Max Jacob(1876-1944) Tous ses poèmes disponiblesPoèmes par ordre alphabétique
Le Centaure Certains dédains et pas les autres
La Dame aveugle Le Départ Les Deux Sœurs
Établissement d’une communauté au Brésil
Fausses nouvelles ! Fosses nouvelles ! La Fille du Roi
Gentil Quimper, le nid de mon enfance... La Guerre
Il se peut qu’un rêve étrange...
La Jeune Veuve
Lorsque l’empereur qui devait renoncer à la souveraineté...
Petite ville anglaise le dimanche Le Petit Paysan
La Rue Ravignan Ruses du démon pour ravoir sa proie
La Saltimbanque en wagon de 3e classe
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Le quai sombre, en triangle de donjon, hérissé de platanes l’hiver, squelettes trop jolis sur l’échancrure du ciel. À l’auberge vivait avec nous une femme belle, mais plate, qui cachait ses cheveux sous une perruque ou du satin noir. Un jour, au-dessus du granit, elle m’apparut au plein soleil de la mer : trop grande — comme les rochers du coin — elle mettait sa chemise, je vis que c’était un homme et je le dis. La nuit sur une espèce de quai londonien j’en fus châtié : éviter le coup de couteau à la face ! se faire abîmer le pouce ! riposter par un poignard dans la poitrine à la hauteur de l’omoplate. L’Hermaphrodite n’était pas mort. Au secours ! au secours ! on arrive... des hommes, que sais-je ? ma mère ! et je revois la chambre d’auberge sans serrure aux portes : il y avait, Dieu merci, des crochets mais quelle malignité a l’hermaphrodite : une ouverture du grenier, un volet blanc remue et l’hermaphrodite descend par là.
La porte s’ouvre ! on parle ! il n’y a personne ! je sens qu’il y a là quelqu’un. J’allume la lampe et le mur s’anime ; chaque fleur du papier a du sang sur les ailes, chaque animal a du sang sur ses pétales. Tout cela s’anime et s’avance, tout vient au milieu du tapis ; et le crépuscule de la cheminée est un cône. Dans quel état mon domestique me trouvera-t-il demain ! Mes doigts qui tâtonnent dans l’ombre ont rencontré le coin du lit, le lit sauveur s’il ne m’emporte, s’il ne m’emporte ailleurs ! Or on ne retrouva plus le couché mais à sa place une bête visqueuse.
À une représentation de « Pour la Couronne », à l’Opéra, quand Desdémone chante « Mon père est à Goritz et mon cœur à Paris », on a entendu un coup de feu dans une loge de cinquième galerie, puis un second aux fauteuils et instantanément des échelles de cordes se sont déroulées ; un homme a voulu descendre des combles : une balle l’a arrêté à la hauteur du balcon. Tous les spectateurs étaient armés et il s’est trouvé que la salle n’était pleine que de... et de... Alors, il y a eu des assassinats du voisin, des jets de pétrole enflammé. Il y a eu des sièges de loges, le siège de la scène, le siège d’un strapontin et cette bataille a duré dix-huit jours. On a peut-être ravitaillé les deux camps, je ne sais, mais ce que je sais fort bien, c’est que les journalistes sont venus pour un si horrible spectacle, que l’un d’eux étant souffrant, y a envoyé madame sa mère et que celle-ci a été beaucoup intéressée par le sang-froid d’une jeune gentilhomme français qui a tenu dix-huit jours dans une avant-scène sans rien prendre qu’un peu de bouillon. Cet épisode de la guerre des Balcons a beaucoup fait pour les engagements volontaires en province. Et je sais, au bord de ma rivière, sous mes arbres, trois frères en uniformes tout neufs qui se sont embrassés les yeux secs, tandis que leurs familles cherchaient des tricots dans les armoires des mansardes.
La jeune veuve s’est couchée sur le lit où était le mort et on ne peut l’enlever de là. C’est là qu’elle veut dormir et elle ne permet pas qu’on change les draps. Elle repousse ses enfants, elle laisse ses cheveux sans coiffe et sans dessous de coiffe. Trois jours elle reste sans nourriture ; trois jours elle reste sans quitter ses hardes. Il faut que le curé et les voisins s’occupent des enfants et de la maison. [...]Commentaire (s)Déposé par René Guy Cadou le 14 avril 2014 à 08h47CORNET D’ADIEU
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