Francis Vielé-Griffin

La Partenza, 1899



N’es-tu lasse, aussi, de rêver d’hier ?
N’es-tu prête à prophétiser ?
Je suis triste et seul et fier
De mon rêve maîtrisé.
 
Ne veux-tu pas songer à l’ombre
Enfin ! où nous entrons ce soir ;
Et voudrais-tu que je renombre
Mes vieux et mes jeunes espoirs ?
 
Je suis triste, par-delà la tristesse,
Et si seul que la foule m’émeut ;
Pensée, seras-tu la prêtresse
Du Dieu de la vie, de leur Dieu ?
 

Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 4 avril 2013 à 14h34


Le vent du boulevard évapore mes larmes.
En suivant ses trottoirs, en assemblant des mots,
Je songe à cette vie qui parfois me désarme,
Je vais à petits pas, marmonnant comme un sot.

Vaut-il mieux dans la foule errer en solitude
Ou loin, se recueillir ? Le boulevard répond :
Suis-moi, je te conduis vers un lieu de quiétude.
Au bout du boulevard l’eau passe sous un pont.

Au bout du boulevard, c’est la rive de Seine,
C’est le flot qui dissout en lui toutes les peines.
L’eau du fleuve adoucit ma vie au goût de sel.

Je flâne dans Paris comme font les touristes.
Mon coeur ne parvient pas à rester longtemps triste
Quand je passe la Seine au vieux pont Saint-Michel.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 3 octobre 2018 à 23h45

Pont du fleuve Eridan
-------------------------

Le fleuve paresseux suivait ses habitudes ;
Je voulais sur ce thème écrire une chanson,
Mais mon âme flottait dans une incertitude,
Je restais près de l’eau, sans proférer un son.

Un héron promenait au loin sa solitude ;
Et l’eau du fleuve gris, qui jamais ne répond,
Écoutait mes questions avec sollicitude.
Auprès d’une forêt se dressait un vieux pont.

Ce n’est que l’Eridan, ce n’est donc pas la Seine,
En vain je chercherais à lui dire ma peine :
Nul ne se désaltère en avalant du sel.

Le fleuve n’est pas sombre et l’oiseau n’est pas triste,
Le ciel semble construit par un grand coloriste
Et le pont fut béni par le grand Saint Michel.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par La Musérante le 5 octobre 2018 à 00h10

Devant, c’était le mensonge intelligible et derrière, l’incompréhensible vérité.
L’insoutenable légèreté de l’être (1984)

L’insoutenable légèreté de son être

Comment se réfugier quand la vie est ailleurs
Dans le livre du rire et de l’oubli la thèse
Les risibles Amours ? __ La plaisanterie lèse
La valse aux Adieux métaphore d’ailleurs

Il faut de la Lenteur pour l’exil prieur
Marcher dans le brouillard et entre parenthèse
La phrase de Schlegel la préface synthèse
Taisez-vous . . J’entends venir un ange crieur

La dérision et la pitié d’un monde insane
Où la peur est partout - L’identité persane
De se sentir trop loin de l’immortalité

De l’impossible amour la muse s’en remettre
L’insoutenable légèreté de son être
Fallait-il s’enfermer dans la perpétuité _____

On écrit toujours pour quelqu’un - Chant XIV

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Déposé par vincent le 6 octobre 2018 à 17h46

Le chanteur

Quand il est angoissé, il a pour habitude
De se mettre au piano pour faire une chanson,
Il le fait chaque fois, c’est une certitude,
C’est sa seule façon de trouver l’unisson.

Une fois enfoncé, loin dans la solitude,
Sa muse, à ses appels, à tous les coups, répond,
Il est réconforté par sa sollicitude ;
Entre la vie et lui est reconstruit le pont.

Pour la première fois, il se donne sur scène
Au début du concert, sa voix est à la peine,
On est encore loin de l’aisance d’un Brel !

Bientôt il prend plaisir à être sur la piste,
Très tard dans la soirée les spectateurs insistent,
Afin qu’il revienne pour un dernier rappel.

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