Théophile de Viau


Sonnet sur son exil dans les landes de Castel-Jaloux


 
Je passe mon exil parmi de tristes lieux,
Où rien de plus courtois qu’un loup ne m’avoisine,
Où des arbres puants fourmillent d’Écurieux,
Où tout le revenu n’est qu’un peu de résine.
 
Où les maisons n’ont rien plus froid que la cuisine,
Où le plus fortuné craint de devenir vieux,
Où la stérilité fait mourir la lésine,
Où tous les Éléments sont mal-voulus des Cieux.
 
Où le Soleil contraint de plaire aux destinées,
Pour étendre mes maux allonge ses journées,
Et me fait plus durer le temps de la moitié.
 
Mais il peut bien changer le cours de sa lumière,
Puisque le Roi, perdant sa bonté coutumière,
A détourné pour moi le cours de sa pitié.
 



Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 14 juin 2014 à 11h20

Théophile en galère
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Théophile, on t’a mis dans un étrange lieu,
Sans même, emprès ta porte, une accorte voisine !
Sa Majesté t’avait accoutumé à mieux,
Lorsqu’il te nourrissait des plats de sa cuisine.

La faveur est hybride, ainsi que Mélusine,
Changeante comme sont, dans le printemps, les cieux :
L’autre jour, tu avais la reine pour cousine,
À présent, tu t’ennuies parmi de pauvres vieux.

Tu es barde, et ne dois craindre ta destinée :
Qu’elle soit malheureuse, ou belle et fortunée,
Rhapsode que tu es, tu n’y crois qu’à moitié.

En exil avec toi, ta muse familière
Te prodigue toujours sa joie et sa lumière :
De la reine ou du roi, c’est toi qui as pitié.

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Déposé par Jadis le 26 septembre 2019 à 17h24


A moi, De Viau, deux mots ‒ dis donc, mon petit vieux,
Au fait, où te crois-tu, qu’est-ce que t’imagines ?
Nos hivers sont trop froids, nos printemps trop pluvieux ?        
Nos arbres trop puants, nos écurieux, vermine ?

Ainsi tu te languis de la vie citadine,
De tes belles-de-nuit et de tes beaux messieurs ?
La campagne pour toi serait donc la débine ?
Non mais regarde-toi, claquedent prétentieux !

Certes, nos mœurs pourraient être plus raffinées,
Nos brebis ne sont pas peut-être enrubannées,
Mais la jonquille éclôt au long de nos sentiers ;

Et si les frondaisons ombrageant nos chaumières
A tes goûts affectés ne sont point coutumières ‒
Retourne d’où tu viens, car tu me fais pitié !

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