Claudius Popelin

Un livre de sonnets, 1888


Vieux marin, vieil artiste


 
Quand les vieux loups de mer, à bout de leurs voyages,
Reviennent au pays ployant un peu les reins,
Ils aiment à dresser, dans des sites marins,
Leur petite maison qu’ils ornent de treillages.
 
Là, devant l’Océan rayé par les sillages,
Tout à leur jardinet planté de romarins,
Un brûle-gueule aux dents, les braves mathurins
Cultivent des carrés bordés de coquillages.
 
Ainsi, lorsqu’il a fait son œuvre quarante ans,
L’artiste peut laisser à ceux d’un nouveau temps
Le péril de monter le vaisseau qu’on arrime.
 
Et c’est un grand bonheur si, pendant ses hivers,
Il est assez lettré pour cultiver la rime
Et tromper ses regrets dans le jardin des vers.

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 9 février 2019 à 12h01

Vieil ambiloup
-------------------

L’ambiloup décrépit ne fait aucun voyage,
Il prend des infusions pour débloquer ses reins ;
Il rêve à des trésors, à des monstres marins,
À des fiefs inconnus, à de lointains baillages.

Jadis, en maint endroit il laissa son sillage,
Même à Mittelbergheim, village du Bas-Rhin ;
Mais de rester chez lui le voilà tout serein,
Près d’une librairie qu’il peut mettre au pillage.

Il a depuis longtemps dépassé soixante ans,
Il peut même employer des mots de l’ancien temps,
C’est avec naturel, ce n’est pas pour la frime.

La dernière saison de l’âge, c’est l’hiver :
Un temps pour s’amuser avec deux ou trois rimes,
Évoquer le passé, narrer sa vie en vers.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Charlus Populaire le 24 avril 2019 à 08h11

Quand les vieux loups de mer, les hommes d"équipage,
Reviennent au pays, vastes oiseaux des mers,
Ils aiment à dresser, compagnons de voyage,
Leur petite maison près des gouffres amers.

Là, devant l’Océan, déposés sur les planches,
Tout à leur jardinet, maladroits et honteux,
Un brûle-gueule aux dents, leurs grandes ailes blanches
Cultivent des carrés traînés à côté d’eux.

Ainsi, lorsqu’il a fait l’infirme qui volait,
L’artiste peut laisser au milieu de huées,
Le péril de monter au prince des nuées

Et c’est un grand bonheur : quoique comique et laid,
Il est assez lettré et se rit de l’archer,
Et trompe les regrets l’empêchant de marcher.

[Lien vers ce commentaire]

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