Raoul Ponchon

La Muse Gaillarde


Concours de beauté


             
Venez çà, petites chéries
De lys et de roses pétries
Et de chair aussi, Dieu merci.
Accourez, fluettes et rondes,
Les rousses, les brunes, les blondes,
Venez les châtaines aussi.
 
Les Mélissindes, les Dianes,
Émiliennes et Lianes,
Les Otéros, pour qui je meurs,
Les Juliettes, les Mireilles,
Et les esthètes sans oreilles,
Et les fruits mûrs et les primeurs ;
 
Venez, sirènes, sphinges, fées,
Horizontales, dégrafées,
Ô nos dames de volupté,
Demi-vierges, quart de pucelles,
Enfin, toutes celles et celles
Qui prétendent à la Beauté.
 
Mais déjà, chères amoureuses,
Je vous vois venir plus nombreuses
Que mes cheveux, quand j’en portais.
Seriez-vous donc toutes jolies
Et parfaitement accomplies,
Femmes ? eh bien, je m’en doutais.
 
Étoilant vos fines voilettes
Flambent vos yeux de violettes
Qui mettent nos cœurs en émoi,
Et votre bouche irrévocable
Défierait le meilleur vocable
Que je pourrais avoir sur moi.
 
Sur votre tête on voit éclore
Toute une lumineuse flore
Qui fait valoir votre douceur ;
Et quels beaux habits sont les vôtres !
On voit que les uns et les autres
Sortent de chez le bon faiseur.
 
Mais, mon Dieu, voilà bien du linge !
(Ponchon, taisez-vous, paillard singe)
Oui, bien du linge en vérité.
Je voudrais vous voir, ô statues,
Impérialement vêtues
De votre seule nudité.
 
Avez-vous peur d’être mal faites ?
Parbleu, ce sont là des défaites ;
S’il n’est d’impeccable beauté,
Je crois, et du fond de mon âme,
Que la plus discutable femme
Est belle par quelque côté.
 
Telle d’entre vous, par exemple,
Qui ne se montrera guère ample,
En la matière des nichons,
Ce qui d’ailleurs ne m’horripile,
Exhibera du côté pile
Deux excellents gros cabochons.
 
Telle autre brille par ses cuisses
Blanches comme des Alpes suisses,
Et rondes, et faites au tour,
Mais ne possède à mon service
Pour soutenir cet édifice
Que des baguettes de tambour...
 
Mais quoi ! avec ou sans chemise
Je vous trouve toujours bien mises,
Ô femmes ! zut pour les jurés !
Vous avez la grâce elle-même,
Je vous admire et je vous aime
Et vous m’aurez quand vous voudrez.
 

Commentaire (s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Τоulеt : «Сеttе frаîсhеur du sоir...»

Lаfоrguе : Соmplаintе dе l’оubli dеs mоrts

Lаfоrguе : Соmplаintе du fœtus dе pоètе

Lа Villе dе Μirmоnt : «Lоrsquе је t’аi соnnuе аuх Îlеs dе lа Sоndе...»

Ρоnсhоn : Ρаrtiе dе сhаssе

Jаmmеs : Lеs Νègrеs

☆ ☆ ☆ ☆

Sсhwоb : Βоuts rimés

Du Βеllау : «Jе nе tе priе pаs dе lirе mеs éсrits...»

Viviеn : «Ρаrlе-mоi, dе tа vоiх pаrеillе à l’еаu соurаntе...»

Ρоnсhоn : Сhаnsоn dе printеmps

Hеrvillу : Βuсоliquе Νоirе

Νоuvеаu : Αu muséе dеs аntiquеs

Hеrvillу : Sur lеs bоrds du Sаubаt

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Lа Сhаssе (Hеrеdiа)

De Сurаrе- sur «Vоуоns, d’оù viеnt lе vеrbе ?...» (Hugо)

De Сосhоnfuсius sur «Dеs trоis sоrtеs d’аimеr, lа prеmièrе ехpriméе...» (Jоdеllе)

De Сосhоnfuсius sur Lе Rеpоs еn Égуptе (Sаmаin)

De Vinсеnt sur Élоgе à lа јеunе fillе (Sеgаlеn)

De Dupаnlоup sur Ρаrtiе dе сhаssе (Ρоnсhоn)

De Сurаrе- sur «Μоn âmе а sоn sесrеt, mа viе а sоn mуstèrе...» (Αrvеrs)

De Сurаrе- sur Сhаnsоn : «Lе bаtеаu sеntаit lе thé...» (Dоminiquе)

De Ρiеrrе Lаmу sur Sisinа (Βаudеlаirе)

De Ρiеrrе Lаmу sur Μа Βоhèmе (Rimbаud)

De Ρiеrrе Lаmу sur Sоnnеt аu Lесtеur (Μussеt)

De Τhundеrbird sur Sur un tоmbеаu (Τristаn L'Hеrmitе)

De јоh.lisа sur Сirсоnspесtiоn (Vеrlаinе)

De Jаdis sur Sоlitudе (Siеfеrt)

De Jаdis sur Соmpаrаisоn du Ρhéniх (Jаmуn)

De Jаdis sur Stаnсеs sur mоn јаrdin dе Βоuсhеrvillе (Quеsnеl)

De Εsprit dе сеllе sur Ρоur un аmi (Sаintе-Βеuvе)

De Lеwis Ρ. Shаnks sur Lе Μаuvаis Μоinе (Βаudеlаirе)

De Lilith sur Τhérаpеutiquе (Μénаrd)

De Vinсеnt sur «Соmmе un соrps féminin...» (Ρаpillоn dе Lаsphrisе)

De Élеvеur sur Sоnnеt : «Ιl у а dеs mоmеnts оù lеs fеmmеs sоnt flеurs...» (Сrоs)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе