Du Bellay

(1522-1560)

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1558 : Les Antiquités de Rome

1558 : Les Regrets

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Poèmes en vrac

Je ne te prie pas de lire mes écrits...

Dessous ce grand François, dont le bel astre luit...

Telle que dans son char la Bérécynthienne...

Sire, celui qui est a formé toute essence...

Celle qui tient l’aile de mon désir...

Prélat, à qui les cieux ce bonheur ont donné...

Ne pense pas, Bouju, que les nymphes latines...

Ô combien est heureux qui n’est contraint de feindre...

Dans l’enfer de son corps mon esprit attaché...

À Salmon Macrin, sur la mort de sa Gélonis

Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront...

Ce n’est l’ambition, ni le soin d’acquérir...

Tu ne crains la fureur de ma plume animée...

Par armes et vaisseaux Rome dompta le monde...

Malheureux l’an, le mois, le jour, l’heure et le point...

Tu dis que Du Bellay tient réputation...

Marcher d’un grave pas et d’un grave sourcil...

Quand la fureur, qui bat les grands coupeaux...

Tout ce qu’Égypte en pointe façonna...

Chant du Désespéré

Bien qu’aux arts d’Apollon le vulgaire n’aspire...

Tu ne me vois jamais, Pierre, que tu ne die...

Le Babylonien ses hauts murs vantera...

Ô que celui était cautement sage...

Souvent nous faisons tort nous-même’ à notre ouvrage...

Qui voudra voir tout ce qu’ont pu nature...

N’étant, comme je suis, encore exercité...

Si notre vie est moins qu’une journée...

Quand je vois ces seigneurs qui l’épée et la lance...

Gordes, il m’est avis que je suis éveillé...

Vous dites, courtisans : les poètes sont fous...

Cependant, Pelletier, que dessus ton Euclide...

Ores, plus que jamais, me plaît d’aimer la Muse...

Ô qu’heureux est celui qui peut passer son âge...

Si onques de pitié ton âme fut atteinte...

Voyant l’ambition, l’envie et l’avarice...

Combien que ton Magny ait la plume si bonne...

Ce n’est pas de mon gré, Carle, que ma navire...

Si tu veux sûrement en Cour te maintenir...

Gordes, que Du Bellay aime plus que ses yeux...

Tu t’abuses, Belleau, si pour être savant...

Au Roi

Non autrement que la Prêtresse folle...

Un peu de mer tenait le grand Dulichien...

Si l’importunité d’un créditeur me fâche...

Déjà la nuit en son parc amassait...

Si celui qui s’apprête à faire un long voyage...

Sacrés coteaux, et vous saintes ruines...

Qu’heureux tu es, Baïf, heureux, et plus qu’heureux...

Je hais du Florentin l’usurière avarice...

Nature est aux bâtards volontiers favorable...

Celle que Pyrrhe et le Mars de Libye...

La fortune, Prélat, nous voulant faire voir...

Maudit soit mille fois le Borgne de Libye...

Heureux, de qui la mort de sa gloire est suivie...

Je ne veux feuilleter les exemplaires Grecs...

Pâles Esprits, et vous Ombres poudreuses...

Si Pirithois ne fût aux enfers descendu...

On donne les degrés au savant écolier...

À Monsieur d’Avanson

Il ne faut point, Duthier, pour mettre en évidence...

Cependant qu’au palais de procès tu devises...

De votre Dianet (de votre nom j’appelle...

De l’inconstance des choses

La jeunesse, Du Val, jadis me fit écrire...

Doulcin, quand quelquefois je vois ces pauvres filles...

Cent fois plus qu’à louer on se plaît à médire...

Gordes, je saurais bien faire un conte à la table...

Songe

Ronsard, j’ai vu l’orgueil des colosses antiques...

À Vénus

Quand je voudrai sonner de mon grand Avanson...

Gordes, j’ai en horreur un vieillard vicieux...

Quand je vois ces messieurs, desquels l’autorité...

Voici le carnaval, menons chacun la sienne...

Se fâcher tout le jour d’une fâcheuse chasse...

Ce n’est le fleuve tusque au superbe rivage...

Qui voudrait figurer la Romaine grandeur...

J’ai entassé moi-même tout le bois...

Si tu m’en crois, Baïf, tu changeras Parnasse...

J’aime la liberté, et languis en service...

Quand je te dis adieu, pour m’en venir ici...

À Cérès

Il fait bon voir, Magny, ces couillons magnifiques...

Mauny, prenons en gré la mauvaise fortune...

Morel, quand quelquefois je perds le temps à lire...

À son livre

Qui a nombré, quand l’astre, qui plus luit...

Ici de mille fards la traïson se déguise...

Vivons, Gordes, vivons, vivons, et pour le bruit...

Tout le parfait dont le ciel nous honore...

Nature à votre naître heureusement féconde...

Quel est celui qui veut faire croire de soi...

Ô marâtre nature (et marâtre es-tu bien...

Veux-tu savoir, Duthier, quelle chose c’est Rome ?...

Esprit royal, qui prends de lumière éternelle...

Nous ne faisons la cour aux filles de Mémoire...

Comme jadis l’âme de l’univers...

Comme le champ semé en verdure foisonne...

Quand mon Caraciol de leur prison desserre...

Tant que l’oiseau de Jupiter vola...

Divins esprits, dont la poudreuse cendre...

De quelque autre sujet que j’écrive, Jodelle...

Que n’ai-je encor la harpe Thracienne...

Dedans le ventre obscur, où jadis fut enclos...

Ces grands monceaux pierreux, ces vieux murs que tu vois...

Tels que l’on vit jadis les enfants de la Terre...

Si après quarante ans de fidèle service...

Voyez, amants, comment ce petit Dieu...

Je ne veux point fouiller au sein de la nature...

C’était ores, c’était qu’à moi je devais vivre...

Je les ai vus, Bizet, et si bien m’en souvient...

Sage De L’Hospital, qui seul de notre France...

Si je monte au Palais, je n’y trouve qu’orgueil...

Maraud, qui n’es maraud que de nom seulement...

Quand je vais par la rue, où tant de peuple abonde...

Nous ne sommes fâchés que la trêve se fasse...

Plus qu’aux bords Aetëans le brave fils d’Éson...

Douce mère d’amour, gaillarde Cyprienne...

En cependant, Clagny, que de mille arguments...

Cependant que tu dis ta Cassandre divine...

Vineus, je ne vis onc si plaisante province...

Comte, qui ne fis onc compte de la grandeur...

De grand beauté ma Déesse est si pleine...

D’où vient que nous voyons à Rome si souvent...

Si les larmes servaient de remède au malheur...

Brusquet à son retour vous racontera, Sire...

Et je pensais aussi ce que pensait Ulysse...

Ami, je t’apprendrai (encore que tu sois...

Paschal, je ne veux point Jupiter assommer...

Ô beaux cheveux d’argent mignonnement retors !...

Ni la fureur de la flamme enragée...

Celui qui de plus près atteint la déité...

Qui est ami du cœur est ami de la bourse...

Bizet, j’aimerais mieux faire un bœuf d’un fourmi...

Ô faible esprit, chargé de tant de peines...

Cousin, parle toujours des vices en commun...

Nouveau venu, qui cherches Rome en Rome...

Si tu veux vivre en Cour, Dilliers, souvienne-toi...

Cependant que Magny suit son grand Avanson...

Si par peine et sueur et par fidélité...

Le Breton est savant et sait fort bien écrire...

Où que je tourne l’œil, soit vers le Capitole...

Je fus jadis Hercule, or Pasquin je me nomme...

Je n’écris point d’amour, n’étant point amoureux...

Après avoir longtemps erré sur le rivage...

Celle qui de son chef les étoiles passait...

Ce rusé Calabrais tout vice, quel qu’il soit...

Avoir vu dévaler une triple montagne...

Qui niera, Gillebert, s’il ne veut résister...

La nuit m’est courte...

Cependant que la Cour mes ouvrages lisait...

De voir mignon du Roi un courtisan honnête...

Flatter un créditeur, pour son terme allonger...

Ce ne sont pas ces beaux cheveux dorés...

Il fait bon voir, Paschal, un conclave serré...

Vous qui aux bois, aux fleuves, aux campaignes...

Cependant que tu suis le lièvre par la plaine...

Combien que ta vertu, Poulin, soit entendue...

Seigneur, je ne saurais regarder d’un bon œil...

Après s’être bâti sur les murs de Carthage...

Las, où est maintenant ce mépris de fortune ?...

Celui qui d’amitié a violé la loi...

Je ne commis jamais fraude ni maléfice...

Baïf, qui, comme moi, prouves l’adversité...

On ne fait de tout bois l’image de Mercure...

Quand ton col de couleur de rose...

Non pour ce qu’un grand roi ait été votre père...

Épitaphe d’un petit chien

Si mes écrits, Ronsard, sont semés de ton los...

Je hais plus que la mort un jeune casanier...

Si la vertu, qui est de nature immortelle...

Ce n’est pas sans propos qu’en vous le ciel a mis...

Je ne découvre ici les mystères sacrés...

Je me ferai savant en la philosophie...

Ces cheveux d’or, ce front de marbre, et celle...

Qui a vu quelquefois un grand chêne asséché...

Qui choisira pour moi la racine d’Ulysse ?...

Seigneur, ne pensez pas d’ouïr chanter ici...

Ô Déesse, qui peux aux princes égaler...

Entre tous les honneurs dont en France est connu...

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage...

Vu le soin ménager dont travaillé je suis...

Astres cruels, et vous dieux inhumains...

Je ne te conterai de Bologne et Venise...

Comme on passe en été le torrent sans danger...

Épitaphe d’un chat

Quand d’une douce ardeur doucement agité...

Heureux celui qui peut longtemps suivre la guerre...

Si pour avoir passé sans crime sa jeunesse...

Si l’aveugle fureur, qui cause les batailles...

Sortons, Dilliers, sortons, faisons place à l’envie...

Que dirons-nous, Melin, de cette cour romaine...

Une froideur secrètement brûlante...

C’est ores, mon Vineus, mon cher Vineus, c’est ore...

Je n’ai jamais pensé que cette voûte ronde...

Digne fils de Henri, notre Hercule gaulois...

Ne pense, Robertet, que cette Rome-ci...

Montigné (car tu es aux procès usité)...

Pourquoi me grondes-tu, vieux mâtin affamé...

La grecque poésie orgueilleuse se vante...

Ô trois et quatre fois malheureuse la terre...

France, mère des arts, des armes et des lois...

Celui vraiment était et sage et bien appris...

Ne lira-l’on jamais que ce Dieu rigoureux ?...

Comme un qui veut curer quelque cloaque immonde...

En mille crêpillons les cheveux se friser...

Quand cette belle fleur premièrement je vi...

Si la perte des tiens, si les pleurs de ta mère...

Un plus savant que moi, Paschal, ira songer...

Non autrement qu’on voit la pluvieuse nue...

Autant comme l’on peut en un autre langage...

Tu sois la bienvenue, ô bienheureuse trêve !...

Devaulx, la mer reçoit tous les fleuves du monde...

Ces Cheveux d’or sont les Liens Madame...

Si fruits, raisins et blés, et autres telles choses...

La terre y est fertile, amples les édifices...

Espérez-vous que la postérité...

Quand ce brave séjour, honneur du nom Latin...

Si tu ne sais, Morel, ce que je fais ici...

Le roi (disent ici ces bannis de Florence)...

N’étant de mes ennuis la fortune assouvie...

Baiser : Quand ton col de couleur de rose...

De ce qu’on ne voit plus qu’une vague campagne...

Comme le marinier, que le cruel orage...

Ne te fâche, Ronsard, si tu vois par la France...

Que ferai-je, Morel ? Dis-moi, si tu l’entends...

Panjas, veux-tu savoir quels sont mes passe-temps ?...

Buchanan, qui d’un vers aux plus vieux comparable...

Morel, dont le savoir sur tout autre je prise...

Depuis que j’ai laissé mon naturel séjour...

Muse, qui autrefois chantas la verte Olive...

Encore que l’on eût heureusement compris...

D’où vient cela, Mauny, que tant plus on s’efforce...

La Complainte du Désespéré

Fuyons, Dilliers, fuyons cette cruelle terre...

Toi qui de Rome émerveillé contemples...

Ce brave qui se croit, pour un jaque de maille...

Ne t’ébahis, Ronsard, la moitié de mon âme...

De ce royal palais que bâtiront mes doigts...

Magny, je ne puis voir un prodigue d’honneur...

Je vois, Dilliers, je vois seréner la tempête...

Thiard, qui as changé en plus grave écriture...

Des vents émus la rage impétueuse...

Villanelle : En ce mois délicieux...

Ne t’émerveille point que chacun il méprise...

En ce mois délicieux...

Ursin, quand j’oi nommer de ces vieux noms romains...

Comme l’on voit de loin sur la mer courroucée...

La nef qui longuement a voyagé, Dillier...

Maintenant je pardonne à la douce fureur...

Par ses vers téïens Belleau me fait aimer...

Contre les envieux

Quiconque, mon Bailleul, fait longuement séjour...

Scève, je me trouvai comme le fils d’Anchise...

Ô Prison douce, où captif je demeure...

Je ne suis pas de ceux qui robent la louange...

Ô que tu es heureux, si tu connais ton heur...

Mars, vergogneux d’avoir donné tant d’heur...

 


Si l’aveugle fureur, qui cause les batailles,
Des pareils animaux n’a les cœurs allumés,
Soit ceux qui vont courant ou soit les emplumés,
Ceux-là qui vont rampant ou les armés d’écailles :
 
Quelle ardente Erinnys de ses rouges tenailles
[...]

[lire le poème...]


De ce qu’on ne voit plus qu’une vague campagne
Où tout l’orgueil du monde on a vu quelquefois,
Tu n’en es pas coupable, ô quiconque tu sois
Que le Tigre et le Nil, Gange et Euphrate baigne :
 
[...]

[lire le poème...]

La Complainte du Désespéré


 
Qui prêtera la parole
À la douleur qui m’affole ?
Qui donnera les accents
À la plainte qui me guide
Et qui lâchera la bride
À la fureur que je sens ?
 
Qui baillera double force
À mon âme, qui s’efforce
De soupirer mes douleurs ?
Et qui fera sur ma face
D’une larmoyante trace
Couler deux ruisseaux de pleurs ?
[...]

[lire le poème...]


Qui a vu quelquefois un grand chêne asséché,
Qui pour son ornement quelque trophée porte,
Lever encore au ciel sa vieille tête morte,
Dont le pied fermement n’est en terre fiché,
 
Mais qui dessus le champ plus qu’à demi penché
[...]

[lire le poème...]

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