Rodenbach

Le Miroir du ciel natal, 1898


              II


Le jet d’eau dans le jardin d’avril
Est une Première Communiante
Impatiente,
Un peu puérile et fébrile,
Ayant peur d’arriver trop tard
À la messe de la paroisse,
Et se plaignant du vent et du brouillard
Qui défraîchit sa robe blanche ou qui la froisse.
 
Le jet d’eau semble à genoux,
Ô robe blanche en avalanche,
Tulle qui tremble et traîne qui déferle...
Et cet égrènement d’un chapelet de perles,
Avec un murmure si doux !
 
Le jet d’eau tout le jour attend ;
Les fleurs ouvrent leurs cassolettes
Où dort un impalpable encens ;
C’est le printemps ;
Et le jardin s’orne pour la fête.
 
On entend le jet d’eau qui prie,
L’air à genoux dans le gazon,
Faisant monter toujours plus haut son oraison ;
Et le jardin, comme une église, s’assombrit.
 
Alors voilà la Lune offrant sa grande hostie.
Le jet d’eau qui s’impatiente,
Dans sa robe de Communiante,
Croit déjà qu’il en communie...
La Lune aussi cache un visage
— Comme l’Eucharistie —
Qui lentement se dégage
Avec des lèvres et des yeux.
Le jet d’eau songe que c’est l’heure...
Il s’élance, il avance, il ondule,
Dans ses falbalas de tulle,
Et croit sentir vers lui venir un dieu.
 
Mais la Lune est là qui demeure
Dans un recul où nulle bouche
Ne la touche,
Hostie inviolée et qui s’isole, au loin,
Visage calme d’un témoin.
Elle n’a pas voulu descendre
Et lui, pauvre jet d’eau, n’a pas assez monté !
 
Maintenant le soir tombe et il pleut de la cendre.
 
C’est comme si rien n’avait été ;
À peine une étoile allume une veilleuse ;
Le jet d’eau qui a renoncé
Va replier sa robe cérémonieuse,
Toute pâle dans l’air foncé.
 

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