Rollinat

Les Névroses, 1883


La Clairière


 
L’Engoulevent rôdait avec la souris chauve,
Lorsque sur la clairière au tapis verdoyant
La lune décocha son sourire ondoyant
Et mit à chaque feuille un glacis d’argent mauve.
 
Et j’envoyais du fond de cette forêt fauve
Un regard de mon cœur à l’astre chatoyant
Qui promenait sur l’herbe un reflet vacillant
Ainsi qu’une veilleuse au milieu d’une alcôve :
 
Soudain, je vis un être horriblement fluet
Qui cueillait çà et là des fleurs, d’un doigt muet.
Et tous les bruits du soir qui me semblaient si simples,
 
Ce bois stupéfié, cette lune dessus,
Me firent tressaillir, lorsque je m’aperçus
Que j’avais devant moi la chercheuse de Simples.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 8 août 2016 à 18h18

Empereur fatigué
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L’empereur convoqua le chef des moines chauves :
Ensemble, ils ont marché dans le parc verdoyant,
Et l’empereur tenait des propos ondoyants,
Le prêtre transpirait dans son écharpe mauve.

La fin du jour, sur eux, luisait d’un éclat fauve,
Cent mille oiseaux peuplaient les bosquets chatoyants,
Le vieillard progressait, mais d’un pas vacillant,
Pressé de regagner sa confortable alcôve.

Pendant tout ce temps-là, le religieux fluet
Écoutait sa parole et demeurait muet.
Comme il l’était souvent dans le coeur de son temple.

Or, son sens du devoir ayant pris le dessus,
Il lui dit : «Mon Seigneur devrait s’être aperçu
Que, d’Empereur sans charge, il n’y a point d’exemple».

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