Jules Lefèvre-Deumier(1797-1857) Poèmes disponiblesLes Chemins de Fer Les Horloges Le Navire gelé Le Passé Le Phosphore Le Rouge-Gorge ![]() |
Les sabliers nous avertissent que nous devenons tous ce qui compte nos instants. Les clepsydres nous disent qu’il n’y a pas dans ce monde une minute qui ne puisse être marquée par une larme, et que les générations qui se succèdent ne sont rien de plus que des gouttes d’eau qui tombent. Orateurs silencieux, les cadrans solaires nous mesurent avec l’ombre la durée de la lumière et nous répètent sans cesse que peine et plaisir, rien ne marche qui ne fasse partie de la mort. Les sabliers, les clepsydres, les cadrans solaires ne parlaient à la pensée qu’en s’adressant aux yeux. L’homme a trouvé que ce n’était point assez. Il a forcé l’oreille d’entendre et d’écouter la fuite du temps. Sans vouloir s’informer de ce qu’elles deviennent, il a mis des grelots au troupeau de ses heures, et, grâce à cette heureuse invention, il peut de moment en moment entendre sonner le glas d’une portion de sa vie.
L’approche de la mort nous fait prendre en pitié les grandeurs de la terre ; elle désabuse jusqu’à l’ambitieux. On dit que, se sentant mourir, Alexandre, qui se décernait tout vivant des hécatombes de peuples, qui s’en allait par l’univers avec sa meute de soldats à la chasse des sceptres et des couronnes, ordonna qu’on l’ensevelît la main hors de la fosse, afin que chaque passant pût, en voyant cette main vide, juger ce qu’il gardait de ses conquêtes, et ce qu’on emporte au tombeau des trésors de ce monde. Leçon perdue ! Nadir et Gengis Khan n’ont point passé par là. Un seul conquérant, celui qui se moque de tous les autres, le Temps seul a pu la voir et ne l’a point respectée. En s’en allant faucher Babel et autres chaumes de cette espèce, il a marché dessus.
L’homme a beau s’insurger contre ses rêves, ses rêves sont plus forts que lui. Une impression qu’il ne peut ni maîtriser, ni comprendre, vient souvent contredire à l’improviste les plus hautes spéculations de son esprit, donner un démenti à ses plus intrépides négations. Quel hardi penseur n’a pas quelquefois, dans la nuit, entendu avec une sorte d’anxiété ces bruits mystérieux, qui semblent se donner rendez-vous dans l’ombre ? On dirait que quelque chose vit sourdement dans la matière, et prend, quand tout se tait, une voix pour nous parler : langage indéfinissable, imposant comme le silence, obscur comme les ténèbres. Message énigmatique de l’avenir ou du passé, il inquiète également la raison. Ce qui n’est plus nous effraye autant que ce qui n’est pas : c’est toujours l’inconnu. |
AgoraÉvаluations récеntes☆ ☆ ☆ ☆ ☆☆ ☆ ☆ ☆Cоmmеntaires récеntsDe Βас mаrсеl sur Lеs Gеnêts (Fаbié) De Frаnçоis С. sur «Lе viеrgе, lе vivасе еt lе bеl аuјоurd’hui...» (Μаllаrmé) De nе mbоmа sur Αprès lа сlаssе (Hаrdу) De Jасquеs Rоubаud sur «Οn m’а mis аu соllègе (оh ! lеs pаrеnts, с’еst lâсhе !)...» (Νоuvеаu) De Сеltоmаniаquе sur «Lе miсrоbе : Βоtulinus...» (Τоulеt) De Stеphеn Βiеnаrmé sur Lе Τоmbеаu dе Сhаrlеs Βаudеlаirе (Μаllаrmé) De Jаdis sur «Lе сhеmin qui mènе аuх étоilеs...» (Αpоllinаirе) De Ρаul-Jеаn sur Βаllаdе [dеs dаmеs du tеmps јаdis] (Villоn) De X. sur Splееn : «Τоut m’еnnuiе аuјоurd’hui. J’éсаrtе mоn ridеаu...» (Lаfоrguе) De Lа Μusérаntе sur Αu Саrdinаl Μаzаrin, sur lа Соmédiе dеs mасhinеs (Vоiturе) De Vinсеnt sur Lа Ρrеmièrе Νuit (Lаfоrguе) De Сurаrе- sur Lе Μаrtin-pêсhеur (Rеnаrd) De Сurаrе- sur Sоnnеt sur dеs mоts qui n’оnt pоint dе rimе (Sаint-Αmаnt) De Liоnеl sur Sоnnеt bоuts-rimés (Gаutiеr) De Сосhоnfuсius sur À prоpоs d’un « сеntеnаirе » dе Саldеrоn (Vеrlаinе) De Сосhоnfuсius sur «J’аimе l’аubе аuх piеds nus...» (Sаmаin) De Сосhоnfuсius sur «Quеl hеur, Αnсhisе, à tоi, quаnd Vénus sur lеs bоrds...» (Jоdеllе) De Sullу sur «Quаnd је pоuvаis mе plаindrе еn l’аmоurеuх tоurmеnt...» (Dеspоrtеs) De Jаdis sur Sоnnеt : «Vеnt d’été, tu fаis lеs fеmmеs plus bеllеs...» (Сrоs) De Jаdis sur Саusеriе (Βаudеlаirе) De GΑRΟUX Сhristiаnе sur Virgilе (Βrizеuх) Plus de commentaires...Ce sitePrésеntаtionCоntactSоutien |