Nerval


Prière de Socrate


 
Ô toi, dont le pouvoir remplit l’immensité,
Suprême ordonnateur de ces célestes sphères,
Dont j’ai voulu jadis, en ma témérité,
Calculer les rapports et sonder les mystères ;
Esprit consolateur, reçois du haut du ciel
              L’unique et pur hommage
D’un des admirateurs de ton sublime ouvrage,
Qui brûle de rentrer en ton sein paternel !
 
Un peuple entier, guidé par un infâme prêtre,
Accuse d’être athée, et rebelle à la foi,
Le philosophe ardent, qui seul connaît ta loi,
              Et bientôt cesserait de l’être,
              S’il doutait un moment de toi.
 
Eh ! comment, voyant l’ordre où marche toute chose,
Pourrais-je, en admirant ces prodiges divers,
Cet éternel flambeau, ces mondes et ces mers,
En admettre l’effet, en rejeter la cause ?
 
Oui, grand Dieu, je te dois le bien que j’ai goûté,
              Et le bien que j’espère ;
À m’appeler ton fils j’ai trop de volupté
              Pour renier mon père.
 
Mais qu’es-tu cependant, être mystérieux ?
Qui jamais osera pénétrer ton essence,
Déchirer le rideau qui te cache à nos yeux,
Et montrer au grand jour ta gloire et ta puissance ?
 
Sans cesse dans le vague, on erre en te cherchant,
Combien l’homme crédule a rabaissé ton être !
Trop bas pour te juger, il écoute le prêtre,
Qui te fait, comme lui, vil, aveugle et méchant.
 
Les imposteurs sacrés, qui vivent de ton culte,
Te prodiguent sans cesse et l’outrage et l’insulte ;
Ils font de ton empire un éternel enfer,
Te peignent, gouvernant de tes mains souveraines
Un stupide ramas de machines humaines,
              Avec une verge de fer.
 
À te voir de plus près en vain il veut prétendre ;
Le sage déraisonne en croyant te comprendre,
              Et, d’après lui seul te créant,
En vain sur une base, il t’élève, il te hausse : —
Mais son être parfait n’est qu’un homme étonnant,
              Et son Jupiter un colosse.
 
Brûlant de te connaître, ô divin créateur !
J’analysai souvent les cultes de la terre,
Et je ne vis partout que mensonge et chimère :
Alors, abandonnant et le monde et l’erreur,
Et cherchant pour te voir une source plus pure,
J’ai demandé ton nom à toute la nature,
Et j’ai trouvé ton culte en consultant mon cœur.
 
Ah ! ta bonté, sans doute, approuva mon hommage,
Puisqu’en toi j’ai goûté le plaisir le plus pur ;
Qu’en toi, pour expirer, je puise mon courage
              Dans l’espoir d’un bonheur futur !
Réveillé de la vie, en toi je vais renaître.
À tous mes ennemis je pardonne leurs torts,
Et, puisque je me crois digne de te connaître,
Je descends dans ton sein, sans trouble et sans remords.
 

Commentaire (s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Dеubеl : Détrеssе

Viviеn : Dеvаnt lе соuсhаnt

Viviеn : Lа Соnquе

Vеrlаinе : Соllоquе sеntimеntаl

Βrulé : «Ρоur mаl tеmps ni pоur gеléе...»

Dеsсhаmps : «Jе dеviеns соurbеs еt bоssu...»

Αndré Sаlmоn

Μас Οrlаn : Lе Μаnègе d’аérоplаnеs

Dеsсhаmps : Ρlаintеs d’аmоurеuх

Τоulеt : «Сеt huissiеr, qui јеtаit, l’été...»

☆ ☆ ☆ ☆

Νаvаrrе : «J’аimе unе аmiе еntièrеmеnt pаrfаitе...»

Соppéе : Désir dе glоirе

Hugо : «Ιl lui disаit : Vоis-tu, si tоus dеuх nоus pоuviоns...»

*** : Dаns lеs fоrtifs

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Ρаris vаissеаu dе сhаrgе (Ρéguу)

De Jаdis sur «Ρаr l’аmplе mеr, lоin dеs pоrts еt аrènеs» (Sаint-Gеlаis)

De Τhundеrbird sur Lе Ρоètе соntumасе (Соrbièrе)

De Μаgélаnt sur Αiguillеs dе саdrаn (Sаint-Ρоl-Rоuх)

De Сосhоnfuсius sur «Lа viе humblе аuх trаvаuх еnnuуеuх еt fасilеs...» (Vеrlаinе)

De Сосhоnfuсius sur Εllе еt lui (Αutrаn)

De Jаdis sur Αuх mоrts (Lесоntе dе Lislе)

De Соttinеаu sur Μа dаnsе (Сеndrаrs)

De Jаdis sur Ρаlmе (Vаlérу)

De Vinсеnt sur Lе Μоrt јоуеuх (Βаudеlаirе)

De Simоn Hоаrаu sur Sсаrbо : «Οh ! quе dе fоis је l’аi еntеndu еt vu...» (Βеrtrаnd)

De Εsprit dе сеllе sur L’Éсоlе buissоnnièrе (Durосhеr)

De ΜаdаmеСоnnаssе sur Сhаpеllе dе lа mоrtе (Νеlligаn)

De Сurаrе- sur «Lе sоn du соr s’аffligе vеrs lеs bоis...» (Vеrlаinе)

De Τutus ΙΙ bis sur Vénus Αnаdуоmènе (Rimbаud)

De Сurаrе- sur «Jе vоguе sur lа mеr, оù mоn âmе сrаintivе...» (Gоmbаud)

De Сurаrе- sur Lе Vœu (Hеrеdiа)

De hiаtus sur Ρоur lе Vаissеаu dе Virgilе (Hеrеdiа)

De Ιхеu.е sur À l’inассеssiblе (Rоllinаt)

De Vinсеnt sur Un Ρеintrе (Hеrеdiа)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе