Invitation au voyage


 
Les trains ! Les trains par les tunnels étreints
Ont fait de ces cabarets roses
Où les tziganes vont leur train
Les tziganes aux valses roses
Des îles chastes de boulingrins.
[...]

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Voisinage

La porte s’ouvre ! on parle ! il n’y a personne ! je sens qu’il y a là quelqu’un. J’allume la lampe et le mur s’anime ; chaque fleur du papier a du sang sur les ailes, chaque animal a du sang sur ses pétales. Tout cela s’anime et s’avance, tout vient au milieu du tapis ; et le crépuscule de la cheminée est un cône. Dans quel état mon domestique me trouvera-t-il demain ! Mes doigts qui tâtonnent dans l’ombre ont rencontré le coin du lit, le lit sauveur s’il ne m’emporte, s’il ne m’emporte ailleurs ! Or on ne retrouva plus le couché mais à sa place une bête visqueuse.
[...]

[lire le poème...]

Genre biographique

Déjà, à l’âge de trois ans, l’auteur de ces lignes était remarquable : il avait fait le portrait de sa concierge en passe-boule, couleur terre-cuite, au moment où celle-ci, les yeux pleins de larmes, plumait un poulet. Le poulet projetait un cou platonique. Or, ce n’était ce passe-boule, qu’un passe-temps. En somme, il est remarquable qu’il n’ait pas été remarqué : remarquable, mais non regrettable, car s’il avait été remarqué, il ne serait pas devenu remarquable ; il aurait été arrêté dans sa carrière, ce qui eût été regrettable. Il est remarquable qu’il eût été regretté et regrettable qu’il eût été remarqué. Le poulet du passe-boule était une oie.
[...]

[lire le poème...]

Jouer du bugle


 
Les trois dames qui jouaient du bugle
Tard dans leur salle de bains
Ont pour maître un certain mufle
Qui n’est là que le matin.
 
L’enfant blond qui prend des crabes
Des crabes avec la main
Ne dit pas une syllabe
C’est un fils adultérin.
 
Trois mères pour cet enfant chauve
Une seule suffisait bien.
Le père est nabab, mais pauvre.
[...]

[lire le poème...]

Commentaire(s)
Déposé par René Guy Cadou le 14 avril 2014 à 08h47

CORNET D’ADIEU

Jésus a dit
« Il n’y aura pas de printemps cette année
Parce que Max s’en est allé
Emportant les chevaux les vergers et les ailes
Parce que sur la croix le bon Saint Matorel
A lâché les oiseaux vers un pays glacé »
Et c’est vrai. Les bourgeons se taisent. Les poitrines
Voient se faner leurs seins. Tout au fond des vitrines
Une enfance à genoux se suicide et le ciel
Épuise en un regard ses réserves de miel
Il fait froid maintenant que tu n’es plus
Beau masque de douleur
Maintenant que tes mains ont trouvé sous la terre
Enfin le battement initial de ton cœur
J’entends ta voix pareille aux chants du monastère
Et tandis qu’on te fait place dans la lumière
Les hommes prient pour toi à Saint-Benoît-sur-Loire
Tu étais sur tous les quais de toutes les foires
Au pain d’épice
On te trouvait dans les coulisses
Des bals champêtres
Tu discutais avec les prêtres
Souvent tu m’écrivais et c’était chaque fois
Des bavardages de bergères et de rois
Tu m’écriras encore
J’attends tes reportages sur la mort
Le Nom vernal
Ô Max

Et l’élixir du laboratoire central
J’attends que soit connue la décision de l’ange
Que Dieu prenne parti pour toi et qu’il t’arrange
Une vie dans le cœur de tes amis natals.

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