Villon

Le Testament, 1461



 
146
 
« À vous parle, compains de galles,
Mal des âmes et bien du corps,
Gardez-vous bien de ce mau hâle
Qui noircit les gens quand sont morts ;
Esquivez-le, c’est un mal mors ;
Passez-vous au mieux que pourrez ;
Et, pour Dieu, soyez tous records :
Une fois viendra que mourrez. »
 
147
 
Item, je donne aux Quinze-Vingts,
(Qu’autant vaudrait nommer Trois-Cents),
De Paris, non pas de Provins,
Car à eux tenu je me sens.
Ils auront, et je m’y consens,
Sans les étuis, mes grand lunettes,
Pour mettre à part, aux Innocents,
Les gens de bien des déshonnêtes.
 
148
 
Ici n’y a në ris në jeu !
Que leur vaut-il avoir chevances,
N’en grands lits de parement geu,
Engloutir vin en grosses panses,
Mener joië, fêtes et danses,
Et de ce prêt être à toute heure ?
Toutes faillent telles plaisances,
Et la coulpe si en demeure.
 
149
 
Quand je considère ces têtes
Entasséës en ces charniers,
Tous furent maîtres des requêtes,
Ou tous de la Chambre aux Deniers,
Ou tous furent porte-paniers ;
Autant puis l’un que l’autre dire,
Car d’évêques ou lanterniers
Je n’y connais rien à redire.
 
150
 
Et icelles qui s’inclinaient
Unes contre autres en leurs vies,
Desquelles les unes régnaient,
Des autres craintes et servies :
Là les vois toutes assouvies,
Ensemble en un tas pêle-mêle.
Seigneuriës leur sont ravies ;
Clerc në maître ne s’y appelle.
 
151
 
Or sont-ils morts, Dieu ait leurs âmes !
Quant est des corps, ils sont pourris.
Aiënt été seigneurs ou dames,
Souëf et tendrement nourris
De crême, fromentée ou riz,
Leurs os sont déclinés en poudre,
Auxquels ne chaut d’ébats në ris...
Plaise au doux Jésus les absoudre !
 
152
 
Aux trépassés je fais ce lais,
Et icelui je communique
À régents, cours, sièges, palais,
Haineurs d’avarice l’inique,
Lesquels pour la chose publique,
Se sèchent les os et les corps :
De Dieu et de saint Dominique
Soiënt absous quand seront morts !
 
154
 
Item, rien à Jacquet Cardon,
(Car je n’ai rien pour lui d’honnête,
Non pas que le jette à bandon),
Sinon cette bergeronnette ;
S’elle eût le chant Marïonnette
Fait pour Marïon la Peautarde,
Ou d’Ouvrez votre huis, Guillemette,
Elle allât bien à la moutarde :

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