Honoré d’Urfé


Qu’il connaît qu’on feint de l’aimer


 

Sonnet


Elle feint de m’aimer, pleine de mignardise,
Soupirant après moi, me voyant soupirer,
Et par de feintes pleurs témoigne d’endurer
L’ardeur que dans mon âme elle connaît éprise.
 
Le plus accort amant, lorsqu’elle se déguise,
De ses trompeurs attraits ne se peut retirer :
Il faut être sans cœur pour ne point désirer
D’être si doucement déçu par sa feintise.
 
Je me trompe moi-même au faux bien que je voi,
Et mes contentements conspirent contre moi.
Traîtres miroirs du cœur, lumières infidèles,
 
Je vous reconnais bien et vos trompeurs appas :
Mais que me sert cela, puisqu’Amour ne veut pas,
Voyant vos trahisons, que je me garde d’elles ?
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 20 août 2021 à 14h07


Fantôme de la nuit précédé par la brise,
Je m’introduis, ayant longuement inspiré
Et traversé, furtif, le jardin clôturé,
Dans la maison, bien que nul ne m’y autorise.

Curieux mais imprudent, comme le duc de Guise
(Plus grand mort que vivant), je me laisse attirer
Par l’éclat doucereux des meubles bien cirés
Dont le galbe lascif et pansu m’hypnotise.

Tout paraît propre comme un hôtel genevois
Astiqué, dirait-on, à la peau de chamois,
Et baigné par le frais parfum des asphodèles. (1)

Du salon me parvient un air de Frank Zappa,
Qui, tel un chiroptère effleurant la pampa,
Tourne dans l’air obscur et fuit à tire-d’aile.


(1) Selon les sources, et n’en déplaise à Victor Hugo, l’asphodèle, soit n’a pas d’odeur, soit sent le pipi de chat. Ne jamais faire confiance à un poète.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 19 janvier 2022 à 12h26

Vieux porc amoureux
-----------

Ce cochon n’a jamais perdu sa convoitise,
Pour une blanche mouette on le voit soupirer ;
Lui qui, devenu vieux, ne craint pas d’endurer
Les multiples tourments dont souffre une âme éprise

Cet innocent vieillard en jeune se se déguise,
Mais personne ne croit qu’on puisse l’admirer ;
Il n’a plus ce qu’il faut pour être désiré,
Car nul vivant ne peut rajeunir à sa guise.

L’Univers a son plan, la Nature a ses lois,
Aussi tu ne dois pas faire n’importe quoi,
Que tu sois l’éléphant, le phoque ou l’hirondelle.

Mais Cupidon poursuit ceux qu’un jour il frappa ;
Le corps est fatigué, l’esprit ne mollit pas,
À ses anciens désirs il veut être fidèle.

[Lien vers ce commentaire]

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