Vincent Voiture



Lorsqu’avecque deux mots que vous daignâtes dire,
Vous sûtes arrêter mes peines pour jamais,
Et qu’après m’avoir fait endurer le martyre,
Vous m’ouvrîtes les Cieux, et me mîtes en paix.
 
Mille attraits, dont encor le souvenir me touche,
Couvrirent à mes yeux votre extrême rigueur,
Tous les charmes d’Amour furent sur votre bouche,
Et tous ses traits aussi passèrent en mon cœur.
 
Vous prîtes tout à coup une beauté nouvelle,
Toute pleine d’éclat, de rayons, et de feux ;
Bons Dieux ! ah que ce soir mes yeux vous virent belle,
Et que vos yeux ce soir me virent amoureux !
 
Le Pasteur qui jugea les trois Déesses nues,
Ne vit point à la fois tant de charmes secrets,
De divines beautés, de grâces inconnues,
Que j’en vis éclater en vos moindres attraits.
 
Je crois qu’en ce moment la Reine de Cythère,
Sans pas un de ses fils se trouva dans les Cieux,
Et que tous les Amours abandonnant leur Mère,
Étaient dedans mon âme, ou bien dedans vos yeux.
 
Ils brillaient dans vos yeux, et brûlaient dans mon âme,
Perçant d’un si beau feu les ombres d’alentour.
Que je vivais heureux au milieu de la flamme !
Et que j’avais de joie aussi bien que d’amour !
 
Depuis, ils ont toujours gardé la même place,
Admirant vos beautés et mon extrême foi ;
Et quoi que vous fassiez, Aminte, ou que je fasse,
Je les vois tous en vous, et je les sens en moi.
 
Eux qui faisaient brûler le Ciel, la Terre et l’Onde,
Avecque tous leurs feux embrasent mon désir,
Et laissent en repos tout le reste du monde,
Pour me faire la guerre avec plus de loisir.
 
Tandis qu’ils vont doublant mes peines rigoureuses,
Tous les autres captifs ont du soulagement,
Et l’air n’est plus troublé de plaintes amoureuses,
De pleurs, ni de regrets, que par moi seulement.
 
Écho ne languit plus d’une flamme inutile,
Daphné ne brûle plus le bel Astre du jour,
Et si le cours d’Alphée est encore en Sicile,
Ce n’est que par coutume, et non pas par amour.
 
Diane aux yeux de Pan n’a plus rien d’estimable,
Neptune n’aime plus les Nymphes de la mer,
Et comme en l’Univers vous êtes seule aimable,
Je suis le seul aussi qui sache bien aimer.
 

Commentaire (s)

Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Μаrbеuf : Αutаnt quе Vаliаnе аvаit dе bеаutés

Hаbеrt : «J’ассоmpаrе аu Sоlеil сеs bеаuх sоlеils d’Αmоur...»

Hаbеrt : «À l’оmbrе dеs mуrtеs vеrts...»

Μаrоt : Du соntеnt еn аmоurs

Μаrbеuf : Lе Sеin d’Αmаrаnthе

Rоnsаrd : «Si с’еst аimеr, Μаdаmе, еt dе јоur еt dе nuit...»

Rоnsаrd : «Αllеr еn mаrсhаndisе аuх Ιndеs préсiеusеs...»

Sсudérу : Lа Νуmphе еndоrmiе

Durаnt dе lа Βеrgеriе : «Βеаuх уеuх dоnt lа dоuсеur si dоuсеmеnt m’еnivrе...»

Durаnt dе lа Βеrgеriе : Сhаnsоn : «Rоsinе, si tоn âmе...»

☆ ☆ ☆ ☆

Сhéniеr : «Étrаngеr, се tаurеаu, qu’аu sеin dеs mеrs prоfоndеs...»

Sаint-Ρоl-Rоuх : L’Épоuvаntаil

Μаrbеuf : Αutаnt quе Vаliаnе аvаit dе bеаutés

Hаbеrt : «Viеns, mа bеllе Flоrеllе, оù l’оmbrе nоir trеmblоtе...»

Riсtus : Sоnnеt : «Jе sаis un ruissеаu dоnt lе flоt сhаntоnnе...»

Hugо : Се qui sе pаssаit аuх Fеuillаntinеs vеrs 1813

Саrсо : Vеrlаiniеn

Rоnsаrd : «Αllеr еn mаrсhаndisе аuх Ιndеs préсiеusеs...»

Silvеstrе : Sur un аlbum

Ρоnсhоn : Lе Gigоt

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Lе Flаmbеаu vivаnt (Βаudеlаirе)

De Μо sur Sur un Μаrbrе brisé (Hеrеdiа)

De Αdа еn Hérаldiе sur Sоnnеt dе lа lаnguе (Νоuvеаu)

De Сосhоnfuсius sur Μusulmаnеs (Νоuvеаu)

De Gаrdеur dе саnаrds sur Ρаul Sсаrrоn

De Сосhоnfuсius sur Sоnnеt : «Sur lеs bоis оubliés quаnd pаssе l’hivеr sоmbrе...» (Μаllаrmé)

De Vinсеnt sur «Si с’еst аimеr, Μаdаmе, еt dе јоur еt dе nuit...» (Rоnsаrd)

De Сurаrе- sur Sоnnеt : «Jе sаis un ruissеаu dоnt lе flоt сhаntоnnе...» (Riсtus)

De Сurаrе- sur Lе Sеin d’Αmаrаnthе (Μаrbеuf)

De Сurаrе- sur «Αllеr еn mаrсhаndisе аuх Ιndеs préсiеusеs...» (Rоnsаrd)

De Jеhаn sur «Lоrsquе l’еnfаnt pаrаît...» (Hugо)

De V. Hugо sur Lе Gigоt (Ρоnсhоn)

De Snоwmаn sur Βаllаdе dеs сélébrités du tеmps јаdis (Βаnvillе)

De Εsprit dе сеllе sur Sœur équivоquе (Sеgаlеn)

De Сhristiаn sur L’ânе étаit pеtit (Jаmmеs)

De Сhristiаn sur Rimbаud

De Gаrdiеn dеs оiеs sur Μоn tеstаmеnt (Ρirоn)

De Εsprit dе сеllе sur Μаriа Gаrсiа (Βаnvillе)

De mаuguеg sur «Ιl plеut sur lа mеr, lеntеmеnt...» (Hаrаuсоurt)

De ΜаdаmеСоnnаssе sur «Соmbiеn quе tоn Μаgnу аit lа plumе si bоnnе...» (Du Βеllау)

De Vinсеnt sur Féеriе (Vаlérу)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе