Henri de Régnier


Le Maraudeur


 
Comme il pillait la ruche et dévastait la treille,
Volait le fruit de l’arbre et l’outre du cellier,
Plus d’un aurait, cruel au faune familier,
Tendu le lac qui guette ou le piège qui veille.
 
Mais moi, maître clément du vin et de l’abeille,
Sans bâton pour le battre et pour le houspiller,
Un soir qu’il visitait le cep et l’espalier,
J’ai pris le maraudeur par le bout de l’oreille.
 
Il était roux, velu, penaud et sur sa face
Camuse se mêlait la peur à la grimace ;
Il soufflait bruyamment et ne regimbait pas ;
 
Et, tout en le menant par l’enclos, de la sorte,
Dans l’ombre, j’entendais piétiner sur mes pas
L’ongle d’un sabot sec parmi les feuilles mortes.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 10 février 2018 à 12h43

Trois beaux oiseaux de sinople
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L’oiseau des temps anciens se pose sur ma treille ;
Je ne lui offre pas le vin de mon cellier,
Mais j’accueille avec joie cet hôte familier :
Il me vient du passé qui dans mon âme veille.

L’oiseau de l’avenir, quand surgit une abeille,
En aucune façon ne la veut houspiller ;
Elle tourne, paisible, autour de l’espalier,
Et son bourdonnement est plaisant à l’oreille.

L’oiseau du temps présent dissimule sa face,
Mais je me doute bien qu’il me fait la grimace ;
Puisque j’ai du bon vin, je ne m’en soucie pas.

Passé, présent, futur, répartis de la sorte,
Ils ne peuvent jamais revenir sur leurs pas ;
Et moi, dans mon jardin, je songe aux années mortes.

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