Les Horloges

Les sabliers nous avertissent que nous devenons tous ce qui compte nos instants. Les clepsydres nous disent qu’il n’y a pas dans ce monde une minute qui ne puisse être marquée par une larme, et que les générations qui se succèdent ne sont rien de plus que des gouttes d’eau qui tombent. Orateurs silencieux, les cadrans solaires nous mesurent avec l’ombre la durée de la lumière et nous répètent sans cesse que peine et plaisir, rien ne marche qui ne fasse partie de la mort. Les sabliers, les clepsydres, les cadrans solaires ne parlaient à la pensée qu’en s’adressant aux yeux. L’homme a trouvé que ce n’était point assez. Il a forcé l’oreille d’entendre et d’écouter la fuite du temps. Sans vouloir s’informer de ce qu’elles deviennent, il a mis des grelots au troupeau de ses heures, et, grâce à cette heureuse invention, il peut de moment en moment entendre sonner le glas d’une portion de sa vie.
[...]

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La Colombe poignardée


 
Il existe un oiseau, dont le pâle plumage,
Des forêts du tropique étonne la gaieté ;
Seul sur son arbre en deuil, les pleurs de son ramage
Font gémir de la nuit le silence attristé.
 
[...]

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L’Étincelle électrique

Lavoisier ne veut plus que l’eau soit un élément ; son art la décompose. L’eau visible renferme deux principes invisibles : deux gaz, dont l’un s’enflamme, dont l’autre accélère la combustion. Ainsi l’eau, qui rafraîchit et féconde, a pour principe ce qui brûle et ce qui dévore. Lavoisier, qui le prouve, a peine à le comprendre. Mais comment refaire le corps, après en avoir compris et séparé les substances ? L’étincelle électrique les touche, les enflamme, et l’eau coule de l’incendie. Il y a de même, au fond des âmes, je ne sais quels principes souverains qui, l’un de l’autre isolés, nous consument obscurément. Que l’étincelle électrique les frappe ! Ils s’enflamment, et la pensée jaillit, lumineuse, fluide, émule des fleuves et des torrents, rivale de la foudre qui l’enfante. Qui sait ! le chaos tout entier n’était peut-être qu’un amas confus de gaz qui se mêlaient sans s’unir : et le monde, cette pensée en relief de Dieu, est peut-être le résultat d’un coup de tonnerre. N’y a-t-il pas là de quoi faire éclater le cerveau ?
[...]

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La Main d’Alexandre

L’approche de la mort nous fait prendre en pitié les grandeurs de la terre ; elle désabuse jusqu’à l’ambitieux. On dit que, se sentant mourir, Alexandre, qui se décernait tout vivant des hécatombes de peuples, qui s’en allait par l’univers avec sa meute de soldats à la chasse des sceptres et des couronnes, ordonna qu’on l’ensevelît la main hors de la fosse, afin que chaque passant pût, en voyant cette main vide, juger ce qu’il gardait de ses conquêtes, et ce qu’on emporte au tombeau des trésors de ce monde. Leçon perdue ! Nadir et Gengis Khan n’ont point passé par là. Un seul conquérant, celui qui se moque de tous les autres, le Temps seul a pu la voir et ne l’a point respectée. En s’en allant faucher Babel et autres chaumes de cette espèce, il a marché dessus.
[...]

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