Marc Claude de Buttet



De quel rosier et de quelles épines
Cueillit Amour les roses de ton teint ?
De quel bel or, qui sur tout autre éteint,
Redora-t-il ces blondelettes trines ?
 
De quel blanc lys sont ces deux mains divines,
Qui ont mon cœur à leur souhait étreint,
Et d’adorer m’ont doucement contraint
Ce vif corail et ces perlettes fines ?
 
Mais de quel lieu prit-il encor ce reste,
Ce doux parler, ce doux chanter céleste,
Par qui son trait des plus fiers est vainqueur ?
 
Ces grands beautés ne sont point de la terre,
Ni ces beaux yeux, seuls ma paix et ma guerre ;
Tels biens du ciel me churent dans le cœur.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 27 octobre 2017 à 12h06

Sirène poissonnière
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Cette sirène est rose sans épines ;
Neptune aima la douceur de son teint.
L’esprit du dieu, qui jamais ne s’éteint,
Rendit plus vif son coeur en sa poitrine.

Te réchauffant sous ces deux mains divines,
T’en remettant à ce bras qui t’étreint,
Tu exposas, d’un rire non contraint,
Tes blanches dents, comme des perles fines.

Mais de ce dieu, dites-moi ce qu’il reste,
Ni l’océan, ni le monde céleste,
N’abritent plus ces éternels vainqueurs.

Bien prosaïque est devenue la Terre ;
Peu de démons font encore la guerre,
Et ceux-là n’ont aucun dieu dans le cœur.

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Déposé par Cochonfucius le 10 mai 2019 à 12h16

Planète Boltenhagen
--------------

Ici l’on a des jardins sans épines,
C’est l’ornement de cet astre lointain ;
Nous y goûtons, quand le soleil s’éteint,
La longue nuit sous la lune opaline.

La connais-tu, cette lune divine ?
Elle inspira des milliers de quatrains
Que l’on savoure, en comité restreint ;
Ils sont inscrits sur une ardoise fine.

Des bâtiments, presque plus rien ne reste :
De l’Opéra et du Palais Céleste
Depuis longtemps le déclin fut vainqueur.

N’y va donc point, mais reste sur la Terre,
Aucun bonheur n’est interplanétaire ;
L’astre  natal doit régner dans ton coeur.

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