Victor Segalen

Stèles, 1912


Sur un hôte douteux

Ses disciples chantent : Il revient le Sauveur des hommes : Il vêt un autre habit de chair. L’étoile, tombée du plus haut ciel a fécondé la Vierge choisie. Et il va renaître parmi nous.

 

Temps bénis où la douleur recule ! Temps de gloire où la Roue de la Loi courant sur l’Empire conquis va traîner tous les êtres hors du monde illusoire.

 

o

 

L’Empereur dit : Qu’il revienne, et je le recevrai, et je l’accueillerai comme un hôte.

 

Comme un hôte petit, qu’on gratifie d’une petite audience, – pour la coutume, – et d’un repas et d’un habit et d’une perruque afin d’orner sa tête rase.

 

Comme un hôte douteux que l’on surveille ; que l’on reconduit bien vite là d’où il vient, pour qu’il ne soudoie personne.

 

o

 

Car l’Empire, qui est le monde sous le Ciel, n’est pas fait d’illusoire : le bonheur est le prix, seul, du bon gouvernement.

 

Que fut-il, celui qu’on annonce, le Bouddha, le Seigneur Fô ? Pas même un lettré poli,

 

Mais un barbare qui connut mal ses devoirs de sujet et devint le plus mauvais des fils.


Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 23 novembre 2013 à 10h35


Bouddha ne parle pas. Chaque fois qu’un adepte
Dit qu’il l’a entendu, sache qu’il a rêvé.
Si ce disciple danse en disant « J’ai trouvé »,
Il est dans les erreurs de notre monde inepte.

Cette vie est errance, et ne suit nul précepte.
Exode avec fardeau, et nos pieds entravés,
Aussi, ne marche plus. Laisse-toi dériver
Et n’entre qu’en maison qui ta visite accepte.

Bouddha ne parle pas. C’est pourquoi l’excellence
De la compréhension se voit dans le silence,
Comme, au fort du combat, se taisent les lutteurs.

Bouddha ne parle pas. Mais le vent, parfois, chante
Pour rendre la froidure, au matin, moins méchante,
Pour donner un sourire, aussi, à l’instructeur.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 5 avril 2018 à 12h17

Épouvantail de classe exceptionnelle
-------------------------------------

De la méditation toujours je fus adepte ;
Car les épouvantails sont bien faits pour rêver.
Nous qui n’avons jamais de pitance à trouver,
Ne nous dispersons pas en errances ineptes.

La posture avant tout, tel est notre précepte ;
Nos pieds ne bougent pas, sans qu’ils soient entravés,
Jamais on ne nous voit glisser ou dériver,
Nous aimons le repos, car notre âme l’accepte.

Être un épouvantail, voilà de l’excellence,
De la subtilité, du savoir, du silence,
Même, une fermeté digne d’un grand lutteur.

Dans l’averse avenante et dans le vent qui chante,
Nous ne développons nulle pensée méchante,
Et nous laissons parler nos interlocuteurs.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
URL :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Saisie requise.
* Cette adresse ne sera pas publiée et ne sera utilisée que pour communiquer avec vous en cas de souci.
 

Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Βаïf : «Αfin quе pоur јаmаis...»

Viviеn : Sоis Fеmmе...

Rimbаud : Αu Саbаrеt-Vеrt, сinq hеurеs du sоir

Νеrvаl : Εl Dеsdiсhаdо

Rimbаud : Αu Саbаrеt-Vеrt, сinq hеurеs du sоir

Αјаlbеrt : Ρеtitеs оuvrièrеs

Τоulеt : «Sur l’осéаn соulеur dе fеr...»

Βаtаillе : Lеs Sоuvеnirs

Rоnsаrd : «Lе Сiеl nе vеut, Dаmе, quе је јоuissе...»

Μаgnу : «Αnnе, је vоus suppliе, à bаisеr аpprеnеz...»

☆ ☆ ☆ ☆

Fоurеst : Rеnоnсеmеnt

Lаfоrguе : Сélibаt, сélibаt, tоut n’еst quе сélibаt

Lе Μоinе : L’Îlе du Ρlаisir

Lеfèvrе-Dеumiеr : Lеs Сhеmins dе Fеr

Сеndrаrs : Соmplеt blаnс

Lоrrаin : Соquinеs

Gаutiеr : Lе Jаrdin dеs Ρlаntеs : «J’étаis pаrti, vоуаnt lе сiеl...»

Βérоаldе : Αdiеu : «Jе vеuх sеul, éсаrté, оrеs dаns un bосаgе...»

Sаmаin : Αutоmnе

Сrоs : Libеrté

Cоmmеntaires récеnts

De Εsprit dе сеllе sur «Ô Τоi qui аs еt pоur mèrе еt pоur pèrе...» (Jоdеllе)

De Сосhоnfuсius sur L’Étаpе (Соppéе)

De Сосhоnfuсius sur Lе Ρоnt (Hugо)

De Сосhоnfuсius sur «Βеаuх уеuх, qui rесélеz tаnt dе trаits еt dе fеuх...» (Durаnd)

De Сurаrе- sur Εl Dеsdiсhаdо (Νеrvаl)

De Τоurniсоti-tоurniсоt sur Αu Саbаrеt-Vеrt, сinq hеurеs du sоir (Rimbаud)

De соmmеntаtеur sur L’Αnсоliе (Sоulаrу)

De tRΟLL sur Lа Βеllе Guеusе (Τristаn L'Hеrmitе)

De L’âmе аuх ninаs sur À lа Βrеtаgnе (Сhаpmаn)

De Сurаrе- sur «Dоulсin, quаnd quеlquеfоis је vоis сеs pаuvrеs fillеs...» (Du Βеllау)

De Fоllоwеur sur «Jе vоis millе bеаutés, еt si n’еn vоis pаs unе...» (Rоnsаrd)

De Εsprit dе сеllе sur «Jе rеgrеttе еn plеurаnt lеs јоurs mаl еmplоуés...» (Dеspоrtеs)

De Ρоr’d’âmе sur Ρlus tаrd (Μusеlli)

De Сhr... sur Αu Соllègе (Évаnturеl)

De Vinсеnt sur À unе Villе mоrtе (Hеrеdiа)

De Μоrin dе Βlаnquеfоrt sur Lе Соup dе tаmpоn (Соppéе)

De Fоrаin dе Βlаnсhеmоr sur Lе Соup dе mаrtеаu (Соurtеlinе)

De Jеhаn Çètоù sur Lе Τаlismаn (Νеlligаn)

De Αrаmis sur L’Hоspitаlité (Fаbrе d'Églаntinе)

De Αrаmis sur Μоrt d’un аutrе Juif (Μоrаnd)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе