Charles Péguy

La Tapisserie de Notre-Dame, 1913


Paris vaisseau de charge


 
Double vaisseau de charge aux deux rives de Seine,
Vaisseau de pourpre et d’or, de myrrhe et de cinname,
Vaisseau de blé, de seigle, et de justesse d’âme,
D’humilité, d’orgueil, et de simple verveine ;
 
Nos pères t’ont comblé d’une si longue peine,
Depuis mille et mille ans que tu viens à la lame,
Que nulle cargaison n’est si lourde à la rame,
Et que nul bâtiment n’a la panse aussi pleine
 
Mais nous apporterons un regret si sévère,
Et si nourri d’honneur, et si creusé de flamme,
Que le chef le prendra pour un sac de prière,
 
Et le fera hisser jusque sous l’oriflamme,
Navire appareillé sous Septime Sévère,
Double vaisseau de charge aux pieds de Notre Dame.
 

Commentaire (s)
Déposé par N ytäï Khalil le 27 mai 2013 à 14h48

       Commentaire littéraire        


Impression de lecture :        

Nos premières impressions étaient plutôt bonnes par rapport à ce texte. Les éléments stylistiques subtils mais toutefois révélateurs donne au poème tous son charme qui ne se dévoile pas à la prmière lecture. Accessible à tout le monde si l’on se donne la peine de se plonger dans l’univers de l’auteur, Charles Peguy.

Résumé du dit :

Deux vaisseaux se distinguant par leurs différences de valeurs matériels, l’un chargé de « pourpre et d’or, de myrrhe et de cinname » et l’autre de « blé, de seigle, et de justesse d’âme, d’humilité, d’orgueil, et de simple verveine », sont aux deux rives de la Seine et se retrouvent au pied de Notre-Dame.

Répérage d’éléments de style :

Ce poème, écrit par Charles Peguy, est riche de procédés stylistiques et peut amener à un nombres d’interprétations différentes.
Le premier élément stylistique saute aux yeux. Les deux bateaux décrit dans la première strophe représente, par leur différence de biens matérielles, les deux différentes classes sociales. Le bateau comportant de l’or, du myrrhe et d’autre biens de valeurs symbolise la classe sociales aisée, les bourges. Le deuxième, symbolise une classe social plus modeste.
En lisant plus attentivement la deuxième strophe, on peut comprendre le message que l’auteur y a caché. « Nos pères », qui introduit Dieu, qu’importe lequel, nous a « comblé d’une si longue peine », qui, le lecteur peut aisément le deviner, la vie. Cette même vie où l’on « Depuis mille et mille ans que tu viens à la lame ». Dans ce vers, Charles Peguy veut faire comprendre au lecteur son idée de la vie qui est une sorte de combat constant, symboliser ici par « la lame », partie d’une épée ou d’un sabre qui amène tout de suite à penser à un combat, une bataille. C’est aussi cette même vie qui « n’est si lourde à la rame »  et qui « n’a la panse aussi pleine » . Expression amènant à l’idée que, bien qu’il faut énormément d’ardeur pour avancer dans la vie à coup de « rame »  , la vie est remplie d’évenement pouvant amener du bonheur, du malheur, nombres de sentiments comme l’amour, l’amitié et tant d’autres, ce qui fait que rien « n’a la panse aussi pleine ».

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 3 mars 2015 à 14h59

Nef d’argent
--------------

Une nef invisible avance sur la Seine.
Seul, un très vieux rêveur voit son reflet d’argent
Et le moine en un livre à la proue se plongeant ;
Or, le nom de la nef est « Songe de Vincennes ».

D’argent aussi s’envole une mouette sereine,
Avec sa soeur de sable un regard échangeant ;
Un astre inframondain, que ne voient pas les gens,
Tire de son sommeil l’invisible sirène.

Le navire parcourt les âges disparus,
Les beaux jours parisiens qu’on ne reverra plus,
Mais que conserve au chaud un vestige de flamme.

Le moine lit des mots dans l’air frais du matin,
Qu’écrivit un abbé du vieux Quartier Latin ;
Il ne voit pas très bien, il lit avec son âme.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 31 mars 2020 à 12h18

Oiseaux presque imperceptibles
----------------------

Un détail invisible agrémente la scène
Où figurent aussi des nuages d’argent ;
Peut-être des oiseaux dans l’azur vont plongeant,
Phénomène déjà décrit par Avicenne.

Le ciel ne tremble point,l’atmosphère est sereine,
Il ne fait pas trop chaud, le temps n’est point changeant ;
L’un de l’autre éloigné se déplacent les gens
Et de même dans l’onde agissent les sirènes.

Nous ne regrettons pas nos plaisirs disparus,
Ni la brièveté des chemins parcourus ;
Le malheur finira, la guérison se trame.

Invisibles oiseaux dans l’air frais du matin,
Pline a parlé de vous dans un texte latin ;
Je vous devine un peu, j’entends chanter votre âme.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 6 août 2022 à 11h53

Nef de plomb
----------

Ce vaisseau appartient au plus puissant mécène,
Mais sa coque est de plomb, non de fer ni d’argent ;
Il flotte pourtant bien, ce qui surprend les gens,
Par bon vent de travers il remonte la Seine.

Auprès du capitaine, une dame sereine
Médite au gré de l’onde et du décor changeant ;
Quand le soleil décline, à ses amours songeant,
Elle écoute la voix de sa soeur la sirène.

Lorsque de telles nefs ne navigueront plus,
Plusieurs regretteront qu’elles aient disparu ;
Au musée l’on verra leurs rouges oriflammes.

Un marin retraité, buvant dès le matin,
Sur ce thème écrira quelques vers en latin ;
Des mots évocateurs, écrits avec son âme.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Ρizаn : «À qui dirа-t-еllе sа pеinе...»

Sаint-Αmаnt : «Jе viеns dе rесеvоir unе bеllе missivе...»

Αubеspinе : Lе luth

Rасаn : Stаnсеs sur lа rеtrаitе

Du Βеllау : «Ô Ρrisоn dоuсе, оù саptif је dеmеurе...»

Gаutiеr : Lе Βаnс dе piеrrе

Sigоgnе : «Εllе а bеаuсоup dе l’аir d’unе аntiquе mаrоttе...»

Sigоgnе : «Vоtrе têtе rеssеmblе аu mаrmоusеt d’un sistrе...»

Rоnsаrd : «Lе Sоlеil l’аutrе јоur sе mit еntrе nоus dеuх...»

Μаrоt : «Jоuissаnсе vоus dоnnеrаi...»

☆ ☆ ☆ ☆

Μаrbеuf : «Βеаuх уеuх оù luisеz-vоus, mеs sоlеils quе ј’аdоrе...»

Viviеn : «Τu gаrdеs dаns tеs уеuх lа vоlupté dеs nuits...»

Μаrоt : Dе l’Αbbé еt dе sоn Vаlеt

Μаrоt : «Νе sаis соmbiеn lа hаinе еst durе...»

Viviеn : Ρоèmе d’аmоur

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Ιntériеur (Vеrlаinе)

De Сосhоnfuсius sur «Rêvаnt pаrmi сеs bоis, је vоis s’еntrеbаisеr...» (Αubеspinе)

De Сосhоnfuсius sur Lеs Frèrеs аînés (Lа Villе dе Μirmоnt)

De Jаdis sur Sur quеlquеs mаuvаisеs mаnièrеs dе pаrlеr (Μаrоt)

De Сосhоnfuсius sur «Се rusé Саlаbrаis tоut viсе, quеl qu’il sоit...» (Du Βеllау)

De Ρаsquеlin sur «Τu gаrdеs dаns tеs уеuх lа vоlupté dеs nuits...» (Viviеn)

De Сurаrе- sur Lе Dоnјоn (Rоllinаt)

De Сhristiаn sur «Ô Ρèrе dоnt јаdis lеs mаins industriеusеs...» (Lа Сеppèdе)

De Ιо Kаnааn sur «Соmmе lе mаriniеr, quе lе сruеl оrаgе...» (Du Βеllау)

De Ιо Kаnааn sur «Ô Ρrisоn dоuсе, оù саptif је dеmеurе...» (Du Βеllау)

De Vinсеnt sur «Rоssignоl, rоi dеs bоis, vоus, tоurtrе sоlitаirе...» (Ρаssеrаt)

De Xi’Αn sur «Lе Sоlеil l’аutrе јоur sе mit еntrе nоus dеuх...» (Rоnsаrd)

De Αlех Sаndrin sur «Μаrаud, qui n’еs mаrаud quе dе nоm sеulеmеnt...» (Du Βеllау)

De Сurаrе- sur «Qu’оn m’аrrасhе lе сœur, qu’оn mе fаssе еndurеr...» (Dеspоrtеs)

De Jаdis sur Βоuts rimés (Sсhwоb)

De Сrасhеtоnmuсus sur «Si pаr pеinе еt suеur еt pаr fidélité...» (Du Βеllау)

De Сurаrе- sur Lа Μusе Vénаlе (Βаudеlаirе)

De Сésаr Βistruklа sur «Lеs еsсаdrоns аilés du сélеstе pоurpris...» (Lа Сеppèdе)

De Jаdis sur Lа Βеrgе (Μérаt)

De Соnсоurs Lépinе sur L’Égоïstе (Sсhwоb)

De Xi’аn sur Lа Μоrt еt lе Μаlhеurеuх. Lа Μоrt еt lе Βûсhеrоn (Lа Fоntаinе)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе