Verhaeren


Ma race


 
Je suis le fils de cette race
Dont les cerveaux plus que les dents
Sont solides et sont ardents
Et sont voraces.
 
Je suis le fils de cette race
Dont les desseins ont prévalu
Dans les luttes profondes
De monde à monde,
Je suis le fils de cette race
Tenace
Qui veut, après avoir voulu,
Encore, encore et encore plus !
Races d’Europe et des soudaines Amériques,
— Ma race ! — Oh ! que vos pas sont beaux
Quand ils portent sur les sommets lyriques
Toujours plus haut
Les feux maintenus clairs des antiques flambeaux !
 
Le monde entier est ce jardin des Hespérides
Où vous cueillez, parmi des arbres tors,
Avec des bras fougueux, avec des mains torrides,
La force et le savoir, la volonté et l’or.
 
S’ils furent lourds, vos coups, dans les luttes fatales,
Du moins votre œuvre immortelle et mentale
Recouvre, avec ses ailes de clarté,
L’œuvre basse de cruauté.
 
Vos noms ? Qu’importent ceux dont l’histoire vous nomme ;
Vous vous reconnaissez toutes, au même sceau
Empreint sur vos berceaux,
D’où se lèvent les plus purs des hommes.
 
Avec des regards nets, puissants et ingénus,
Vous explorez la terre entière :
Toute lueur qui filtre, à travers l’inconnu,
Devient, entre vos mains, une énorme lumière.
 
L’urgence d’innover vous étreint le cerveau
Et vous multipliez les escaliers mobiles
Et les rampes et les paliers nouveaux,
Là-haut, autour des vérités indélébiles.
 
Trouver, grouper, régler, choisir et réformer.
Vos voyages, vos recherches, votre science,
Tout se ligue pour vous armer
D’une plus lucide conscience.
 
Vous vous servez de l’air, de l’eau, du sol, du feu,
Vous les exorcisez de leurs terreurs dardées ;
Ceux qui furent, aux temps liturgiques, les Dieux
S’humanisent et ne sont plus que vos idées.
 
Tout se règle, tout se déduit, tout se prévoit.
Le hasard, fol et vieux, sous vos calculs, se dompte ;
L’action vibre en vous, mais sans geste, sans voix,
Et ne fait qu’un avec l’intelligence prompte.
 
Ô les races magnifiques ! L’Est, l’Ouest, le Nord,
Terre et cieux, pôles et mers sont vos domaines.
Régnez : puisque par vous la volonté du sort
Devient de plus en plus la volonté humaine.
 

Les Forces tumultueuses, 1902

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