Rimbaud


Oraison du soir


 
Je vis assis, tel qu’un ange aux mains d’un barbier,
Empoignant une chope à fortes cannelures,
L’hypogastre et le col cambrés, une Gambier
Aux dents, sous l’air gonflé d’impalpables voilures.
 
Tels que les excréments chauds d’un vieux colombier,
Mille Rêves en moi font de douces brûlures :
Puis par instants mon cœur triste est comme un aubier
Qu’ensanglante l’or jeune et sombre des coulures.
 
Puis, quand j’ai ravalé mes rêves avec soin,
Je me tourne, ayant bu trente ou quarante chopes,
Et me recueille, pour lâcher l’âcre besoin :
 
Doux comme le Seigneur du cèdre et des hysopes,
Je pisse vers les cieux bruns, très haut et très loin,
Avec l’assentiment des grands héliotropes.
 

Commentaire(s)
Déposé par Christian le 25 mars 2014 à 11h13

Plié en quatre devant trois vers de Rimbaud
car ils recèlent un gros mot
charmant marmot

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Déposé par Christian le 21 mai 2014 à 08h33

La littérature stadanale
j’y donnâ moi aussi, j’avoue...
jusqu’à vers 20 ans... J’aimais
dans Rimbaud ’Oraison du soir’

Car j’ai lu Rimbaud, oui ! tout !
Contrairement aux moutons qui le couvrent
de lauriers, habillent de lauriers
un probable indéfloutable flou

Campagne avec pour tout libraire
un coin du Centre Leclerc
à 20 bornes : on s’enferme avec les classiques
si on aime pas les best sellers

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Déposé par Cochonfucius le 24 octobre 2014 à 14h27

Collectionneur
-----------------

Je parcours un recueil de poèmes anciens,
J’en apprécie le ton, j’en admire l’allure ;
Même, ils chantent en moi, silencieux musiciens,
Et me font voyager, tels de larges voilures.

Plus qu’un raisonnement aristotélicien,
D’un poète farceur m’enchante la parlure ;
Plus que les songes creux des métaphysiciens,
J’aime, d’un bref sonnet, la fine ciselure.

Je lis et je relis avec le plus grand soin,
Prenant parfois le temps d’avaler une chope ;
Je commente l’écrit, je réponds point par point

Sans user, toutefois, d’un trop fin microscope ;
Puis, des bardes qui m’ont fait naviguer au loin,
J’apporte le portait au grand trombinoscope.

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Déposé par Cochonfucius le 24 octobre 2014 à 14h50

Retouche au dernier vers

"le portrait"

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