Verlaine

Invectives, 1896


Cognes et flics


 
Autrefois j’aimais les gendarmes.
Drôle de goût, me direz-vous...
Enfin je leur trouvais des charmes,
Non certes au-dessus de tout,
 
Mais je les gobais tout de même
Comme on prise de bons enfants.
Élite de l’armée et crème
Et fleur, ils m’étaient triomphants !
 
Leurs baudriers et leur bicornes,
Si bien célébrés par Nadaud,
D’une sécurité sans bornes
Flattaient mon âme de badaud.
 
Puis, ils lampent le petit verre
Avant comme après le repas
D’un geste plus ou moins sévère
Et je ne le détestais pas.
 
Je trinquais avec des brigades
Et nous buvions à nos amours.
Comme il sied avec des troubades,
C’était moi qui payais toujours...
 
Depuis je constate avec peine
Qu’ils sont des rosses vous dressant
Procès-verbal à perdre haleine
Quand ils jugent le cas pressant.
 
La douille manque à la caserne.
Or voici, grâce à tels délits
Qu’ils fabriquent d’un style terne,
Les budgets qu’il faut, rétablis.
 
À moi, les chouias, les macaches !
Désormais je me voue au chant
National de « Mort aux vaches ! »
Fussè-je pris pour un méchant...
 
Comme aussi les sergents de ville :
J’avais une estime pour eux !
Protecteurs de la paix civile,
De l’ordre gardiens valeureux,
 
Rempart du Bien, terreur du Crime,
Il me semblaient, naïveté !
Une apparition sublime
D’anges veillant sur la cité...
 
Hélas ! C’est encor : « Mort aux vaches ! »
Qu’il faut crier quand on les voit.
Massacreurs féroces et lâches,
Mouchards, non point maquereaux, soit,
 
Mais tout comme, ivrognes qu’indure
Plus d’un rogomme monstrueux...
Et le héros se dénature
En un drôle imperpétueux.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 17 juillet 2016 à 18h11

Acrobate du temps jadis
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Il séduit même les gendarmes
(C’est surprenant, me direz-vous),
Cet acrobate est plein de charme,
Il s’élève au-dessus de tout.

Je vois des griffons, je vois même
Des anges aux grands yeux d’enfants
Admirant ce sauteur suprême,
Ce saltimbanque triomphant.

J’ai vu la licorne à bicorne,
Ancrer son céleste radeau
Venu des espaces sans bornes
Pour se mêler à ces badauds !

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