Paul Scarron



 
Assurément, Cloris, vous me voulez séduire,
Je vous vois depuis peu me faire les yeux doux,
Vous m’avez pris la main entre vos deux genoux,
Si vous continuez, vous m’achevez de cuire.
 
Que vous feriez de mal si vous aimiez à nuire,
Plus de dix mille cœurs sont percés de vos coups,
Dont les uns sont ravis et les autres jaloux,
De l’éclat que l’on voit dans vos beaux yeux reluire.
 
Vous avez lu des vers, vous en savez par cœur,
Vous chantez, ce dit-on comme un enfant de chœur ;
Et lorsque vous parlez vous charmez les oreilles.
 
Dieu ! que ne suis-je né pour être votre époux !
Vous riez, ô Cloris, d’entendre ces merveilles,
Pleurez, sotte, pleurez, je me moque de vous.
 



Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 12 février 2017 à 12h07

Le coq et le fauconnier
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C’est un coq qui voulait le fauconnier séduire ;
-- «Je vaux mieux qu’un faucon, car j’ai l’abord plus doux,
Prenez-moi sur vos poings ou bien sur vos genoux,
Et ne me croyez pas volaille qu’on fait cuire.»

Mais au gibier volant, un coq pourrait-il nuire ?
Le faucon vole vite et gagne à tous les coups ;
Maître Coq, comprenez, n’en soyez pas jaloux,
Mais vous ne sauriez point comme lui vous conduire.

Les passereaux n’auront nulle crainte en leur coeur,
Et, plus inoffensif que les enfants de choeur,
Vous pourrez seulement nous rompre les oreilles.

Puis, les poules d’ici vous trouvent bon époux,
Laissez-les vous aimer et prendre soin de vous :
Comme reproducteur, vous ferez des merveilles.

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