Émile Blémont

Les Pommiers en fleur


Brumaire


 
Qui n’a senti le charme de l’automne ?
Qui n’a goûté l’attrait de sa pâleur ?
Le ciel est gris, la mer au loin moutonne :
Le cœur s’emplit d’une douce douleur.
 
Le jour entier semble un long crépuscule ;
Dans l’air en pleurs, les arbres nus sont noirs ;
Sous le toit bas un feu de fagots brûle ;
Un brouillard flotte autour des vieux manoirs.
 
Les champs ont pris des teintes sépulcrales.
Près de l’étable où sont les animaux,
Une fumée aux légères spirales
Lentement monte entre les fins rameaux.
 
C’est un sommeil où l’on promène un rêve ;
C’est un parfum d’ancienne fenaison ;
Dans la tristesse un souvenir se lève,
Comme dans l’ombre un astre à l’horizon.
 
On n’entend plus le cri de l’hirondelle !
La sève a peur sous le froid qui la mord ;
Tout fait silence ; et, seul, l’amour fidèle
Chante et fleurit au souffle de la mort.
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 15 novembre 2019 à 10h48


Le zoo est cafardeux et sinistre en automne ;
L’oiseau-lyre s’est tu, et le merle siffleur.
Seul le babiroussa confusément s’étonne
Des appels discordants des singes querelleurs.

L’ours blanc, qui va et vient d’un pas de somnambule,
Contemple, indifférent, le taiseux tamanoir ;
Le jabiru frileux claque des mandibules,
Le ciel verse son eau comme un grand arrosoir.
 
En cette après-midi glauque et dominicale,
La tourbe de l’allée se résout en grumeaux.
Au fond d’un cul-de-sac, dans sa fosse bancale,
Solitaire et distant, apparaît le chameau.
 
Le vaisseau du désert, hautain, poursuit son rêve
En dépit du brouillard        qui trempe sa toison ;
Méditant, il mâchouille, et parfois il se lève,
Pour inspecter les murs suintants de sa prison.
 
Ou, retirant, pensif, son pied de sa gamelle,
Il songe qu’après tout, dans ce morne décor,
Le doux blatèrement d’une gente chamelle
Vaudrait mieux que l’œil dur d’un bête alligator.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Villоn : [Βеllе lеçоn аuх еnfаnts pеrdus]

☆ ☆ ☆ ☆

Gаutiеr : Lа Βоnnе Sоiréе

Hugо : Éсrit еn 1827

Εlskаmp : Εt с’еst Lui, соmmе un mаtеlоt

Μаrоt : «Étаnt аssis аuх rivеs аquаtiquеs...»

Cоmmеntaires récеnts

De Сhаrlеs С. sur Sоnnеt : «Jе sаis fаirе dеs vеrs pеrpétuеls. Lеs hоmmеs...» (Сrоs)

De Lа Μusérаntе sur Αu Саrdinаl Μаzаrin, sur lа Соmédiе dеs mасhinеs (Vоiturе)

De Vinсеnt sur Lа Ρrеmièrе Νuit (Lаfоrguе)

De Сurаrе- sur Lе Μаrtin-pêсhеur (Rеnаrd)

De Сurаrе- sur Sоnnеt sur dеs mоts qui n’оnt pоint dе rimе (Sаint-Αmаnt)

De Liоnеl sur Sоnnеt bоuts-rimés (Gаutiеr)

De Сосhоnfuсius sur À prоpоs d’un « сеntеnаirе » dе Саldеrоn (Vеrlаinе)

De Сосhоnfuсius sur «J’аimе l’аubе аuх piеds nus...» (Sаmаin)

De Сосhоnfuсius sur «Quеl hеur, Αnсhisе, à tоi, quаnd Vénus sur lеs bоrds...» (Jоdеllе)

De Sullу sur «Quаnd је pоuvаis mе plаindrе еn l’аmоurеuх tоurmеnt...» (Dеspоrtеs)

De Jаdis sur Sоnnеt : «Vеnt d’été, tu fаis lеs fеmmеs plus bеllеs...» (Сrоs)

De Jаdis sur Саusеriе (Βаudеlаirе)

De Βеаudеlаirе sur Βаudеlаirе

De Lе Gаrdiеn sur Virgilе (Βrizеuх)

De Jаdis sur Сrépusсulе (Соppéе)

De Rigаult sur Lеs Hirоndеllеs (Εsquirоs)

De Rigаult sur Αgénоr Αltаrосhе

De Jоël Gауrаud sur Αvе, dеа ; Μоriturus tе sаlutаt (Hugо)

De Huguеs Dеlоrmе sur Sоnnеt d’Αrt Vеrt (Gоudеzki)

De Un pоilu sur «Μоn âmе а sоn sесrеt, mа viе а sоn mуstèrе...» (Αrvеrs)

De Lе соmiquе sur Μаdrigаl tristе (Βаudеlаirе)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе

 



Photo d'après : Hans Stieglitz