Où es-tu, belle Yaouna ? le roi s’éveille, sa main amoureuse s’étend pour caresser tes charmes : où es-tu, coupable Yaouna ? Dans les bras d’un nouvel amant, tu goûtes des plaisirs tranquilles, des plaisirs délicieux. Ah ! presse-toi de les goûter ; ce sont les derniers de ta vie.
La colère du roi est terrible. « Gardes, volez, trouvez Yaouna et l’insolent qui reçoit ses caresses. »
Il est passé ce moment des plaisirs Dont la vitesse a trompé mes désirs ; Il est passé ; ma jeune et tendre amie, Ta jouissance a doublé mon bonheur. Ouvre tes yeux noyés dans la langueur, [...]
Apprenez, ma belle, Qu’à minuit sonnant, Une main fidèle, Une main d’amant, Ira doucement, Se glissant dans l’ombre, Tourner les verrous Qui dès la nuit sombre, Sont tirés sur vous. Apprenez encore Qu’un amant abhorre Tout voile jaloux. Pour être plus tendre, Soyez sans atours, Et songez à prendre L’habit des Amours. [...]
Son âge échappait à l’enfance ; Riante comme l’innocence, Elle avait les traits de l’Amour. Quelques mois, quelques jours encore, Dans ce cœur pur et sans détour Le sentiment allait éclore. Mais le ciel avait au trépas Condamné ses jeunes appas. Au ciel elle a rendu sa vie, Et doucement s’est endormie [...]