Verlaine


Torquato tasso


 
Le poète est un fou perdu dans l’aventure,
Qui rêve sans repos de combats anciens,
De fabuleux exploits sans nombre qu’il fait siens,
Puis chante pour soi-même et la race future.
 
Plus tard, indifférent aux soucis qu’il endure,
Pauvreté, gloire lente, ennuis élyséens,
Il se prend en les lacs d’amours patriciens,
Et son prénom est comme une arrhe de torture.
 
Mais son nom, c’est bonheur ! Ah ! qu’il souffre et jouit,
Extasié le jour, halluciné la nuit
Ou réciproquement, jusqu’à ce qu’il en meure !
 
Armide, Éléonore, ô songe, ô vérité !
Et voici qu’il est fou pour en mourir sur l’heure
Et pour ressusciter dans l’immortalité !
 

Commentaire (s)
Déposé par Bonjour le 16 avril 2012 à 16h52

J’aime beaucoup

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Déposé par Cochonfucius le 24 mars 2014 à 11h22

Dur métier
---------------

Rhapsode qui à rimer s’aventure
(C’est, me dit-on, un métier fort ancien)
Y investit cet esprit qui est sien
Et que souvent l’inspiration torture.

Ainsi qu’un moine au costume de bure,
De discipline il s’impose les liens ;
Quand tout somnole, au soleil méridien,
Il est astreint aux travaux d’écriture.

Il doit veiller fort avant dans la nuit,
Et sur sa table, où la chandelle luit,
Bien du papier s’accumule et demeure.

Mais ce labeur l’amuse, en vérité,
Joyeusement sur lui glissent les heures
Avant l’instant du repos mérité.

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Déposé par Cochonfucius le 1er novembre 2024 à 16h45

Veilleur d’inframonde
..........

Aucun vivant ne s’aventure
Sur ce chemin, je le sais bien ;
Mais je suis là, digne gardien
Du jardin des mille tortures.

« Accomplir faut les Écritures »
Dit un ouvrage fort ancien ;
Même les châtiments, j’y tiens,
Qui s’appliquent aux créatures.

Je  dois donc veiller dans la nuit,
Celle où bien souvent rien ne luit ;
Les heures passent, je demeure.

Venez, chercheurs de vérité,
S’il advient que votre espoir meure,
C"est que vous l’aurez mérité.

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