Alexandre Privat d’Anglemont

in Le Corsaire-Satan


Sonnet cavalier


À Mme E. M..., Gentille Femme.


Pourquoi donc m’aimez-vous, ô ma belle maîtresse ?
Vous avez pour moi seul des sourires joyeux,
Et bien après le jour, sur le divan soyeux
Vous savez d’un baiser caresser ma paresse.
 
Suis-je, pour vous aimer, ô blonde enchanteresse,
Un timide écolier qui rêve de vos yeux
Et rougit quand son front sent frémir vos cheveux
Dont la brise lascive éparpille une tresse ?...
 
Suis-je un beau raffiné, vainqueur de l’univers,
Mettant flamberge au vent pour un mot de travers,
Prenant pour vous aimer sa plus farouche pose ?
 
Non ! mais je suis le seul dont le souffle hardi,
Ô froide Galatée, arrive, quand je l’ose,
À réchauffer un peu votre marbre engourdi.
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 24 avril 2020 à 15h17


Du calme, chère amie ardente, rien ne presse :
Le jardin nonchalant tend ses bras vers les cieux
Et chatoie au soleil en tendres camaïeux ;
Ce doux zéphyr d’avril incline à la paresse.

Car vois-tu Ramona, ma brune enchanteresse,
Dans ma sieste j’ai fait un rêve merveilleux,
Mais tu n’y étais pas. Et au fond, je ne veux
Que savourer longtemps cette plaisante ivresse.

Du fond de mon transat bleu roi, j’écris des vers
Inspirés quelquefois par un sonnet d’Arvers
Ou par l’ami Ronsard ; je rime et je compose.

Puis, assez fier de moi et tout ragaillardi,
Je renfile mes gants pour sulfater mes roses,        
Je butte l’échalote et sème le radis.

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Déposé par Cochonfucius le 4 mai 2021 à 13h42

L’oiselle et son oiseau
----------

J’entendis bavarder l’amant et la maîtresse,
Un éclat nostalgique a tremblé dans leurs yeux ;
Ils ne souffrent pas trop d’être devenus vieux,
Ajoutant des années à leur vie de paresse.

Ronsard a courtisé plusieurs enchanteresses,
Célébrant leurs attraits au nom de tous les dieux ;
Les mots de cet auteur furent lus en tous lieux,
Qui furent éclatants et chargés de tendresse.

L’amour est un flambeau dans ce sombre univers ;
Même si, quelquefois, je le tiens de travers,
C’est la seule clarté dont mon âme dispose.

Les galants de jadis, qui tant furent hardis,
Je sais qu’au cimetière ils gisent et reposent ;
Reste-t-il de l’amour en ces coeurs engourdis ?

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Déposé par Cochonfucius le 8 février 2025 à 14h26

Reptile nonchalant
------------------

Bien peu de choses m’intéressent,
Rien n’a  d’importance à mes yeux ;
Soit c’est parce que je suis vieux,
Soit c’est l’effet de la paresse.

Au grand jamais je ne m’empresse,
Je prends mon temps, cela vaut mieux ;
Calmes sont la terre et les cieux,
Sauf de rares états d’ivresse..

La paix domine l’univers,
L’empêchant d’aller  de travers,
Et nos querelles l’indisposent.

Moi qui jamais ne fus hardi,
De plus en plus, je me repose,
Ainsi qu’un mollusque engourdi.

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