Puis elle lui conta son terrible calvaire.

[Lien vers ce commentaire]

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