Alfred Garneau


Poète fol


 
C’est, par les airs, un entassement sombre
    De nuages. Horrible mont !
L’étang joncheux, miroir d’un val profond,
    S’est éteint dans un reflet d’ombre.
 
    Comme vite au jour pâle vont,
Là-haut, ces vols d’ailes noires sans nombre !
Un éclair heurte une nuée, et sombre !
    Et tout le ciel en eau se fond...
 
Mais le poète a doux martel en tête.
Ses yeux rêveurs ne voient pas la tempête
    Ruisseler aux sentiers couverts,
 
Ni les vents tordre en un chaos les branches.
Enveloppé de foudre aux flammes blanches,
    Il cisèle, impassible, un vers.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 2 mars 2014 à 11h12

Barde chimérique
_______________

Barde écrivant dans un coin sombre ;
Tant de lectures en amont !
Tant d’écrits de penseurs profonds,
Tant d’amours que dévore l’ombre.

Son crâne où des images vont
De-çà, de-là, formes sans nombre,
Vrais monstres au coeur des décombres,
Poissons des abysses sans fond !

Soudain, dans cette folle tête,
Prend fin la terrible tempête
Qui désolait cet univers ;

Ainsi qu’après une avalanche
Se montre en paix la neige blanche,
Ainsi se montre un joli vers.

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Déposé par pich24 le 13 juin 2017 à 13h39

Poète, vole

Quand l’horizon est noir et que l’avenir s’ombre
De nuages épais qui couronnent le mont
Dit Parnasse, Apollon d’un air grave et profond
Se lève fièrement sur les fadeurs de l’ombre.

Il souffle sur la nue et les neuf Muses vont,
De par leur qualité, mais aussi par leur nombre,
Inspirer le poète atteint de coupe sombre
Dans son âme et ses mots d’homme touchant le fond.

Et l’inspiration qui s’ouvre dans sa tête
Se charge des embruns que lève la tempête,
Puis l’écrit, suspendu, repart à mots couverts.

Sur l’arbre du poème apparaissent des branches
Dont les feuilles alors couvrent les feuilles blanches
De l’aède surpris dans sa panne de vers.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 15 septembre 2021 à 12h21

Arbre du barde
--------

Au village gaulois vit un rhapsode sombre,
Son chant reste imparfait mais pourtant, nous l’aimons ;
En ses vers nul ne doit chercher un sens profond,
Il sera pour toujours un écrivain de l’ombre.

Sur les branches d’un arbre est posée sa maison,
D’oiseaux dans la ramure on peut voir un grand nombre ;
Cette demeure est vaste et de rien ne s’encombre,
Ce fier chanteur me semble un être de raison.

Notre homme rarement se met martel en tête,
Ni son arbre ni lui ne craignent les tempêtes.
Sauf peut-être le toit, de chaume recouvert.

Quand se pose un hibou sur la plus haute branche,
Le barde pour lui chante, et pour la lune blanche ;
Les mots que l’on entend forment quatorze vers.

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