Le Phosphore

Dieu ne s’est pas contenté, lorsqu’il fit de l’homme un monde, d’enfermer, sous forme de pensée, la lumière dans son cerveau : il l’a disséminée dans tout son être. Il l’a cachée sous nos muscles, dans le tissu même de nos os. C’est là que la Chimie l’a découverte. Elle extrait de leur poussière un corps lumineux, que l’eau conserve, et empêche, comme s’il était encore emprisonné dans notre vie, de se rejoindre à la sphère du feu, sa patrie. Enseveli sous l’eau, il dissimule sa présence, et ce n’est qu’en sortant de son cachot fluide, qu’il apparaît à l’air, brillant et radieux. Quelle image plus vive de l’âme, qui concentre en nous ses éclairs, et ne révèle toute sa splendeur que quand, émancipée par la mort, elle passe, du tombeau de nos chairs, dans l’air pur de la liberté !
[...]

[lire le poème...]

Le Navire gelé

Des voyageurs racontent qu’au milieu des glaces arctiques, ils rencontrèrent un vieux navire gelé par les hivers. Ils pénétrèrent, avec une terreur mêlée de respect, dans cette nef vide et froide, où tout semblait métamorphosé par le temps : les voiles, les agrès, les cordages. Ils peignent, d’une manière grave et puissante, le spectacle qu’on apercevait du tillac, à travers les embrasures de neige qui formaient ses bastingages. Le navire était immobile, et l’on voyait au loin des Alpes vagabondes, qui se ruaient les unes contre les autres avec un bruit épouvantable. Je me suis souvent rappelé cette image, en entrant le soir dans une église, dans ces grands vaisseaux de pierre, à l’ancre au milieu des tempêtes et des roulis du monde, qui défient les orages de leurs mâts de granit et de leurs voiles de marbre ; on se sent saisi d’une sorte d’effroi curieux, en songeant que cette barque pétrifiée a beau ne pas bouger des flots, [...]

[lire le poème...]

Les Chemins de Fer

Il m’est impossible de regarder sans une sorte de tristesse ces chemins merveilleux auxquels notre industrie semble donner des ailes. Je ne sais si c’est un progrès que de pouvoir fendre ainsi l’espace comme une flèche ; mais ce qu’il y a de sûr, c’est que cela me rend plus sensible la rapidité de la vie, qui, avant notre invention, l’était cependant bien assez. Ces rainures de fer où nous sommes forcés de courir sans dévier d’une ligne, emportés par une puissance aussi aveugle, presque aussi indomptable que la foudre, n’est-ce pas une image de cet implacable sort qui nous entraîne, et dont nous sommes les esclaves alors même que nous croyons les maîtriser ? On croit gagner du temps parce qu’on l’accélère. Mais ces voyages étourdissants ne font qu’abréger l’existence, qui n’est, elle, qu’une traversée. Ils ne permettent pas la mémoire, le seul moyen qu’ait l’homme d’allonger et de doubler ses jours. L’unique souvenir qu’ils nous laissent, c’est qu’on va vite. Aller vite, c’est mourir plus tôt.
[...]

[lire le poème...]

Commentaire (s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Viviеn : «Ô fоrmе quе lеs mаins...»

Τоulеt : Sur lа Hаltе dе сhаssе dе Vаn Lоо.

Μаrоt : Dе sоi-mêmе

Rоnsаrd : «Yеuх, qui vеrsеz еn l’âmе, аinsi quе dеuх Ρlаnètеs...»

Соppéе : «Sеptеmbrе аu сiеl légеr tасhé dе сеrfs-vоlаnts...»

Ρеllеrin : «Εllе аimаit сеuх dоnt lе gоussеt...»

Соrbièrе : Lе Ρоètе еt lа Сigаlе

Соrbièrе : Lа Сigаlе еt lе pоètе

Fоrt : Εn rеvеnаnt dе Sаint-Μаrtin

☆ ☆ ☆ ☆

Rоllinаt : À l’inассеssiblе

Ρоpеlin : Lеs Сеrisеs

Сrоs : Vеrtigе

Αpоllinаirе : «Τu tе sоuviеns, Rоussеаu, du pауsаgе аstèquе...»

Vеrlаinе : «Lе sоlеil, mоins аrdеnt, luit сlаir аu сiеl mоins dеnsе...»

Dеlаruе-Μаrdrus : Ρоssеssiоn

Dеlаruе-Μаrdrus : Ρоssеssiоn

Vignу : Lеs Dеstinéеs

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur «Εn сhоisissаnt l’еsprit vоus êtеs mаlаpprisе...» (Rоnsаrd)

De Ιхеu.е sur À l’inассеssiblе (Rоllinаt)

De Сосhоnfuсius sur L’Αmоur (Gérаrd)

De Сосhоnfuсius sur Lе Lоup еt l’Αgnеаu (Lа Fоntаinе)

De Jаdis sur Ρуrrhа (Lесоntе dе Lislе)

De Jаdis sur «Ρаr l’аppеl sоuriаnt dе sа сlаirе étеnduе...» (Lа Villе dе Μirmоnt)

De Jаdis sur «Τu tе sоuviеns, Rоussеаu, du pауsаgе аstèquе...» (Αpоllinаirе)

De Vinсеnt sur Un Ρеintrе (Hеrеdiа)

De Lе Gаrdеur d’Οiеs sur Ρоssеssiоn Frаnçаisе (Lеvеу)

De Frаnсisсо sur Dаns l’аubеrgе fumеusе... (Jаmmеs)

De Vinсеnt sur Lа Τоur dе Νеslе (Βеrtrаnd)

De Сhristiаn sur Lézаrd (Βruаnt)

De Dаmе Sаlаmаndrе sur «J’аi pоur mаîtrеssе unе étrаngе Gоrgоnе...» (Rоnsаrd)

De Jеаn-Ρаul ΙΙΙ sur «Εllе аimаit сеuх dоnt lе gоussеt...» (Ρеllеrin)

De јеаn-pаul sur «J’еntrаis сhеz lе mаrсhаnd dе mеublеs, еt là, tristе...» (Νоuvеаu)

De Сhristiаn sur Lа dеrnièrе rоndе (Frаnс-Νоhаin)

De Βirgittе sur Sоnnеt à mоn аmi R... (Αrvеrs)

De Vinсеnt sur Τrаnquillus (Hеrеdiа)

De Μаrсеlinе sur À mа bеllе lесtriсе (Βоuilhеt)

De Snоwmаn sur À Zurbаrаn (Gаutiеr)

De Саrlа Οliviеr sur Émilе Νеlligаn

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе

 



Photo d'après : Hans Stieglitz