Rimbaud


Première Soirée


 
— Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.
 
Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d’aise
Ses petits pieds si fins, si fins.
 
— Je regardai, couleur de cire,
Un petit rayon buissonnier
Papillonner dans son sourire
Et sur son sein, — mouche au rosier.
 
— Je baisai ses fines chevilles.
Elle eut un doux rire brutal
Qui s’égrenait en claires trilles,
Un joli rire de cristal.
 
Les petits pieds sous la chemise
Se sauvèrent : « Veux-tu finir ! »
— La première audace permise,
Le rire feignait de punir !
 
— Pauvrets palpitants sous ma lèvre,
Je baisai doucement ses yeux :
— Elle jeta sa tête mièvre
En arrière : « Oh ! c’est encor mieux !...
 
Monsieur, j’ai deux mots à te dire... »
— Je lui jetai le reste au sein
Dans un baiser, qui la fit rire
D’un bon rire qui voulait bien.....
 
— Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 11 mai 2013 à 10h07


Quand la muse est déshabillée,
Le poète est-il indiscret ?
Car, s’il l’a lui-même effeuillée,
Il fait bien de se tenir prêt.

Pour deux partageant une chaise,
Il est requis, l’appui des mains ;
Le corps doit se sentir à l’aise,
Il y faut des réglages fins.

Puis, bien des choses sont permises
Quand on a quitté la chemise.

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Déposé par Christian le 11 mai 2013 à 13h43

Quand le pwèt se fut défringué,
La muse se voila la face :
Mon dieu, l’hideux que m’a fourgué
Ce siècle : on veut quoi que j’en fasse ?

Ah, Raimbaud, si photogéniste !
Tu m’asseyais sur tes genoux !
Tu m’insultais ? Bah, un artiste
A droit à des abus de nous...

Ces choses te sont pas permises.
Aller hop, remets ta chemise !

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Déposé par Christian le 13 mai 2013 à 08h30

V2 :

Quand le pwèt se fut désapé,
La muse se voila la face :
Mon dieu, encor pire à loilpé
L’aède ! On veut quoi que j’en fasse ?

Visez-moi ce vieux pot fripé
Suintant la graisse et puant la crasse.
Aucun besoin de dév’lopper :
Où qu’il l’irait trouver, sa grâce ?

Ah, Raimbaud, si photogéniste,
Qui m’asseyait sur ses genoux !...
Il m’insultait ? Tiens !... un artiste

S’il peut plus s’abuser de nous...
Ces chos’s à toi sont pas permises.
Aller, coco : remets ta ch’mise.

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