Alexis Piron


Ode à Priape


 
Foutre des neuf garces du Pinde,
Foutre de l’amant de Daphné,
Dont le flasque vit ne se guinde,
Qu’à force d’être patiné :
C’est toi que j’invoque à mon aide,
Toi qui dans les cons, d’un vit raide,
Lance le foutre à gros bouillons ;
Priape soutiens mon haleine,
Et pour un moment dans ma veine,
Porte le feu de tes couillons.
 
Que tout bande, que tout s’embrase ;
Accourez putains et ribauds :
Que vois-je ?... Où suis-je... Ô douce extase !...
Les cieux n’ont pas d’objets si beaux.
Des couilles en bloc arrondies,
Des cuisses fermes et bondies,
Des bataillons de vits bandés,
Des culs ronds sans poils et sans crottes,
Des cons, des tétons et des mottes,
D’un torrent de foutre inondés.
 
Restez adorables images,
Restez à jamais sous mes yeux ;
Soyez l’objet de mes hommages,
Mes législateurs et mes dieux :
Qu’à Priape on élève un temple
Où jour et nuit l’on vous contemple,
Au gré des vigoureux fouteurs ;
Le foutre y servira d’offrandes,
Les poils de couilles de guirlandes,
Les vits de sacrificateurs.
 
Aigle, baleine, dromadaire,
Insecte, animal, homme, tout,
Dans les cieux, sous l’eau, sur la terre,
Tout nous annonce que l’on fout :
Le foutre tombe comme grêle,
Raisonnable ou non, tout s’en mêle,
Le con met tous les vits en rut :
Le con du bonheur est la voie,
Dans le con gît toute la joie,
Mais hors du con point de salut.
 
Quoique plus gueux qu’un rat d’église,
Pourvu que mes couillons soient chauds,
Et que le poil de mon cul frise,
Je me fous du reste en repos.
Grands de la terre l’on se trompe,
Si l’on croit que de votre pompe
Jamais je puisse être jaloux :
Faites grand bruit, vivez au large ;
Quand j’enconne et que je décharge,
Ai-je moins de plaisirs que vous ?
 
Que l’or, que l’honneur vous chatouille,
Sots avares, vains conquérants ;
Vivent les plaisirs de la couille !
Et foutre des biens et des rangs.
Achille aux rives du Scamandre,
Pille, détruit, met tout en cendres ;
Ce n’est que feu, que sang, qu’horreur :
Un con paraît, passe-t-il outre ?
Non, je vois bander mon jean-foutre ;
Le héros n’est plus qu’un fouteur.
 
De fouteurs la fable fourmille :
Le soleil fout Leucothoé,
Cynire fout sa propre fille,
Un taureau fout Pasiphaé ;
Pygmalion fout sa statue,
Le brave Ixion fout la nue ;
On ne voit que foutre couler :
Le beau Narcisse pâle et blême,
Brûlant de se foutre lui-même,
Meurt en tachant de s’enculer.
 
Socrate, direz-vous, ce sage,
Dont on vante l’esprit divin,
Socrate a vomi peste et rage,
Contre le sexe féminin :
Mais pour cela le bon apôtre,
N’en n’a pas moins foutu qu’un autre ;
Interprétons mieux ses leçons :
Contre le sexe il persuade ;
Mais sans le cul d’Alcibiade,
Il n’eût pas tant médit des cons.
 
Mais voyons ce brave cynique,
Qu’un bougre a mis au rang des chiens,
Se branler gravement la pique,
À la barbe des Athéniens :
Rien ne l’émeut, rien ne l’étonne ;
L’éclair brille, Jupiter tonne,
Son vit n’en est point démonté ;
Contre le ciel sa tête altière,
Au bout d’une courte carrière,
Décharge avec tranquillité.
 
Cependant Jupin dans l’Olympe,
Perce des culs, bourre des cons ;
Neptune au fond des eaux y grimpe,
Nymphes, sirènes et tritons ;
L’ardent fouteur de Proserpine,
Semble dans sa couille divine,
Avoir tout le feu des enfers :
Amis, jouons les mêmes farces ;
Foutons tant que le con des garces
Nous foute enfin l’âme à l’envers.
 
Tysiphone, Alecto, Mégère,
Si l’on foutait encor chez vous,
Vous Parques, Caron et Cerbère,
De mon vit vous tâteriez tous :
Mais puisque par un sort barbare,
On ne bande plus au Ténare,
Je veux y descendre en foutant ;
Là, mon plus grand tourment, sans doute,
Sera de voir que Pluton foute,
Et de n’en pouvoir faire autant.
 
Redouble donc tes infortunes,
Sort, foutu sort, plein de rigueur ;
Ce n’est qu’à des âmes communes
À qui tu peux foutre malheur :
Mais la mienne que rien n’alarme,
Plus ferme que le vit d’un carme,
Se rit des maux présents, passés :
Qu’on m’abhorre, qu’on me déteste,
Que m’importe ? mon vit me reste ;
Je bande, je fous, c’est assez.
 

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