Louis Valade


Réminiscence


 
Il est de fins ressorts dont la marche ignorée
— Ni savants, ni rêveurs, n’ont deviné comment —
Va dans un coin de l’âme éveiller brusquement
Le parfum d’une fleur autrefois respirée.
 
Autrefois, le céleste épanouissement
De ta bouche qui rit, cette rose pourprée,
M’avait tout embaumé l’âme... Chère adorée
Qui t’envolas si tôt, l’oubli vint lentement !
 
Voilà que, ravivant ton image effacée,
Ta grâce tout à coup me vient à la pensée,
Comme l’air qu’un hasard souffle aux musiciens.
 
D’un soir déjà lointain je reconnais les fièvres :
Et mon cœur a senti refluer à mes lèvres
Une fraîche saveur de baisers anciens.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 26 février 2019 à 11h54

Roseau méditant
---------------

Ce roseau pousse auprès d’une mare ignorée,
Il aimerait s’instruire et ne sait pas comment ;
Un Bouddha pourra-t-il l’éclairer brusquement ?
Verra-t-on sur ces bords une muse inspirée ?

Roseau, la connaissance est source de tourments,
La mémoire faiblit quand elle est encombrée :
Écoute simplement ta grenouille adorée
Dans l’éclat du soleil qui baisse lentement,

Puis, vois cette clarté par la brume effacée,
Reste, autant que possible, un roseau sans pensée,
Tu n’as pas à chercher la clé de l’Univers.

La soif d’érudition brûle comme une une  fièvre,
Évite de porter cette coupe à tes lèvres :
Le savoir donne froid, c’est comme un vent d’hiver.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 30 janvier 2021 à 12h14

Grenouille de gueules
-----------------------

Grenouille qui connaît les choses ignorées,
Elle arrive à s’instruire, on ne sait pas comment ;
En elle les idées surgissent brusquement,
De là vient son surnom de «grenouille inspirée».

Elle aime le papier, remède à ses tourments,
Gardant plusieurs bouquins sans en être encombrée;
Elle écoute la voix de sa muse adorée
Qui des mots très anciens récite lentement.

La prose de jadis qui n’est pas effacée
En son coeur fait germer de subtiles pensées ;
Elle se met en phase avec notre univers.

Ainsi passe son temps, sans douleur et sans fièvre,
Jamais un mot brutal ne franchira ses lèvres ;
Elle sait qu’elle doit s’endormir pour l’hiver.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 30 janvier 2021 à 12h29

Nef léonine
-----

Sur l’Océan navigue une nef ignorée,
Un fauve la dirige, il ne sait pas comment ;
Il lui prit fantaisie d’embarquer brusquement,
Sans doute en fut l’idée par un livre inspirée.

Le vent porte la nef sans excès de tourments,
La mer en ces endroits n’est jamais encombrée ;
Le lion peut écouter sa sirène adorée
Qui sur un noir rocher s’agite lentement.

Des navires d’antan la trace est effacée,
Mais c’est aussi le sort des humaines pensées ;
Nous perdons chaque jour des fragments d’univers.

Ne les recherchons point dans l’angoisse et la fièvre,
Car la tortue jamais ne rejoindra le lièvre ;
Le soleil reste bas, nous entrons dans l’hiver.

[Lien vers ce commentaire]

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