Ruses du démon pour ravoir sa proie

Le quai sombre, en triangle de donjon, hérissé de platanes l’hiver, squelettes trop jolis sur l’échancrure du ciel. À l’auberge vivait avec nous une femme belle, mais plate, qui cachait ses cheveux sous une perruque ou du satin noir. Un jour, au-dessus du granit, elle m’apparut au plein soleil de la mer : trop grande — comme les rochers du coin — elle mettait sa chemise, je vis que c’était un homme et je le dis. La nuit sur une espèce de quai londonien j’en fus châtié : éviter le coup de couteau à la face ! se faire abîmer le pouce ! riposter par un poignard dans la poitrine à la hauteur de l’omoplate. L’Hermaphrodite n’était pas mort. Au secours ! au secours ! on arrive... des hommes, que sais-je ? ma mère ! et je revois la chambre d’auberge sans serrure aux portes : il y avait, Dieu merci, des crochets mais quelle malignité a l’hermaphrodite : une ouverture du grenier, un volet blanc remue et l’hermaphrodite descend par là.
[...]

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Le Soldat de Marathon

C’est fête à l’Asile des Aliénistes : les sentiers de ce domaine, la nuit, sont envahis par une foule aimable et un peu craintive. Il y a çà et là de petites tables de bois où une bougie est protégée par un verre et où l’on vend des bonbons : tout s’est passé correctement à ceci près que, pendant la représentation théâtrale donnée par les malades, l’un d’eux qui faisait le râle d’un sir ou lord quelconque se jetait à terre fréquemment dans une pose célèbre et criait : « C’est moi qui suis le soldat de Marathon ! » Il fallait que des gens à coupe-files vinssent le rappeler à la raison, au présent, aux présences, aux préséances, mais ils n’osaient se servir du bâton à cause du présent, des présences, des préséances.
[...]

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Fable sans moralité

Il y avait une locomotive si bonne qu’elle s’arrêtait pour laisser passer les promeneurs. Un jour, une automobile vint cahoter sur sa voie ferrée. Le chauffeur dit à l’oreille de sa monture : « Ne dresserons-nous pas procès-verbal ? — C’est jeune, dit la locomotive, et ça ne sait pas. » Elle se borna à cracher un peu de vapeur dédaigneuse sur le sportsman essoufflé.
[...]

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Commentaire(s)
Déposé par René Guy Cadou le 14 avril 2014 à 08h47

CORNET D’ADIEU

Jésus a dit
« Il n’y aura pas de printemps cette année
Parce que Max s’en est allé
Emportant les chevaux les vergers et les ailes
Parce que sur la croix le bon Saint Matorel
A lâché les oiseaux vers un pays glacé »
Et c’est vrai. Les bourgeons se taisent. Les poitrines
Voient se faner leurs seins. Tout au fond des vitrines
Une enfance à genoux se suicide et le ciel
Épuise en un regard ses réserves de miel
Il fait froid maintenant que tu n’es plus
Beau masque de douleur
Maintenant que tes mains ont trouvé sous la terre
Enfin le battement initial de ton cœur
J’entends ta voix pareille aux chants du monastère
Et tandis qu’on te fait place dans la lumière
Les hommes prient pour toi à Saint-Benoît-sur-Loire
Tu étais sur tous les quais de toutes les foires
Au pain d’épice
On te trouvait dans les coulisses
Des bals champêtres
Tu discutais avec les prêtres
Souvent tu m’écrivais et c’était chaque fois
Des bavardages de bergères et de rois
Tu m’écriras encore
J’attends tes reportages sur la mort
Le Nom vernal
Ô Max

Et l’élixir du laboratoire central
J’attends que soit connue la décision de l’ange
Que Dieu prenne parti pour toi et qu’il t’arrange
Une vie dans le cœur de tes amis natals.

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