Émile Nelligan


Les Corbeaux


 
J’ai cru voir sur mon cœur un essaim de corbeaux
En pleine lande intime avec des vols funèbres,
De grands corbeaux venus de montagnes célèbres
Et qui passaient au clair de lune et de flambeaux.
 
Lugubrement, comme en cercle sur des tombeaux
Et flairant un régal de carcasses de zèbres,
Ils planaient au frisson glacé de nos ténèbres,°
Agitant à leurs becs une chair en lambeaux.
 
Or, cette proie échue à ces démons des nuits
N’était autre que ma Vie en loque, aux ennuis
Vastes qui vont tournant sur elle ainsi toujours,
 
Déchirant à larges coups de bec, sans quartier,
Mon âme, une charogne éparse au champ des jours,
Que ces vieux corbeaux dévoreront en entier.
 
____
° var : Ils planaient au frisson glacé de mes vertèbres,

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 10 novembre 2017 à 11h46

Pigeon-corbeau
--------------

Ce pigeon délirant se prend pour un corbeau,
Il en a pris l’allure et le rire funèbre ;
Il vole un camembert, comme un héros célèbre
Dont il dit qu’il voudrait reprendre le flambeau.

Aucun renard, pourtant, ne vient près des tombeaux
Où voulut s’établir notre drôle de zèbre ;
Le porteur de fromage est seul dans les ténèbres,
À surveiller sa proie dont il mange un lambeau.

Or, véritablement, ce pigeon nous instruit :
Rien n’est jamais certain, pas même les ennuis,
Le destin ne joue pas deux fois la même farce.

Du camembert bien mûr il reprend un quartier,
Dépourvu d’adversaire et privé de comparse ;
Et puis il finit par le manger tout entier.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 14 novembre 2018 à 22h44

Ambirapace de pourpre et d’or
-------------------------------

Il voudrait devenir un noir ambicorbeau ;
Car il aime surtout les contextes funèbres ;
Puis, il dévorerait des personnes célèbres
Qui de l’humanité ont porté le flambeau.

Or, moi, quand je le vois planer près des tombeaux,
Je dis : «Ce prédateur est un drôle de zèbre,
Un cousin du hibou volant dans les ténèbres,
De mon propre cadavre, il ferait des lambeaux.»

Ses augustes parents l’ont vainement instruit ;
Mais d’un tel descendant, ils n’ont que des ennuis,
Le destin, semble-t-il, leur a fait une farce.

De l’ambicamembert, s’il voulait un quartier,
Rien ne lui donnerait l’ambirenarde, garce
Qui, sans tergiverser, le mange tout entier.

[Lien vers ce commentaire]

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