Les Horloges

Les sabliers nous avertissent que nous devenons tous ce qui compte nos instants. Les clepsydres nous disent qu’il n’y a pas dans ce monde une minute qui ne puisse être marquée par une larme, et que les générations qui se succèdent ne sont rien de plus que des gouttes d’eau qui tombent. Orateurs silencieux, les cadrans solaires nous mesurent avec l’ombre la durée de la lumière et nous répètent sans cesse que peine et plaisir, rien ne marche qui ne fasse partie de la mort. Les sabliers, les clepsydres, les cadrans solaires ne parlaient à la pensée qu’en s’adressant aux yeux. L’homme a trouvé que ce n’était point assez. Il a forcé l’oreille d’entendre et d’écouter la fuite du temps. Sans vouloir s’informer de ce qu’elles deviennent, il a mis des grelots au troupeau de ses heures, et, grâce à cette heureuse invention, il peut de moment en moment entendre sonner le glas d’une portion de sa vie.
[...]

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Le Passé

On demande ce que deviennent les jours qui ne sont plus, et si c’est le cœur de l’homme qui leur sert de tombeau. Non, croyez-moi ; tout paraît mourir, mais rien ne meurt en effet ; hier existe encore, quoique vous ne le voyiez plus. Vos jours évanouis sont des absents qui ne reviennent pas, mais qui ne sont pas perdus. Ils ont, comme dans un sanctuaire, suspendu leurs images dans votre âme, et quand vous dormez, quand vous rêvez, ils viennent souvent s’y entretenir comme autrefois, et déranger la poussière qui couvre leurs portraits. Le passé vit toujours sous la neige des ans. C’est l’eau vive qui court toujours sous la carapace de glace, l’eau vive où serpentent, comme des flèches de pourpre et d’or, comme des grappes de pierreries voyageuses, comme des fleurs qui fuient et ne se fanent pas, mille nageurs silencieux qui sont les souvenirs.
[...]

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La Main d’Alexandre

L’approche de la mort nous fait prendre en pitié les grandeurs de la terre ; elle désabuse jusqu’à l’ambitieux. On dit que, se sentant mourir, Alexandre, qui se décernait tout vivant des hécatombes de peuples, qui s’en allait par l’univers avec sa meute de soldats à la chasse des sceptres et des couronnes, ordonna qu’on l’ensevelît la main hors de la fosse, afin que chaque passant pût, en voyant cette main vide, juger ce qu’il gardait de ses conquêtes, et ce qu’on emporte au tombeau des trésors de ce monde. Leçon perdue ! Nadir et Gengis Khan n’ont point passé par là. Un seul conquérant, celui qui se moque de tous les autres, le Temps seul a pu la voir et ne l’a point respectée. En s’en allant faucher Babel et autres chaumes de cette espèce, il a marché dessus.
[...]

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La Colombe poignardée


 
Il existe un oiseau, dont le pâle plumage,
Des forêts du tropique étonne la gaieté ;
Seul sur son arbre en deuil, les pleurs de son ramage
Font gémir de la nuit le silence attristé.
 
[...]

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