François Porché

Au loin, peut-être..., 1909



Une chambre d’hôtel, la nuit, à Varsovie.
 
Il est de ces moments, quelquefois, où la vie
Montre tant de mystère et de solennité
Qu’autour de soi l’on sent bayer l’Éternité.
La minute présente et les maux que l’on souffre
Sont là comme une planche étroite sur un gouffre,
Et la planche bascule à chacun de nos pas.
Cet homme dont je vois les paupières rougies
Dans la glace et qui veille entre ces deux bougies,
Cet homme est moi, me dis-je, et je ne comprends pas.
Je regarde longtemps mes mains avec surprise :
Songer que je suis là, vivant, que le parquet
Sous le poids de mon corps, tout à l’heure, craquait,
N’est-ce pas une énigme où la raison se brise ?
Voyons, ne perdons pas la tête. — Eh bien ! François,
Quelle folie as-tu de douter que tu sois ?
Que te faut-il de plus que ton cœur pour le croire ?
As-tu donc oublié toute ta pauvre histoire ?
 
— Ô passé de malchance et de tristes amours,
Si le vent du côté de l’abîme m’emporte,
Déroule jusqu’à moi la chaîne de tes jours !
Lève-toi, ma douleur, dis que tu n’es pas morte !
Larmes dont j’ai les yeux encore tout brûlés,
Pour la seconde fois, dans mon âme, coulez !
Ne formez qu’une seule et bienfaisante pluie,
Tous ensemble, ô mes pleurs de jadis et d’hier,
Pleurs de l’enfant que vite une main tendre essuie,
Pleurs de l’homme, eau cuisante et pareille à la mer !
Que serais-je sans toi, chère vieille souffrance ?
Lorsque mon cœur s’égare, est-ce dans l’espérance
Qu’il se retrouverait si tu disparaissais ?
Hors toi, qu’ai-je de sûr et qu’est-ce que je sais ?
 

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