Verlaine

Jadis et Naguère, 1884


Le Poète et la Muse


 
La chambre, as-tu gardé leurs spectres ridicules,
Ô pleine de jour sale et de bruits d’araignées ?
La chambre, as-tu gardé leurs formes désignées
Par ces crasses au mur et par quelles virgules ?
 
Ah fi ! Pourtant, chambre en garni qui te recules
En ce sec jeu d’optique aux mines renfrognées
Du souvenir de trop de choses destinées,
Comme ils ont donc regret aux nuits, aux nuits d’Hercules ?
 
Qu’on l’entende comme on voudra, ce n’est pas ça :
Vous ne comprenez rien aux choses, bonnes gens.
Je vous dis que ce n’est pas ce que l’on pensa.
 
Seule, ô chambre qui fuis en cônes affligeants,
Seule, tu sais ! mais sans doute combien de nuits
De noce auront dévirginé leurs nuits depuis !
   

Commentaire (s)
Déposé par Pierre Lamy le 2 août 2020 à 07h31

Le même en vers de onze.

Chambre, as-tu gardé leurs spectres ridicules,
pleine de jour sale et de bruits d’araignées ?
Chambre, as-tu gardé leurs formes désignées
par la crasse au mur et par quelles virgules ?
 
Fi ! Pourtant, chambre en garni qui te recules
en ce jeu d’optique aux mines renfrognées,
souvenir de trop de choses destinées,
comme ils ont regret aux nuits, aux nuits d’Hercules ?
 
L’entende comme on voudra, ce n’est pas ça :
Vous n’entendez rien aux choses, bonnes gens.
Je dis que ce n’est pas ce que l’on pensa.
 
Ô chambre qui fuis en cônes affligeants,
Seule, sais ! mais sans doute combien de nuits
de noce ont dévirginé leurs nuits depuis !

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Déposé par Pierre Lamy le 2 août 2020 à 07h32

Le même en vers de onze.

Chambre, as-tu gardé leurs spectres ridicules,
pleine de jour sale et de bruits d’araignées ?
Chambre, as-tu gardé leurs formes désignées
par la crasse au mur et par quelles virgules ?
 
Fi ! Pourtant, chambre en garni qui te recules
en ce jeu d’optique aux mines renfrognées,
souvenir de trop de choses destinées,
comme ils ont regret aux nuits, aux nuits d’Hercules ?
 
L’entende comme on voudra, ce n’est pas ça :
Vous n’entendez rien aux choses, bonnes gens.
Je dis que ce n’est pas ce que l’on pensa.
 
Ô chambre qui fuis en cônes affligeants,
Seule, sais ! mais sans doute combien de nuits
de noce ont dévirginé leurs nuits depuis !

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