Charles d’Orléans



Le lendemain du premier jour de mai,
Dedans mon lit ainsi que je dormaie,
Au point du jour m’avint que je songeai
Que devant moi une fleur je voyaie,
Qui me disait : Ami, je me soulaie
En toi fier, car piéça mon parti
Tu tenaies ; mais mis l’as en oubli
En soutenant la feuille contre moi.
J’ai merveille que tu veux faire ainsi :
Rien n’ai méfait, ce pensè-je, vers toi.
 
Tout ébahi alors je me trouvai ;
Si répondis au mieux que je savaie :
Très belle fleur, oncques je ne pensai
Faire chose qui déplaire te doie ;
Se pour ébat aventure m’envoie
Que je serve la feuille cet an-ci,
Dois-je pour tant être de toi banni ?
Nenni ! certes, je fais comme je dois.
Et se je tiens le parti qu’ai choisi,
Rien n’ai méfait, ce pensè-je, vers toi.
 
Car non pour tant honneur te porterai
De bon vouloir, quelque part que je soie,
Tout pour l’amour d’une fleur que j’aimai
Au temps passé. Dieu doint que je la voie
En paradis, après ma mort, en joie !
Et pour ce, fleur, chèrement je te prie :
Ne te plains plus, car cause n’as pourquoi,
Puisque je fais ainsi que tenu suis.
Rien n’ai méfait, ce pensè-je, vers toi.
 
 

ENVOI


 
La vérité est telle que je dis,
J’en fais juge Amour, le puissant roi.
Très douce fleur, point ne te cri merci,
Rien n’ai méfait, ce pensè-je, vers toi.
 

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